La lutte contre les drogues et la criminalité ne peut être envisagée sous le seul angle sécuritaire. Recherche, prévention, promotion de la santé, accompagnement psychologique, réhabilitation, réinsertion, éducation et coopération entre les institutions occupent désormais une place centrale dans l’approche adoptée par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (Onudc).
En Tunisie, l’organisation intervient sur six grands axes : la lutte contre le trafic de drogues et la prévention et prise en charge des troubles liés à leur usage, la lutte contre le crime organisé, la lutte contre la traite des personnes et le trafic de migrants, la lutte contre la corruption et la criminalité financière, la lutte contre le terrorisme et la prévention de l’extrémisme, ainsi que la prévention du crime et la justice pénale.
Dans cet entretien exclusif, Dr Ilyes Kessal, chef du bureau de l’Onudc en Tunisie et médecin spécialiste en Médecine préventive et en Addictologie, au parcours passionnant et atypique, nous a livré une lecture des fléaux qui, désormais, dépassent les frontières et dont l’Onudc dispose de l’expertise technique pour soutenir ses partenaires à y faire face tout en se basant sur les évidences scientifiques.
Pour commencer, pourriez-vous présenter le bureau de l’Onudc en Tunisie, ses principales missions et ses spécificités ?
Le bureau de l’Onudc en Tunisie est un bureau de programmes rattaché au Bureau régional pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, basé en Égypte. Nous sommes présents en Tunisie depuis 2013 et nous travaillons avec les partenaires tunisiens selon un cadre régional (2023-2028) développé entre l’Onudc et la Ligue des États arabes, dont la Tunisie est membre très actif.
Nous intervenons sur six grands axes : la lutte contre le trafic de drogues, mais aussi la prévention et la prise en charge des troubles liés à l’usage de drogues ; la lutte contre le crime organisé ; la traite des personnes et le trafic de migrants ; la corruption et la criminalité financière ; la lutte contre le terrorisme et la prévention de l’extrémisme ; enfin, la prévention du crime et la justice pénale incluant le milieu carcéral.
Nous travaillons également sur les aspects criminalistiques incluant le renforcement des capacités sur la gestion des scènes de crime, ainsi que sur la recherche qui nous permet d’orienter nos projets sur la base des données scientifiques.
Quelle est votre première lecture de la situation en Tunisie face à ces différents phénomènes ?
La Tunisie fait face à des défis qui ne lui sont pas spécifiques, mais qui concernent l’ensemble de la région. La dimension régionale de notre bureau facilite notamment la coopération Sud-Sud et les échanges d’expériences et d’expertise entre la Tunisie et les pays voisins.
Beaucoup de ces phénomènes dépassent les frontières nationales, d’où l’importance de la coopération que nous encourageons et facilitons.
Le lancement du traitement par méthadone en Tunisie en est un exemple: l’Onudc a facilité une visite d’étude d’une délégation tunisienne en Algérie, qui avait déjà développé ce traitement dans le système de santé et en milieu carcéral.
Un autre exemple concerne les thérapies cognitivo-comportementales en milieu carcéral développées en Tunisie. Il s’agit d’une expérience considérée par les Nations unies comme une bonne pratique et une innovation dans la région arabe. Une étude d’impact a montré des résultats positifs, notamment en matière de santé mentale, de gestion des émotions et de la colère et de réduction des pensées liées à la criminalité. Les recherches scientifiques montrent que ces thérapies, lorsqu’elles sont pratiquées par des professionnels formés, peuvent contribuer à prévenir la récidive, y compris chez les personnes ayant des troubles liés à l’usage de drogues.
Après la Tunisie, c’est la Jordanie qui adopte l’approche de thérapies cognitives et comportementales pour la prise en charge de prisonniers, et nous allons essayer de nous baser sur le modèle tunisien pour soutenir cette initiative en l’adaptant au contexte jordanien.
Parmi les six grands axes, lequel est aujourd’hui le plus prioritaire pour la Tunisie ?
