L’Office national de l’assainissement (ONAS) a été créé pour protéger les villes tunisiennes contre les dangers des eaux usées. Sa mission était claire : collecter, traiter et évacuer les rejets domestiques et industriels dans le respect des normes sanitaires et environnementales. À Bizerte, cette mission est non seulement ignorée, mais trahie. L’ONAS, censé être le garant de la salubrité, est devenu l’un des principaux acteurs de la pollution.
Des rejets systématiques et visibles
Chaque jour, les habitants constatent des écoulements sombres et malodorants dans le canal de Bizerte, des nappes polluantes stagnantes dans le vieux port, des mousses suspectes dans le lac et les lagunes. Pire encore, certaines plages de baignade sont directement exposées à ces rejets. Les eaux marines, patrimoine collectif et espace vital pour les citoyens, sont transformées en égouts à ciel ouvert.
Les conséquences sont visibles et alarmantes. Les pêcheurs constatent une mortalité accrue des poissons et une raréfaction des espèces, signe d’un écosystème marin gravement perturbé. Les habitants, eux, s’inquiètent pour leur santé : baignades risquées, odeurs pestilentielles, risques d’infections et de maladies hydriques.
Au-delà de l’impact immédiat, c’est l’image même de la ville qui se dégrade. Les lieux emblématiques de Bizerte, jadis synonymes de beauté et de patrimoine, deviennent aujourd’hui les symboles d’un abandon environnemental et sanitaire.
Le citoyen paie… et subit
Ce qui rend la situation encore plus scandaleuse, c’est que chaque citoyen paie une redevance ONAS intégrée à sa facture de consommation d’eau. Autrement dit, les habitants financent un service censé leur garantir un environnement sain et une gestion rigoureuse des eaux usées. En contrepartie, ils reçoivent l’exact opposé : insalubrité, pollution et mise en danger de leur santé. Le citoyen est donc en droit d’exiger des services de qualité, transparents et conformes à la mission de l’ONAS.
L’ONAS agit en toute connaissance de cause. Les rejets ne sont pas accidentels, mais systématiques. Les autorités locales, elles, se taisent ou se contentent de demi-mesures. Les citoyens, eux, se sentent trahis par une institution censée les protéger.
Une trahison envers la cité
En dirigeant les eaux usées vers les espaces marins, l’ONAS condamne Bizerte à une insalubrité chronique. Cette attitude traduit un mépris pour la santé des habitants, pour l’environnement et pour l’image de la ville.
Un appel à la responsabilité
Il est temps de rappeler que l’assainissement n’est pas un luxe, mais une obligation. L’ONAS doit rendre des comptes. La ville de Bizerte ne peut continuer à être sacrifiée sur l’autel de l’indifférence et du laxisme. Les eaux marines sont un patrimoine collectif, un symbole de la beauté méditerranéenne. Les transformer en dépotoirs est une faute grave, une trahison envers la cité et ses citoyens.
M.B



