Economie

Vol de cuivre : Les bornes de recharge électrique sous pression

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  • 18 août 2026
  • 4 min de lecture
Vol de cuivre : Les bornes de recharge électrique sous pression

La multiplication des vols de câbles en cuivre fragilise l’économie des infrastructures de recharge électrique en France. Plus de 400 plaintes ont été déposées depuis janvier 2026, selon « Charge France ». Pour les opérateurs, les pertes ne se limitent pas à la valeur du métal : réparations, interruption du service et dépenses de sécurisation alourdissent la facture et menacent la rentabilité des réseaux.

La Presse — Depuis le début de l’année, les vols de câbles se multiplient sur les bornes de recharge électrique.

Plus de 400 plaintes ont déjà été déposées auprès des autorités, selon l’association « Charge France », qui regroupe les principaux acteurs du secteur. Les installations situées sur les aires d’autoroutes, les parkings commerciaux ou encore dans les zones périurbaines sont particulièrement exposées.

Un fléau qui alourdit la facture des opérateurs

Pour les exploitants, le préjudice dépasse largement la valeur du cuivre volé. Lorsqu’une borne est vandalisée, les câbles doivent être remplacés et des techniciens spécialisés doivent intervenir. À cela s’ajoute l’immobilisation de l’équipement, parfois pendant plusieurs jours, et donc la perte des recettes générées par les recharges.

Atlante, qui exploite environ 1.800 stations en France, estime ainsi que les vols représentent désormais plusieurs millions d’euros de pertes. « TotalEnergies » fait également face à cette nouvelle contrainte qui intervient, alors que les opérateurs poursuivent leurs investissements dans l’extension des réseaux.

Le phénomène intervient dans un contexte où la rentabilité des infrastructures de recharge reste un enjeu majeur.

Installer une station nécessite des investissements importants, notamment pour les équipements électriques, le raccordement au réseau et l’aménagement des sites. Les actes de vandalisme ajoutent désormais un coût difficile à anticiper.

La multiplication des incidents pourrait ralentir le déploiement de nouvelles bornes. Les opérateurs doivent intégrer davantage de dépenses liées à la surveillance et à la protection des installations.

Une contrainte supplémentaire alors que le développement d’un réseau de recharge dense et fiable constitue l’un des leviers de l’essor de la mobilité électrique.

Le cuivre, une matière première devenue stratégique

La flambée de l’intérêt pour le cuivre contribue à expliquer cette recrudescence. Le métal, indispensable aux infrastructures électriques, se négocie autour de 9.000 euros la tonne.

Cette valorisation rend les câbles particulièrement attractifs pour les réseaux de voleurs, qui ciblent déjà les infrastructures ferroviaires, télécoms et énergétiques.

Selon des responsables du secteur, quelques kilos de cuivre peuvent représenter plusieurs dizaines d’euros à la revente. Pour les auteurs des vols, la multiplication des opérations permet donc de constituer rapidement un butin conséquent. Certains groupes semblent par ailleurs agir de manière organisée, ciblant plusieurs stations au cours d’une même nuit.

Pour les exploitants, la réponse passe désormais par la sécurisation des équipements. Vidéosurveillance, éclairage renforcé, dispositifs empêchant l’extraction des câbles ou recours à des matériaux moins attractifs font partie des solutions envisagées. Mais ces mesures représentent des investissements supplémentaires. Le problème dépasse ainsi la seule question de la délinquance.

Il touche directement l’économie de la mobilité électrique. Une borne hors service réduit la disponibilité du réseau, pénalise les automobilistes et peut affecter la confiance dans la fiabilité des infrastructures.

À terme, les coûts liés aux vols pourraient être répercutés, au moins en partie, sur les tarifs de recharge. Pour les opérateurs, l’enjeu est donc double : protéger les investissements déjà réalisés et éviter que la multiplication des actes de vandalisme ne compromette l’équilibre économique d’un réseau appelé à prendre une place croissante dans la transition énergétique.

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Auteur

Saoussen BOULEKBACHE

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