Pour être honnête, tout est prioritaire. Ces six axes correspondent aux priorités discutées et approuvées par les Etats membre et l’Onudc dans le cadre du programme régional quinquennal avec une contribution active de la Tunisie dans les comités qui ont assuré son développement. Lors du dernier comité de pilotage de suivi, qui s’est tenu au début de cette année, la Tunisie était d’ailleurs l’une des plus grandes délégations.
Les représentants tunisiens contribuent à la formulation des recommandations, au suivi de leur mise en œuvre et au partage de leur expérience. On ne peut donc pas dire que la traite des personnes, la lutte contre les drogues ou la prévention sont plus importantes les unes que les autres: chaque axe constitue une priorité avec parfois des interconnexions.
Notre principale priorité reste la mobilisation des ressources et le maintien d’un esprit consultatif avec les partenaires nationaux afin de développer des projets qui répondent à leurs priorités et à leurs ambitions. Malgré un contexte international difficile pour les financements du développement, nous avons réussi à maintenir nos programmes et même à élargir le portefeuille de l’Onudc en Tunisie, en couvrant pratiquement toutes les thématiques du cadre régional.
La question des drogues occupe aujourd’hui une place importante dans le débat public en Tunisie. Au-delà des chiffres de saisies, quelle est votre lecture de l’évolution du phénomène, notamment chez les jeunes ?
A mon avis, il y a plusieurs facteurs à prendre en compte mis à part les chiffres indiquant le nombre de saisies. Il y a des études intéressantes qui ont été menées en Tunisie comme l’étude MedSPAD sur les conduites addictives en milieu scolaire montrant que l’âge d’initiation à la consommation tend à baisser et que les enfants sont davantage exposés au risque d’usage de drogues. C’est un véritable signal d’alerte.
De même, les études biocomportementales montrent une prévalence importante du VIH et de l’hépatite C parmi les personnes qui s’injectent des drogues. Il s’agit d’un indicateur de santé publique qui doit être pris en compte. Tout cela nous impose de renforcer la prévention.
Je fais toutefois une distinction entre sensibilisation et prévention. La sensibilisation consiste souvent à transmettre un message, sans nécessairement savoir s’il a produit un changement. À l’Onudc, nous considérons la prévention comme une science, fondée sur les données probantes, la psychologie de l’enfant et de l’adolescent, les mécanismes de changement des comportements et l’identification des facteurs de risque.
Il ne suffit donc pas de dire à un jeune de ne pas consommer de drogues. Il faut comprendre les vulnérabilités auxquelles il est confronté et les facteurs de risque qui peuvent l’amener à consommer. Dans certains cas, la drogue est davantage une conséquence à des facteurs de risque qu’une cause.
Nous cherchons également à faire des jeunes des acteurs de la prévention, et pas seulement un public auquel on adresse des messages. Nous travaillons ainsi avec des parlements de jeunes, des organisations étudiantes et des associations de la société civile, tout en impliquant les parents.
Nous avons notamment développé les programmes Strong Families et Family United, adaptés au contexte arabe, qui permettent aux parents de mieux identifier les signaux d’alerte et de savoir comment accompagner un enfant ou un adolescent en difficulté. Nous travaillons également avec les professionnels de santé, les éducateurs et les enseignants afin de leur donner les outils nécessaires pour aborder cette question avec les jeunes.
Parmi la prévention, la prise en charge et la réinsertion, quel est le volet le plus difficile ?
La prévention n’est pas, à mon sens, le volet le plus difficile. Elle vise les personnes qui n’utilisent pas de substances afin qu’elles ne commencent pas à en utiliser, notamment celles qui présentent le plus de facteurs de risque. C’est la réhabilitation et la réinsertion des personnes usagères de drogues qui nécessitent une approche medico-psychosociale et une collaboration multisectorielle pour une pathologie qui est caractérisée par les possibles rechutes qui peuvent faire perdre confiance aux patients en ayant le sentiment que tous les efforts accomplis auparavant sont réduits à néant. Le rôle du thérapeute est justement de lui rappeler que la rechute ne signifie pas que tout est perdu et de continuer à l’accompagner.
Le sport peut-il également jouer un rôle dans cette prévention ?
