Le cahier subventionné de 24 pages coûte 430 millimes, celui de 48 pages 950 millimes et celui de 72 pages 1400 millimes.
La Presse — Selon la Chambre professionnelle des fabricants de cahiers scolaires, 30% de la production de l’année dernière est encore disponible sur le marché».
Y a-t-il de plus clair que ce communiqué qui apporte deux précisions ? La première, concerne les prix officiels des cahiers subventionnés par l’Etat et qui sont mis à la disposition des élèves, étudiants et autres utilisateurs de ces supports incontournables durant les prochains neuf mois de scolarité.
La seconde précision porte sur la disponibilité de ces outils de travail. Elle énonce que «30 % de la production de l’année dernière est encore disponible sur le marché». Cela suppose qu’il est inutile, aussi bien pour les parents que pour les jeunes utilisateurs, de parcourir les librairies et les grandes surfaces pour stocker ces cahiers. Il y en aura assez pour tout le monde et il en restera pour la prochaine rentrée scolaire. En stocker risque de causer deux préjudices. Le premier alourdit directement l’ardoise des parents, alors qu’actuellement, en dépit de tous les efforts, une rentrée scolaire coûte cher.
L’usine de Kasserine a fait son travail
Acheter des cahiers et les mettre dans un coin est le propre des stupidités, alors que le pays n’est plus en crise de papier. L’usine de fabrication de Kasserine, qui était à l’arrêt depuis des années, a repris sa production et a fait convenablement son travail pour mettre à la disposition des fabricants de manuels scolaires et de ceux qui sont spécialisés dans la production des différentes sortes de cahiers la quantité nécessaire pour ne pas créer de rupture de stocks.
Il faudrait poursuivre la mise à niveau de cette usine pour ne pas s’arrêter en si bon chemin.
Alors pourquoi cette course-poursuite à travers les rues et les cités pour accaparer des cahiers ?
Parce que tout simplement les parents ont encore à l’esprit cette pénurie qui les a obligés à payer le triple du prix pour acheter un cahier de luxe, faute de trouver ceux qui sont subventionnés.
Cette mauvaise période continue à tarauder les esprits. Nous avions suggéré, à l’occasion de la rentrée scolaire 2025 / 2026 en connaissance de cause, de remettre à chaque élève lors de la rentrée une liste officielle oblitérée par l’établissement, portant tout le nécessaire dont on a besoin (livres et cahiers). La liste officialisée par l’établissement ne pourra servir qu’une fois.
Un bon nombre de chefs d’établissement ont pris la peine de le faire et cela a marché.
En effet, la majorité des libraires professionnels, et non ceux qui transforment leurs échoppes rien que pour vendre des livres et fournitures scolaires juste pour la rentrée, savent ce dont ils ont besoin. Ils achètent en conséquence, quitte à renouveler leur stock de roulement une fois la campagne de la rentrée terminée.
Ce surstockage fausse les données et pourrait provoquer un manque de cahiers qui handicaperait ceux qui n’ont pas encore fait leurs achats pour diverses raisons sociales. L’argent n’est pas toujours disponible et en dépit des avances, de l’avancement des versements des pensions et autres, il y a des imprévus qui faussent toutes les prévisions.
Anticiper, le maître mot
Pour lutter contre la spéculation, il est nécessaire, d’anticiper et de s’ingénier à fausser les calculs de ceux qui s’y adonnent. Déjà, la disponibilité des cahiers est un rude coup pour ceux qui profitaient de la pénurie pour se faire de l’argent facile. En effet, les «librairies d’occasion», qui ouvrent rien que pour la durée de la rentrée, achètent manuels scolaires et cahiers en deuxième main.
Pour la bonne raison que ni le Centre national pédagogique, ni les producteurs de cahiers ne vendent leurs marchandises qu’à ceux qui détiennent une patente en bonne et due forme. Les commandes se font par internet et le paiement en ligne avec facturation électronique.
Ces libraires occasionnels consentent le manque à gagner en s’approvisionnant chez des professionnels peu regardants à l’éthique du métier, mais récupèrent largement sur le dos des parents qui viennent pour acquérir leurs fournitures dans ces lieux de proximité, pensant s’éviter les attentes aux portes des librairies, ou dans les grandes surfaces transformées en cours des miracles.
Une saine collaboration
C’est la raison pour laquelle les chefs d’établissement devraient contribuer à mettre un terme à toutes ces manipulations, en remettant une liste officielle aux élèves de l’enseignement de base surtout. Cela fera un travail en plus, mais ce sera une contribution qui aidera énormément les familles.
Les enseignants ont mis de l’ordre dans leurs demandes de fournitures. La tutelle a précisé ce dont on a besoin par classe. Les chefs d’établissement pourraient fermer le cercle pour mettre à l’abri bien des familles qui se retrouvent avec des totaux effroyables en se présentant à la caisse. Les fournitures coûtent de plus en plus cher (les marques et les fournitures de qualité qu’un enfant peut manipuler sans risques viennent de l’étranger) et les efforts déployés pour alléger l’ardoise sont louables mais ont besoin de cette contribution des chefs d’établissement laquelle contribution responsabilise toutes les parties prenantes.



