Grands projets : accélération de l’extension de la centrale de Borj El Amri et de deux projets hospitalier et numérique
La Commission des grands projets a décidé, lundi 10 août 2026, d’accélérer la réalisation de trois projets jugés prioritaires, portant sur l’énergie, la santé et la transformation numérique. Il s’agit de l’extension de la centrale de production d’électricité de Borj El Amri, de l’achèvement de l’hôpital régional de catégorie « B » de Thala, dans le gouvernorat de Kasserine, et de la finalisation de la Cité numérique d’Ennahli, dans le gouvernorat de l’Ariana.
Présidée par la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, au Palais du Gouvernement à la Kasbah, la douzième réunion périodique de la Commission des grands projets a abouti à la décision d’engager immédiatement les procédures et les travaux relatifs aux trois projets. L’extension de la centrale de Borj El Amri sera, par ailleurs, inscrite sur la liste des grands projets à caractère stratégique.
À l’ouverture de la réunion, la cheffe du gouvernement a souligné que l’accélération de la réalisation des projets publics constitue une « priorité absolue » pour stimuler la croissance économique, développer les infrastructures, créer de la richesse et des emplois, réduire les disparités régionales, améliorer la qualité de vie des citoyens et consacrer la justice sociale, conformément à la vision du président de la République, Kaïs Saïed.
Elle a appelé, dans ce cadre, l’ensemble des structures publiques chargées de ces projets à redoubler d’efforts pour accélérer leur réalisation, résoudre les difficultés de manière proactive et intensifier le suivi sur le terrain, afin de garantir leur achèvement dans les délais impartis et conformément aux normes requises. L’objectif est de répondre aux attentes des citoyens dans toutes les régions du pays.
Borj El Amri : une troisième turbine à gaz de 250 à 400 MW
Le premier dossier examiné par la Commission des grands projets concerne le renforcement de la sécurité énergétique et de la capacité du système électrique national à faire face à l’évolution de la demande.
Le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Slah Zouari, a présenté un exposé sur le projet d’extension de la centrale de production d’électricité de Borj El Amri.
Ce projet vise à renforcer la sécurité énergétique et à accroître la capacité de production du système électrique national en améliorant le rendement de la centrale de Borj El Amri. Il doit ainsi contribuer à renforcer l’équilibre entre la production et la demande, à garantir la continuité de l’approvisionnement en électricité et à réduire les risques de recours au délestage du réseau, y compris durant les périodes de pointe exceptionnelles.
Le ministre a également rappelé que les opérations de délestage ou de coupure temporaire de l’électricité peuvent être utilisées même dans les pays les plus développés lorsque survient une hausse imprévue de la consommation ou une forte augmentation des températures entraînant une pression importante sur le réseau électrique.
L’importance de l’extension de la centrale est d’autant plus grande que la demande d’électricité connaît une progression soutenue, avec un rythme de croissance annuel compris entre 4 et 5 %. Un pic historique de la demande a d’ailleurs été enregistré au mois de juillet de cette année, atteignant 6.400 mégawatts, contre 5.175 mégawatts en 2025.
Concrètement, le projet prévoit l’extension de la centrale de production d’électricité de Borj El Amri à travers l’installation et la mise en service d’une troisième turbine à gaz d’une capacité comprise entre 250 et 400 mégawatts, ainsi que la réalisation des infrastructures nécessaires à l’évacuation de l’électricité produite.
Le coût prévisionnel du projet est estimé à 600 millions de dinars. Sa mise en exploitation est prévue durant l’été 2027.
La cheffe du gouvernement a insisté sur la nécessité d’entamer immédiatement la réalisation de ce projet afin d’augmenter la capacité de production d’électricité. Elle a également appelé à poursuivre, parallèlement, la réalisation d’autres grands projets dans le secteur énergétique, le développement du réseau électrique, le déploiement des compteurs intelligents et l’augmentation des capacités de stockage de l’électricité.
Ces actions s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’action issu de la stratégie de l’État dans le domaine énergétique à court, moyen et long termes.
Sarra Zaafrani Zenzri a rappelé que le renforcement de la sécurité énergétique constitue une priorité stratégique pour l’État. Il doit permettre de garantir la continuité de l’approvisionnement en électricité, d’améliorer l’efficacité de la production, de réduire le déficit énergétique et les coûts de production et de renforcer la compétitivité de l’économie nationale.
Cette stratégie vise également à assurer les besoins des particuliers et des entreprises dans un contexte marqué par l’augmentation de la demande, les défis climatiques et les fluctuations géopolitiques sur les marchés de l’énergie.
La cheffe du gouvernement a, en outre, insisté sur la nécessité de renforcer la capacité du système électrique national à faire face aux différentes situations, d’accroître ses capacités de production, d’accélérer la réalisation des grands projets énergétiques, de développer les projets d’énergies renouvelables et de promouvoir l’efficacité énergétique dans les différents secteurs de l’économie.
L’objectif est de garantir davantage d’autonomie et de flexibilité face aux périodes de pointe et aux situations exceptionnelles, tout en consacrant une approche proactive fondée sur une planification à long terme et sur la sécurisation des besoins énergétiques du pays.
Hôpital régional de Thala : un établissement de 105 lits
Le deuxième dossier examiné par la Commission concerne le renforcement des infrastructures hospitalières et la réduction des disparités régionales dans l’accès aux soins.