Oui. Nous avons développé le programme Al Haraka Baraka, déjà mis en œuvre dans plusieurs pays arabes et actuellement déployé en Tunisie. Il vise à renforcer les compétences des jeunes à travers les valeurs du sport, comme le respect des règles, la responsabilité et le travail collectif, qui peuvent ensuite être transposées dans la vie quotidienne. L’outil a également été utilisé dans le milieu correctionnel auprès de jeunes en conflit avec la loi.
On constate aujourd’hui un rajeunissement de l’âge de la première consommation de drogues. À partir de quel âge peut-on parler de ce phénomène chez les enfants et les jeunes ?
L’âge de la première consommation est en train de baisser, en Tunisie comme ailleurs. Avant, nous parlions davantage de consommation de drogues dans le milieu universitaire. Aujourd’hui, le phénomène concerne également le milieu scolaire et les enfants sont exposés au risque d’entrer dans des schémas d’addiction. Plus préoccupant encore, certains jeunes et enfants peuvent être malmenés dans le circuit de trafic du fait de leurs vulnérabilités.
Pour nous, l’important est surtout de faire de la prévention une priorité, et qu’elle commence le plus tôt possible en adaptant l’approche à l’âge de l’enfant. Nous essayons également d’aborder l’usage de drogue, mais également la violence et la criminalité chez les jeunes dans une approche holistique du fait que c’est souvent interconnecté.
La prévention est aussi un investissement : elle permet d’éviter des parcours d’addiction, des incarcérations et une pression supplémentaire sur le système de santé pour la prise en charge. Au-delà de l’aspect économique, elle permet surtout de sauver des vies.
Il faut également faire une distinction entre la lutte contre le trafic et la prise en charge des personnes souffrant d’addiction. L’usager reste une personne ayant un problème de santé nécessitant une prise en charge médico-psycho-sociale, et la prise en charge existe et elle est efficace. Encore mieux, beaucoup de jeunes qui sont sortis des schémas d’addiction ont des sucess-stories et participent à la sensibilisation des jeunes.
Au-delà de la consommation, comment protéger les jeunes du risque d’être manipulés ou impliqués dans l’usage de drogues ?
Nous avons justement un projet qui va démarrer avec le ministère de la Santé et qui mobilisera le personnel de la médecine scolaire et universitaire ainsi que celui des établissements scolaires. L’objectif est de renforcer la prévention auprès des enfants et des jeunes, tout en les impliquant eux-mêmes comme acteurs.
Ce projet, baptisé Youth for Impact, vise à mobiliser les jeunes pour qu’ils aient un impact positif et deviennent eux-mêmes des acteurs de la prévention des drogues, de la violence et de la criminalité, tout en outillant les professionnels de techniques et d’approches visant la prévention, la détection et la prise en charge. L’utilisation des outils numériques pour la vente de drogues et la manipulation des jeunes est donc un élément à prendre en considération. Il s’agit également d’un espace où les messages de prévention doivent être diffusés.
Ce projet va permettre de développer des guides destinés au personnel de santé scolaire afin de faciliter le diagnostic et l’orientation des jeunes qui présentent des troubles liés à l’usage de substances. C’est aussi un projet pour les jeunes qui sera mis en œuvre avec les jeunes en les formant et mobilisant comme des acteurs de changement positif auprès de leurs pairs.
En 2025, la Tunisie a lancé le projet pilote de traitement par méthadone. Peut-on déjà tirer un premier bilan de ce projet ? Le programme est-il toujours au stade pilote ou est-il en cours d’extension ?
C’est le ministère de la Santé qui a le mérite d’avoir lancé cette initiative que nous saluons. Nous avons participé aux réunions visant le développement du protocole de traitement et facilité les échanges avec les pays de la région ayant déjà mis en place la méthadone à travers un atelier régional de formation à Tunis sur le Traitement par les Agonistes Opioides regroupant des experts internationaux de cinq pays de la région Mena ainsi que du siège de l’Onudc.
Nous avons notamment privilégié l’échange avec l’Algérie, qui avait développé son programme quelques années auparavant, car les deux pays présentent des contextes relativement proches.
