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IA : la Tunisie entre dans le Top 30 mondial des publications scientifiques

  • 15 août 2026
  • 4 min de lecture
IA : la Tunisie entre dans le Top 30 mondial des publications scientifiques

La Tunisie entend faire de l’intelligence artificielle (IA) un levier de transformation économique et sociale. Les grandes lignes de la stratégie nationale dédiée à l’IA pour la période 2026-2030 ont été présentées lors d’un Conseil ministériel consacré à l’avancement des projets de transformation numérique.

Présentée par le ministre des Technologies de la communication, Sofiane Hemissi, cette stratégie traduit, selon les autorités, la volonté de la Tunisie de tirer parti de la révolution technologique tout en veillant à ce que son développement respecte les droits et libertés des citoyens.

L’approche retenue repose notamment sur une utilisation de l’intelligence artificielle dans un cadre respectueux de la personne, de sa vie privée et de ses droits constitutionnels, avec pour objectif de renforcer la souveraineté nationale et de mieux protéger le cyberespace face à l’évolution des risques numériques.

La Tunisie veut capitaliser sur ses compétences

Pour appuyer cette ambition, les autorités mettent en avant le potentiel scientifique et humain dont dispose le pays.

La Tunisie occupe ainsi, selon les données présentées lors du Conseil ministériel, la 29e place mondiale en matière de publications scientifiques dans le domaine de l’intelligence artificielle.

Le pays dispose également d’un important vivier de compétences dans les domaines de l’ingénierie et de la recherche académique, dont le niveau est reconnu à l’international.

À cet atout humain s’ajoute un cadre juridique présenté comme favorable à l’innovation, notamment à travers le Startup Act, qui doit contribuer à créer un environnement propice au développement des jeunes entreprises innovantes et à l’attraction des investissements technologiques.

Un positionnement géographique à valoriser

La Tunisie entend également tirer parti de sa position géographique, située au croisement de l’Europe, de l’Afrique et du monde arabe.

Cette situation est considérée par les autorités comme un avantage pour faire du pays un centre régional d’exportation de solutions et de services numériques.

L’ambition dépasse donc le seul développement de l’utilisation de l’IA au sein de l’administration ou de l’économie tunisienne. Il s’agit également de permettre aux entreprises et aux compétences tunisiennes de se positionner sur des marchés extérieurs et de faire du numérique un secteur davantage tourné vers l’exportation.

Innover sans perdre de vue les risques

La stratégie nationale ne se limite toutefois pas à la promotion de l’intelligence artificielle. La cheffe du gouvernement, Sara Zaafrani Zenzri, a insisté sur la nécessité d’accompagner l’exploitation de cette révolution technologique par une approche préventive face à ses risques.

L’objectif affiché est de permettre à la Tunisie de tirer pleinement profit de l’intelligence artificielle, considérée comme une composante essentielle de la transformation économique et sociale, tout en garantissant la souveraineté numérique du pays et le droit des citoyens à évoluer dans un espace numérique sécurisé.

Cette approche place ainsi la question de la sécurité et de la protection des données au même niveau que celle de l’innovation.

Avec cette stratégie couvrant la période 2026-2030, la Tunisie cherche donc à structurer davantage son approche de l’intelligence artificielle, en s’appuyant sur trois atouts mis en avant par les autorités : ses compétences humaines, sa production scientifique et son positionnement géographique.

Le défi sera désormais de transformer ce potentiel en applications concrètes, en investissements et en solutions exportables, tout en construisant les garde-fous nécessaires pour accompagner une technologie dont les usages et les risques évoluent rapidement.

Pour la Tunisie, l’enjeu est donc double : ne pas rester spectatrice de la révolution de l’IA et réussir à en faire un véritable moteur de développement, sans compromettre sa souveraineté numérique ni les droits des citoyens.

S.R

Auteur

S. R

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