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Besma Omrani, lauréate du Prix Zoubeida Béchir à La Presse : « La littérature nous touche et nous questionne »

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  • 14 août 2026
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Besma Omrani, lauréate du Prix Zoubeida Béchir à La Presse : « La littérature nous touche  et nous questionne »

Docteure en littérature française, Besma Omrani vient de recevoir le Prix Zoubeida Béchir pour la créativité littéraire en langue française. « Sursis à volonté » est son premier roman, paru conjointement aux Éditions Zayneb en Tunisie et aux Éditions L’Harmattan en France. Entretien.

La Presse — Est-ce que cette passion pour l’écriture vous accompagne depuis longtemps, ou s’est-elle révélée plus récemment avec le projet de ce roman ?

J’étais férue de lecture depuis toute petite, mais l’attrait pour l’écriture s’est manifesté assez tardivement. Un premier roman nait toujours de beaucoup d’histoires vécues, d’expériences cumulées et même d’épreuves douloureuses

« Sursis à volonté » est l’histoire de Sobhi, mais aussi celle du pays derrière le parcours personnel du protagoniste. Quels sont les thèmes essentiels, les messages que vous avez cherché à transmettre à travers ce livre ?

Je suis résidente en France et je viens régulièrement en Tunisie. Je voulais donc un sujet qui touche la plupart des Tunisiens, dont ma propre famille et mes amis. Ce roman, c’est l’histoire d’un quarantenaire qui vit avec sa famille et dont le revenu mensuel dépasse à peine le SMIG. J’ai évoqué le problème du salaire, le niveau de vie menacé, les dépenses dues aux écoles privées et autres.. Certains font même plus de deux boulots pour s’en sortir. Dans le récit, il est aussi question de mémoire traumatique, de paix intérieure et d’autres préoccupations et réflexions existentielles qui me traversent moi aussi, en tant qu’être humain et en tant que femme. Qu’est-ce qu’exister finalement ? Quel sens donner à la vie, d’après nos ambitions ?

Comme c’est un contexte de littérature féminine, quelle est la place de la femme dans la trame du roman ?

Tout tourne autour de la femme. Le personnage principal Sobhi avait une vie particulièrement affectée par sa relation difficile avec sa mère C’est presque un rapport conflictuel, marqué par les non-dits et l’impossibilité d’aimer. Plus il avance dans l’âge, plus il se rend compte qu’il a des relations difficiles avec toutes les femmes qui l’entourent. Il commence à remonter le fil de ses souvenirs et revient sur son enfance pour savoir comment tout a commencé. Le sujet de la mère m’a toujours intéressée,étant moi-même maman. La mère peut être une source d’épanouissement pour ses enfants, comme elle peut les détruire par un amour toxique.

Après cette récompense, qu’est-ce qui va changer dans votre vocation d’écrivaine, votre manière de considérer vos prochains écrits ?

C’est avec beaucoup de joie et de fierté que j’ai reçu cette consécration. Un prix est certainement encourageant pour la suite, mais aussi une responsabilité de taille. On se rend compte davantage de la place de la littérature comme force d’émotion et de transformation. Elle nous touche autant qu’elle nous questionne.

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Auteur

Amal BOU OUNI

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