Dans le cadre du programme national de régénération des tissus anciens, les autorités municipales de la perle du Sahel ont mené une action de consultation à domicile. Le projet prévoit une valorisation patrimoniale du site de la vieille ville et envisage une piétonnisation intégrale pour dynamiser le tourisme.
Oui, pour le grand bonheur des habitants de la côte, la préservation de l’intégrité architecturale de la médina figure en tête de liste des priorités à Sousse. Cet objectif s’accompagne désormais d’une démarche d’inclusion citoyenne pour la redéfinition des espaces partagés tant la municipalité de Sousse a orchestré le déploiement d’une cellule de médiation sociale pour établir un contact direct avec les résidents de la rue Ibn Rachiq aux environs de l’emblématique place de la Kasbah.
Cette campagne de démocratie participative s’intègre dans les axes méthodologiques du plan de réhabilitation des centres urbains anciens, une stratégie publique d’envergure nationale conçue pour restaurer l’attractivité des quartiers historiques du pays. L’objectif premier de cette sortie de terrain était de collecter les doléances et les suggestions techniques des usagers directs avant de figer les plans d’aménagement d’ensemble de ce site mémoriel.
Il est question de se focaliser sur la réorganisation des flux de circulation et d’améliorer la qualité de vie des habitants. Dans cet ordre d’idées, les représentants de la commune et les urbanistes ont ouvert les discussions sur l’opportunité de décréter une interdiction totale du stationnement automobile sur l’esplanade de la Kasbah.
Pour les concepteurs du projet, l’éradication des véhicules ventouses est une condition indispensable pour restituer à cet espace sa vocation de forum public et mettre en valeur ses attributs monumentaux, touristiques et culturels. La piétonnisation vise également à assainir l’environnement sonore et visuel de la vieille ville, offrant ainsi un parcours de déambulation sécurisé pour les visiteurs nationaux et les flux de touristes internationaux.
A noter que cette démarche d’évaluation architecturale réunit les expertises croisées des institutions de conservation et des professionnels du secteur privé. Les brigades techniques de la commune ont opéré en parfaite synergie avec les conservateurs de l’Institut national du patrimoine et les architectes-conseils du cabinet d’ingénierie mandaté pour la maîtrise d’œuvre. Cette alliance d’experts garantit la conformité des futurs travaux de pavage et d’éclairage avec les chartes de restauration des cités médiévales, tout en veillant à la durabilité des infrastructures urbaines.
En effet, en structurant ce dialogue de proximité, la municipalité s’assure de l’appropriation sociale du projet par la communauté locale, un facteur clé pour garantir la pérennité et le rayonnement économique de ce joyau du patrimoine national.
Ceci dit les riverains de moult autres endroits de par le pays ont vraiment de quoi envier Sousse ! Car à Tunis, par exemple, bien des quartiers, pourtant riches en histoires et en vieux monuments sombrent dans l’usure et la vétusté. Non seulement les vieux monuments se font délaisser pour ressembler à un amas de ruine où logent les rats, les chiens errants et les sans-abri, mais l’endroit même, où ont été construites ces monuments, ressemble de plus en plus à un paysage anarchique enveloppé d’une extrême laideur révoltante, immonde et insoutenable.
Des paysage où les piétons se disputent une parcelle de chemin avec les commerces qui font l’étalage de leurs produits jusqu’à la route. Des paysages où des centaines d’immeubles poussent juxtaposés ne laissant pas la moindre chance aux riverains d’apercevoir un morceau de ciel. Des paysages où les routes sont décorés de nid de poules à ne pas finir et de conduits d’évacuations qui vomissent un liquide noir visqueux et crachent du fétide. Des paysages où les trottoirs affichent toujours remplis, où les chiens errants règnent en maître, où les amas de déchets renvoient des effluves nauséabondes.
Des paysages où tous les présumés jardins finissent en un lieu d’exposition pour les marchands ambulants où en un lieu de prédilection pour les reptiles. Des paysages où tout est desséché, délaissé et désherbé. Des paysages où l’esthétique est un mot qui semble extraterrestre. Des paysages où au milieu des zonages résidentiels, des stations de lavages de voitures se dressent avec leurs compresseurs et circuits d’eau à haute pression rendent le sol boueux et glissant et donnent des acouphènes omniprésents aux résidents de la place… Des paysages où les municipalités semblent avoir d’autres chats à fouetter où jouent à l’école buissonnière. Des paysages où la vie quotidienne s’avère stressante, polluée, non équitable, morose et presque invivable…
Des paysages si familiers aux habitants de toutes les cités de l’Aouina, zone surpeuplée de centaines de milliers d’habitants et qui, pourtant, relève tantôt de la municipalité d’El Kram, tantôt de la municipalité de la Goulette tous deux, à des kilomètres du quartier. Municipalités dont les dirigeants n’envisageraient certainement pas de marcher sur les pas de la municipalité de Sousse où l’on fait du porte à porte pour répondre aux besoins des habitants. Municipalités dont les dirigeants ne semblent avoir jamais mis les pieds à l’Aouina, sinon comment expliquer ce tas de construction anarchique et illégal qui pullule de partout ?



