L’Organisation tunisienne d’orientation du consommateur (OTOC) appelle à revoir en profondeur le fonctionnement des soldes saisonniers et à renforcer la protection de l’industrie tunisienne. L’organisation propose notamment de réserver les périodes de soldes aux produits fabriqués localement et de suspendre, pendant cinq à dix ans, l’importation de produits disposant d’un équivalent fabriqué en Tunisie.
Le président de l’OTOC, Lotfi Riahi, qui s’exprimait ce jeudi 13 août 2026 sur Diwan FM, estime que cette mesure permettrait de préserver le tissu industriel national et de soutenir les entreprises tunisiennes confrontées à une concurrence accrue des produits importés.
Selon lui, 80 % des marchandises actuellement présentes sur les marchés seraient d’origine étrangère, avec, dans certains cas, une qualité jugée médiocre et des prix élevés. Il considère que les soldes, qui devraient constituer une opportunité pour les consommateurs, se sont progressivement transformés en un mécanisme commercial bénéficiant principalement aux marques étrangères et au système de franchise.
L’OTOC dénonce des “soldes fictifs”
Au-delà de la question des importations, l’organisation pointe également plusieurs pratiques commerciales observées depuis le début de la période des soldes.
Lotfi Riahi dénonce notamment le recours de certains commerçants à des réductions qu’il qualifie de fictives, obtenues grâce à une modification préalable des prix de référence avant l’application des remises.
Il évoque également un manque de transparence dans certains commerces. Des produits ne bénéficiant pas de réductions seraient ainsi présentés dans des espaces consacrés aux “nouvelles collections”, une pratique susceptible, selon l’OTOC, de créer une confusion chez les consommateurs.
Un contrôle jugé inégal
Le président de l’OTOC déplore par ailleurs une différence dans le niveau de contrôle exercé sur les produits locaux et les marchandises importées. Il estime que les produits fabriqués en Tunisie sont soumis à des contrôles plus stricts, tandis que les produits importés bénéficieraient d’un traitement moins rigoureux.
Cette situation intervient alors que plusieurs branches de l’industrie tunisienne, notamment le textile et la chaussure, traversent des difficultés importantes. La hausse du coût des matières premières et ce que Lotfi Riahi qualifie d’« inondation du marché » par les produits importés fragiliseraient davantage ces secteurs.
Face à cette situation, l’OTOC appelle à une révision du cadre législatif afin de mieux protéger la production nationale, préserver les emplois et rétablir un équilibre entre protection du consommateur et soutien à l’industrie tunisienne.