Un exposé conjoint a été présenté au sujet de la proposition du ministre de l’Équipement et de l’Habitat, chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, relative à l’attribution des marchés nécessaires à l’achèvement des travaux de l’hôpital régional de catégorie « B » de Tala, dans le gouvernorat de Kasserine.
Le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, a souligné que ce projet traduit le rôle de l’État dans le développement des infrastructures sanitaires, la réduction des disparités régionales et la consécration du droit à la santé, conformément aux principes d’équité et d’égalité des chances dans l’accès aux services.
D’une capacité de 105 lits, l’établissement est présenté comme un hôpital modèle regroupant les principaux services et unités de santé. Il comprend notamment un service de consultations externes, un laboratoire et une banque de sang, un service de radiologie, une pharmacie, un service de chirurgie, un service de stérilisation, un service de réanimation, un service des urgences et une unité d’hospitalisation.
L’hôpital comprendra également un hôpital de jour ainsi que les services généraux.
Le coût global de construction du projet est estimé à environ 54 millions de dinars. À ce montant s’ajoutent 15 millions de dinars consacrés aux équipements.
Le ministère de l’Équipement et de l’Habitat, en sa qualité de maître d’ouvrage délégué, assure le suivi des travaux et le contrôle de leur avancement sur le terrain.
La cheffe du gouvernement a estimé que l’investissement dans le développement du secteur public de la santé constitue un choix stratégique de l’État, destiné à consacrer le droit à la santé et à renforcer la justice sanitaire entre les différentes régions du pays.
Elle a ainsi ordonné l’engagement immédiat des lots relatifs à l’achèvement des travaux de l’hôpital et appelé à mettre en place des mécanismes de suivi et de contrôle quotidiens sur le terrain.
Cette démarche doit permettre de garantir l’achèvement du projet dans les délais fixés et selon les standards de qualité requis, dans le cadre de la construction d’un secteur public de santé « fort, équitable, moderne » et capable de répondre aux besoins des citoyens.
Cité numérique d’Ennahli : accélérer la transformation numérique
Le troisième dossier inscrit à l’ordre du jour de la Commission porte sur le soutien à la transformation numérique et le développement de l’économie fondée sur le savoir et l’innovation.
Un exposé conjoint a été consacré à la proposition du ministre de l’Équipement et de l’Habitat, chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, relative à l’attribution des marchés nécessaires à l’achèvement des travaux de la Cité numérique d’Ennahli.
Le ministre des Technologies de la communication, Sofiane Hemissi, a indiqué que ce projet s’inscrit dans le cadre des orientations nationales visant à accélérer la transformation numérique et à renforcer l’économie fondée sur le savoir et l’innovation.
Le projet prévoit notamment l’extension du pôle technologique tunisien « Tunis pour les pôles technologiques intelligents », ainsi que la création d’espaces technologiques modernes et équipés dans la région d’Ennahli, dans le gouvernorat de l’Ariana.
Le ministère de l’Équipement et de l’Habitat, en sa qualité de maître d’ouvrage délégué, assure le suivi des travaux de la Cité numérique d’Ennahli et le contrôle de leur avancement sur le terrain.
Pour la cheffe du gouvernement, la transformation numérique constitue un choix stratégique de l’État pour moderniser l’économie, développer l’administration et renforcer la compétitivité des entreprises. Elle représente également un levier pour stimuler l’innovation, soutenir l’investissement et l’emploi et consolider l’économie du savoir.
Sarra Zaafrani Zenzri a insisté sur la nécessité d’engager immédiatement les lots relatifs à l’achèvement des travaux de la Cité numérique d’Ennahli et, parallèlement, d’accélérer la réalisation des grands projets numériques.
Elle a également appelé à fournir les infrastructures technologiques nécessaires et à améliorer l’environnement de l’entrepreneuriat afin de favoriser l’exploitation des technologies modernes, d’accueillir les entreprises innovantes, d’attirer les investissements et de soutenir l’emploi.
À terme, l’objectif est de faire de la Tunisie un pôle régional dans les domaines de la digitalisation et des services intelligents.
Trois projets à engager immédiatement
À l’issue de l’examen des différents dossiers, la Commission des grands projets a décidé d’engager immédiatement les procédures relatives à la réalisation du projet d’extension de la centrale de production d’électricité de Borj El Amri et de l’inscrire sur la liste des grands projets à caractère stratégique.
Elle a également décidé d’engager immédiatement les lots relatifs à l’achèvement du projet de l’hôpital régional de catégorie « B » de Thala, dans le gouvernorat de Kasserine, ainsi que ceux relatifs à l’achèvement des travaux de la Cité numérique d’Ennahli.
En clôture des travaux, la cheffe du gouvernement a souligné que la période actuelle exigeait une accélération de la réalisation de l’ensemble des projets publics et la levée des différentes difficultés et contraintes qui entravent leur avancement.
Elle a appelé, à cet effet, les structures chargées de ces projets à intensifier le suivi sur le terrain afin de garantir leur achèvement dans les délais fixés et avec un niveau de qualité élevé.
Selon elle, ces projets doivent constituer de véritables leviers de développement et contribuer à l’amélioration des conditions de vie des citoyens dans l’ensemble des régions du pays, conformément aux orientations du président de la République.



