Le canal de Bizerte, jadis fierté de la ville et trait d’union entre la Méditerranée et le lac, ce site qui a forgé l’identité de la ville, est aujourd’hui le théâtre d’une pollution chronique. Plastiques, hydrocarbures, rejets industriels et incidents maritimes s’accumulent dans un silence coupable.
Selon les chiffres disponibles, 60 % des rejets industriels de la région finissent dans le canal, tandis que plus de 200 tonnes de déchets plastiques flottants y sont recensées chaque année. L’épisode du 13 août 2026, où un navire a déversé de la poudre de charbon dans le port de Zarzouna, n’est pas un accident isolé : c’est le révélateur d’un système défaillant. Un incident majeur de pollution maritime a ainsi été signalé en 2026 avec ce déversement de poudre de charbon.
L’inaction qui étouffe
Les autorités réagissent toujours dans l’urgence : barrages flottants, procès-verbaux, communiqués rassurants. Mais la prévention reste absente. Les contrôles sont sporadiques, les sanctions rarement exemplaires, et les promesses de dépollution s’enlisent. Pendant ce temps, le canal s’asphyxie, et avec lui l’avenir de Bizerte.
La pollution n’est pas une abstraction. Près de 30 000 habitants seraient directement exposés aux nuisances du canal. Elle prive les pêcheurs de leurs ressources, expose les riverains à des nuisances quotidiennes et met en danger la santé des enfants qui jouent au bord d’une eau souillée. Elle s’invite dans les assiettes, dans les corps, dans les quotidiens. Elle est une atteinte directe à la dignité des habitants.
Un appel à la responsabilité
Il est temps de briser le cycle de l’indifférence. L’État doit assumer son rôle de garant de l’environnement, les industriels doivent rendre des comptes, et les autorités locales doivent cesser de traiter la pollution comme une fatalité. Le canal de Bizerte n’est pas un dépotoir : c’est un patrimoine collectif qui mérite protection.
La société civile doit aussi se lever. Associations, journalistes, enseignants, habitants : chacun peut refuser la banalisation de la pollution. Le canal de Bizerte doit redevenir un lieu de vie et de fierté, pas un symbole de résignation. La mobilisation citoyenne est la seule force capable de briser l’inertie.
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