Aujourd’hui, à travers les activités que j’ai pu observer sur le terrain, je constate des changements très positifs.
Nous saluons et nous sommes fiers des efforts de la Tunisie qui se sont concrétisés par le lancement par le ministère de la Santé du traitement par méthadone, et de l’expérience régionale tunisienne en mettant en place un centre de traitement sécurisant totalement dédié aux femmes usagères de drogue où elles bénéficient d’une prise en charge multidisciplinaire (Centre Tanit Razi), et le centre de Jbel El Oust (Service Espoir) qui redonne l’espoir à des jeunes à travers une prise en charge médico-psychosociale. La Tunisie fait aussi partie des premiers pays de la région ayant développé des programmes d’art-thérapie et de psychodrame pour le renforcement du traitement des personnes usagères de drogues, des programmes offerts au niveau de centres de santé. Je souhaite beaucoup de succès et une extension de ces initiatives à d’autres régions du pays.
Le trafic de drogues et la consommation peuvent être liés à d’autres phénomènes, comme le blanchiment d’argent ou le trafic de migrants. Dans quelle mesure ces phénomènes sont-ils interconnectés ?
Tout à fait, tout est interconnecté. C’est précisément pour cela que nous parlons de criminalité organisée. Les réseaux criminels peuvent être impliqués dans plusieurs activités à la fois : trafic de drogues, trafic de migrants, armes ou blanchiment d’argent…
Cela nous oblige à adopter une approche intersectorielle. Au sein de l’Onudc, nos différents programmes travaillent donc ensemble et collaborent avec les institutions concernées, qu’elles soient sécuritaires, judiciaires, financières ou sanitaires.
L’objectif est de prendre en compte l’ensemble des facteurs liés à un phénomène, plutôt que de traiter chaque problème séparément. C’est cette approche qui permet d’avoir davantage d’impact et d’obtenir des résultats durables.
Avec les nouvelles technologies, la lutte contre la criminalité devient de plus en plus complexe. La Tunisie dispose-t-elle des moyens nécessaires pour faire face à ces nouvelles formes de criminalité ?
La Tunisie dispose des moyens mais également d’expertise humaine pour travailler sur les aspects numériques liés à la criminalité. Nous avons notamment beaucoup travaillé avec les partenaires nationaux sur la cybercriminalité et les crimes facilités par les technologies.
Aujourd’hui, une nouvelle question se pose avec l’intelligence artificielle, qui ouvre un autre niveau d’utilisation des technologies à des fins criminelles. Cette question est également devenue une priorité pour l’Onudc et fait l’objet de discussions avec les États membres.
Dans le domaine numérique, aucun pays ne peut agir seul. Les réseaux criminels sont transnationaux et impliquent des acteurs situés dans différentes régions du monde, d’où l’importance de la coopération internationale.
Vous travaillez également sur la santé mentale et la réinsertion des personnes détenues. Disposez-vous de résultats concrets permettant de mesurer l’impact de ces programmes ?
Il faut d’abord distinguer le milieu carcéral pour adultes et les centres de rééducation pour mineurs destinés aux enfants et aux adolescents. Pour les mineurs, les centres de rééducation offrent un accompagnement spécifique par des éducateurs et des professionnels, notamment des psychologues.
Depuis 2021, nous travaillons en étroite collaboration avec le ministère de la Justice et le Comité général des prisons et de la rééducation, notamment sur la santé mentale et la prévention de la récidive. Nous avons développé un manuel de procédures sur les thérapies cognitivo-comportementales, destiné notamment aux personnes violentes, anxieuses, colériques ou ayant des troubles liés à l’usage de drogues.
Les formations dispensées aux médecins et aux psychologues leur ont permis de mieux approcher des prisonniers considérées comme difficiles et de travailler sur leur fonctionnement psychologique et leur changement de comportement. Nous avons constaté des évolutions positives dans la gestion des émotions et des pensées négatives.
