Drame à La Marsa : Un citoyen affamé s’ouvre les veines devant «Chez Joseph», la direction du restaurant livre sa version des faits
Le décès dramatique d’un quinquagénaire survenu dans la soirée d’hier, 13 août, à proximité de l’établissement « Chez Joseph », a fait sombrer la région de Marsa Plage dans un sombre état de tragédie… L’homme en question s’est ouvert les veines au vu de moult yeux choqués. Le paysage de la banlieue nord de Tunis en a été profondément secoué.
Témoins, riverains et visiteurs de la Marsa Plage sont restés sidérés face à un pareil malheur. Cependant des bruits se sont mis à circuler dans les chaumières. L’on raconte çà et là que le quinquagénaire, sans le sou, se serait donné la mort en public parce qu’on lui a refusé un sandwich… Toutefois, bien des témoins innocentent les employés de l’enseigne banlieusarde affirmant que le défunt avait déjà eu droit à un premier sandwiche gratuit et qu’il se serait ouvert les veines après qu’on lui ait refusé un deuxième … Mais ce dont tout le monde semble être d’accord c’est que l’homme s’est donné la mort parce qu’il n’a pas pu manger à sa faim !
Face à tous ces bruits, les responsables de l’enseigne ont rapidement réagi en publiant un communiqué officiel sur les réseaux sociaux. Afin de couper court aux spéculations qui se sont propagées telle une traînée de poudre sur les plateformes numériques, et dissiper toutes les rumeurs colportées sur les réseaux sociaux, l’administration de l’emblématique établissement a diffusé un communiqué officiel de clarification. Et à croire la version des faits relatée dans le texte, on écarte toute implication directe des employés.
Il a eu son premier repas
Le communiqué laisse entendre que l’acte d’automutilation fatal a certes été consécutif à un refus, mais la reconstitution chronologique des faits ayant conduit au décès brutal du citoyen défait les employés de toute responsabilité morale. « Aux alentours de 19h35, un homme âgé d’environ cinquante ans s’est présenté au restaurant pour réclamer un sandwich gratuit. Nos équipes lui ont poliment expliqué qu’il avait déjà bénéficié d’un repas gratuit plus tôt dans la même journée et qu’il n’était pas possible de répondre favorablement à sa demande une seconde fois. Cette réponse a provoqué une colère noire chez cet individu, qui a déclenché une altercation verbale agressive avec le personnel de service (…) Quelques instants plus tard, l’homme est revenu sur ses pas et s’est posté sur la voie publique juste devant le restaurant. Il s’était procuré entre-temps des lames de rasoir. Devant les passants, il a commencé à s’automutiler violemment, se coupant profondément au niveau des artères. Cet acte désespéré a provoqué une hémorragie interne et externe massive et instantanée. Malgré l’intervention rapide des témoins et l’appel des secours, l’homme a succombé à ses blessures sur place », lit-on dans le communiqué.
En diffusant sa version des faits, la direction de l’enseigne entend ainsi coopérer pleinement à la manifestation de la vérité tout en préservant la réputation de ses équipes opérationnelles face aux amalgames initiaux des riverains.
Ceci dit, selon les éléments factuels qui sont d’ailleurs consignés par le système de surveillance et détaillés par la direction, la victime se serait bel et bien présentée au comptoir au cours de la soirée pour solliciter l’octroi d’une collation gratuite. Et sa première requête a été satisfaite. Les employés auraient opposé une fin de recevoir à sa deuxième requête en opposant le fait que l’intéressé avait déjà bénéficié d’un repas gracieux fourni quelques heures plus tôt dans la même journée. Ce refus légitime de la part des préposés au service aurait tout de même déclenché une vive altercation verbale entre le concerné et le personnel. A-t-il quitté les lieux de son propre chef ? Les témoignages diffèrent. Certains disent que les employés, soucieux d’éviter que la situation ne s’envenime à l’intérieur du local, ont été contraints de le chasser dehors tant ses actes agressifs et propos violents auraient semé la panique auprès de la clientèle catastrophée présente sur les lieux. Mais tous s’accordent à dire que l’individu a quitté l’établissement dans un état d’agitation manifeste.
Mort en public
La suite du rapport d’incident décrit hélas un scénario d’une extrême violence psychologique qui s’est déroulé sur la voie publique à l’extérieur des limites du commerce. L’homme serait revenu sur ses pas après avoir fait l’acquisition d’instruments tranchants dans un commerce de proximité pour s’infliger de profondes blessures corporelles au niveau des membres supérieurs. Cette automutilation radicale a provoqué une rupture vasculaire majeure et une perte de sang massive que les témoins oculaires et les secouristes n’ont pas pu endiguer, entraînant le décès de la victime malgré les tentatives d’urgence. « La direction du restaurant « Chez Joseph » affirme qu’aucun de ses employés n’a levé la main sur cette personne ni ne l’a agressée physiquement. Les caméras de surveillance de l’établissement ont enregistré l’intégralité de la scène, de l’altercation verbale interne jusqu’à l’acte d’automutilation sur le trottoir extérieur. Ces enregistrements vidéo ont été immédiatement remis aux unités de la sécurité nationale et aux autorités judiciaires en charge de l’enquête pour faire toute la lumière sur ce drame », lit-on encore sur le même communiqué.
Ainsi et tout en exprimant ses condoléances à la famille du défunt, l’enseigne affirme se tenir à la disposition des enquêteurs de la garde nationale pour fournir les enregistrements nécessaires au bouclage des investigations judiciaires.
L’homme était-il tellement paupérisé qu’il ne pouvait pas s’acheter de quoi se rassasier ? Etait-il tellement démuni qu’il mendiait deux collations par jour ou souffrait-il plutôt de pressions psychologiques ? Les prochains jours apporteront sûrement plus de lumière sur les dessous de ce drame…



