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13 août : à Gafsa, EFOR met en lumière les femmes rurales et leur savoir-faire

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  • 13 août 2026
  • 6 min de lecture
13 août : à Gafsa, EFOR met en lumière les femmes rurales et leur savoir-faire

À l’occasion de la Journée nationale de la femme tunisienne, l’ambassade de France en Tunisie met à l’honneur les femmes rurales à travers le projet EFOR, dédié à leur autonomisation économique et sociale. À Gafsa, le témoignage de femmes agricultrices illustre concrètement l’impact des formations et de l’accompagnement destinés à améliorer la production et la valorisation de leurs produits.

À l’occasion du 13 août, l’ambassade de France en Tunisie a choisi de rendre hommage à la femme tunisienne en mettant en avant une initiative concrète de coopération franco-tunisienne : le projet EFOR – Émancipation des femmes et des organisations rurales en Tunisie.
À travers une vidéo publiée sur sa page officielle, la représentation diplomatique française donne la parole à des femmes agricultrices de Gafsa et présente leur expérience avec ce programme, financé par l’Agence française de développement (AFD) à hauteur de 4,5 millions d’euros et mis en œuvre par Expertise France.
Lancé le 1er mars 2023, le projet doit se poursuivre jusqu’au 28 février 2027. Il intervient dans trois gouvernorats, Béja, Kasserine et Gafsa, avec pour objectif d’améliorer l’égalité entre les femmes et les hommes dans le secteur agricole et de soutenir les dynamiques d’émancipation économique des femmes agricultrices.

À Gafsa, la formation comme levier d’autonomie

L’exemple présenté dans la vidéo est celui du groupement de développement agricole féminin d’El Aguila, à Gafsa. Selon Leïla Rajhi, cheffe du projet EFOR, ce groupement rassemble plus d’une vingtaine de femmes, accompagnées notamment à travers différentes formations.
Le programme porte notamment sur les plantes aromatiques et médicinales, ainsi que sur la valorisation des dattes, avec l’objectif de permettre aux bénéficiaires de mieux transformer leurs produits et de faciliter leur commercialisation.
“Nous travaillons sur le soutien à leurs capacités de production, mais aussi sur leur contribution et leur rôle, et surtout sur la reconnaissance de leur rôle dans la société et dans leurs familles”, explique Leïla Rajhi dans la vidéo.
Cette démarche correspond à l’un des axes centraux d’EFOR. Le projet prévoit en effet un accompagnement des organisations professionnelles agricoles féminines portant notamment sur les besoins en formation, les équipements, le renforcement organisationnel et l’accès aux marchés, tout en intégrant les enjeux liés à l’adaptation au changement climatique.

“Les formations m’ont beaucoup aidée”

Pour Dalila Dhahri, agricultrice et membre du groupement, l’accompagnement d’EFOR s’est traduit par l’acquisition de nouvelles compétences dans la transformation et la valorisation des produits.
“J’ai bénéficié d’EFOR à travers les formations. Elles m’ont beaucoup aidée dans la transformation des produits”, témoigne-t-elle.
L’agricultrice explique avoir ainsi développé son savoir-faire et amélioré les produits réalisés avec les autres membres du groupement. Elle affirme aussi que le groupe a déjà obtenu trois médailles, qu’elle associe au travail accompli et aux compétences acquises grâce aux formations.
Son témoignage traduit ainsi, à l’échelle d’un groupement féminin de Gafsa, l’un des objectifs poursuivis par EFOR : permettre aux femmes de renforcer leurs compétences, de mieux valoriser leur production et, à terme, d’améliorer les revenus issus de leur activité agricole.

Une approche qui dépasse la seule production

EFOR ne se limite toutefois pas à l’accompagnement technique des agricultrices. Selon sa présentation officielle, le projet vise plus largement à améliorer le statut social et les revenus des femmes impliquées dans les organisations professionnelles agricoles féminines, dans le cadre d’une agriculture résiliente face aux changements climatiques.
Son intervention repose sur trois niveaux. Le premier concerne les normes sociales et la sensibilisation des communautés rurales afin de déconstruire les stéréotypes liés au genre. Le deuxième porte sur le renforcement des organisations professionnelles agricoles féminines et leur transformation en structures durables capables de générer des revenus. Le troisième concerne les institutions et les politiques publiques, avec notamment l’intégration de la dimension genre dans les politiques de développement agricole.
L’AFD indique de son côté que le programme EFOR vise à renforcer l’autonomisation économique et sociale des femmes en milieu rural et à consolider les capacités des organisations paysannes et des groupements féminins dans les territoires agricoles tunisiens.

La coopération franco-tunisienne sur le terrain

La vidéo publiée à l’occasion du 13 août met également en avant la dimension de coopération portée par la France.
Lors de sa rencontre avec les bénéficiaires à Gafsa, l’ambassadrice de France en Tunisie, Anne Guéguen, a insisté sur l’importance de la participation des femmes à l’économie et sur leur rôle dans le développement durable et la prospérité des régions.
Elle a également réaffirmé la volonté de la France, de son ambassade et de l’AFD de poursuivre la coopération avec la Tunisie à travers des dispositifs tels qu’EFOR.
Sur le plan institutionnel, le projet est mis en œuvre par Expertise France en partenariat avec le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche maritime et le ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées.
Le financement de 4,5 millions d’euros est assuré par l’AFD, tandis qu’Expertise France assure la mise en œuvre du projet.

Des femmes agricultrices au cœur du développement rural

À travers l’exemple d’El Aguila, le projet met en avant une réalité souvent moins visible : celle des femmes qui participent directement à la production agricole, à la transformation et à la valorisation des produits, tout en jouant un rôle important dans leurs familles et leurs communautés.
Pour la France, leur accompagnement constitue ainsi un levier de développement économique et social. Pour les bénéficiaires, l’enjeu est beaucoup plus concret : acquérir de nouvelles compétences, améliorer leurs produits, accéder plus facilement aux marchés et mieux tirer profit de leur travail.
Le projet EFOR cible précisément les groupements féminins agricoles, leurs membres, les femmes leaders qui les animent, mais également les exploitations et les communautés dans lesquelles ces femmes sont actives.
En choisissant, ce 13 août, de raconter leur expérience à travers le témoignage de Dalila Dhahri et de mettre en avant le travail réalisé à Gafsa, l’ambassade de France donne ainsi un visage concret à la coopération franco-tunisienne : celui de femmes rurales qui cherchent à transformer leur savoir-faire en activité économique durable et en davantage d’autonomie.
Et c’est probablement là que réside le principal intérêt de cette initiative : ne pas seulement parler de l’émancipation des femmes, mais montrer, sur le terrain, comment la formation, l’organisation collective et la valorisation des produits peuvent contribuer à la rendre concrète.

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Auteur

Meriem KHDIMALLAH

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