La réinsertion commence également avant la sortie de l’établissement. Les personnes détenues peuvent suivre des formations professionnelles et obtenir des diplômes ou des certificats, ce qui leur permet de préparer leur retour dans la société, et c’est grâce aux efforts du personnel pénitentiaire très engagé que ces projets ont été conclus avec des résultats très positifs.
La question des données et des statistiques reste souvent problématique en Tunisie. Dispose-t-on aujourd’hui de données suffisamment fiables sur les différents phénomènes que vous étudiez ?
La question des données est importante, mais leur absence ne doit pas devenir un obstacle à l’action, il faut également être attentif à la qualité des données et privilégier la numérisation. Avec les réseaux sociaux, un chiffre erroné ou provenant d’une source peu fiable peut rapidement être repris et induire le public en erreur, vous avons d’ailleurs l’ambition d’organiser une journée d’information destinée aux journalistes sur les questions liées aux drogues et aux différents mandats de l’Onudc
Lorsqu’il n’existe pas de données exhaustives, des études ciblées sur échantillons peuvent permettre déjà d’avoir une idée sur une situation donnée.
L’Onudc dispose également d’une importante section de recherche et publie chaque année le Rapport mondial sur les drogues, qui fournit des données sur les tendances et le trafic.
Les nouvelles technologies peuvent-elles contribuer à améliorer la disponibilité des données ?
Oui. L’Institut national de santé publique développe actuellement un outil numérique pour centraliser les données relatives aux drogues. C’est une bonne initiative, car il faut pouvoir réunir les données des différents secteurs et ministères au sein d’un même système.
Les solutions existent. Il faut maintenant passer à l’action pour disposer de données fiables et de qualité, capables de nous permettre de concevoir des programmes qui répondent réellement aux besoins.
Quel message souhaitez-vous adresser aux parents pour mieux protéger leurs enfants ?
Les parents doivent être attentifs au comportement de leurs enfants, tout en restant bienveillants et proches d’eux. Il faut que l’adolescent puisse parler de ses problèmes et de ses difficultés sans avoir peur d’être jugé.
La famille doit être un environnement rassurant qui encourage l’enfant à s’exprimer, notamment à travers le sport, l’art ou les activités culturelles. Il faut l’aider à canaliser son énergie dans des activités positives.
Pour les parents dont les enfants rencontrent des difficultés, qu’il s’agisse d’addiction, de problèmes de comportement ou de violence, je conseille également de ne pas hésiter à consulter des spécialistes, car des solutions existent.
Il faut surtout éviter le jugement et une trop grande sévérité, qui peuvent être contre-productifs, notamment à l’adolescence. La clé, c’est la communication positive
Peut-on agir dans le domaine de la prévention malgré des moyens financiers limités ?
Absolument. Nous avons des initiatives qui ne nécessitent pas forcément des moyens importants. Les jeunes volontaires des Nations unies, par exemple, réalisent un travail remarquable dans ce domaine.
Nous avons également développé, avec le ministère de la Santé, un programme d’art-thérapie et de psychodrame dans les centres qui prennent en charge les personnes ayant des troubles liés à l’usage de drogues. Ces activités permettent à des personnes qui n’avaient parfois jamais pratiqué l’art de trouver un autre moyen d’expression et de se projeter différemment.
Je suis médecin spécialiste en médecine préventive. La prévention, c’est ma formation et c’est quelque chose à laquelle je crois profondément. Il ne suffit donc pas de dire que nous n’avons pas les moyens financiers pour ne rien faire. Quand on veut agir, on peut faire beaucoup de choses, même avec des moyens limités.
À court terme, quelles seront vos priorités pour la Tunisie ?
Pour les deux ou trois prochaines années, notre priorité sera avant tout de consolider les programmes existants et de poursuivre nos efforts de mobilisation de financements en faveur de la Tunisie, tout en demeurant pleinement à l’écoute de nos partenaires nationaux et de leurs priorités, ainsi que de nos partenaires financiers et de développement. Par ailleurs, la Tunisie dispose de domaines d’expertise reconnus, dans lesquels notre bureau pourrait jouer un rôle de facilitateur en favorisant l’échange d’expérience et d’expertise avec les pays de la région.



