Commentaire : Des mots contre la drogue, dès le banc de l’école
Les mots, lorsqu’ils sont bien choisis, peuvent laisser une empreinte indélébile dans l’esprit d’un enfant et l’aider à distinguer, dès ses premiers pas à l’école, le chemin du bien de celui du mal.
Fidèle à son style franc et sans détour, Kaïs Saïed a marqué la Journée du savoir, célébrée lundi 17 août 2026 au Palais de Carthage, en déclarant que la jeunesse tunisienne se trouve d’ores et déjà au cœur d’une véritable «guerre contre les drogues». Une formule qui traduit une réalité alarmante.
Face à ce fléau, le Président propose que l’école ne se contente plus de transmettre des savoirs, mais devienne aussi un rempart. Quelques minutes, au seuil de chaque journée de classe, pourraient être consacrées à dévoiler aux élèves le visage hideux de la drogue, ce que recèlent les substances qui circulent, les blessures qu’elles infligent et les ravages qu’elles laissent derrière elles.
Aujourd’hui, l’urgence est réelle. Si les statistiques disponibles mesurent surtout la consommation chez les 15-17 ans, elles laissent entrevoir un phénomène bien plus précoce. Elles révèlent que 15,7 % des lycéens ayant consommé du cannabis déclarent avoir commencé entre 10 et 14 ans. Pour les psychotropes, cette proportion grimpe à 37,5 %. Autrement dit, pour certains jeunes, le premier contact avec la drogue intervient bien avant le lycée, dès le collège, voire à l’école primaire
Les campagnes ponctuelles ont montré leurs limites, avec une affiche, une intervention d’un jour, puis l’oubli. Le Président mise plutôt sur une nouvelle approche dès le bas âge. Un message simple, répété chaque jour, a davantage de chances de s’ancrer dans l’esprit d’un enfant à l’école qu’une intervention ponctuelle vite oubliée et vide de sens à l’âge adulte.
Reste maintenant à concrétiser cette ambition en formant les enseignants, en adaptant le message à chaque âge, et en agissant dès le plus jeune âge, sans attendre l’adolescence.
Comme le dit bien l’adage: “ ce qui s’apprend dans l’enfance s’inscrit dans l’esprit comme une ciselure dans la pierre”. Informer et sensibiliser tôt, c’est peut-être déjà soustraire une vie à l’emprise de l’addiction.



