À l’occasion de la Fête nationale de la Femme, célébrée ce jeudi 13 août en Tunisie, le parcours d’Ibtissem Nabli illustre la présence croissante des femmes dans des métiers longtemps considérés comme masculins. Conductrice de métro depuis 2018, elle a choisi de faire de sa passion un métier et de relever, au quotidien, le défi des préjugés.
Intervenant ce matin sur Jawhara FM, Ibtissem Nabli est revenue sur son parcours et sur son expérience aux commandes du métro. Elle a expliqué avoir intégré ce métier en 2018, après avoir réussi un concours de recrutement et suivi une formation intensive de quatre mois.
Cette formation lui a notamment permis d’acquérir les compétences nécessaires à la conduite ainsi qu’à la gestion de certaines pannes techniques mineures pouvant survenir au cours du service.
Entre étonnement et encouragements
La présence d’une femme dans la cabine de conduite ne laisse pas toujours les passagers indifférents. Selon Ibtissem Nabli, leurs réactions oscillent entre l’étonnement et l’accueil favorable.
Au fil des années, elle estime toutefois avoir constaté que ce sont surtout le respect des horaires et les exigences de sécurité qui permettent au conducteur de gagner la confiance et l’estime des usagers, indépendamment de son sexe.
La conduite d’un métro exige, selon elle, une forte capacité de concentration, mais également une aptitude à réagir rapidement face aux éventuelles situations d’urgence sur les voies.
Ibtissem Nabli souligne par ailleurs que les femmes et les hommes évoluent dans les mêmes conditions professionnelles et sont soumis aux mêmes critères d’évaluation. Pour elle, les compétences requises par ce métier ne sont pas liées au genre, mais à la capacité de chacun à assumer ses responsabilités.
Quatre conductrices actuellement en activité
Son parcours n’a toutefois pas été exempt de difficultés. Ibtissem Nabli a notamment révélé avoir été victime d’un acte de violence alors qu’elle exerçait ses fonctions, rappelant les difficultés auxquelles peuvent être confrontés les agents du transport public dans l’exercice de leur mission.
Elle a également indiqué que quatre conductrices de métro sont actuellement en activité, contre sept auparavant. Certaines ont depuis été affectées à des fonctions administratives.
À travers son témoignage, Ibtissem Nabli met ainsi en lumière une réalité encore peu visible : celle de femmes qui investissent des métiers traditionnellement masculins et y exercent leurs responsabilités avec les mêmes exigences professionnelles.
Aux commandes du métro depuis huit ans, elle entend surtout démontrer par son travail que la compétence professionnelle n’a pas de genre.



