Economie

Billet – Hydrocarbures – Perturbations : Faut-il s’attendre à des majorations de prix ?

  • 25 août 2026
  • 4 min de lecture
Billet – Hydrocarbures – Perturbations : Faut-il s’attendre à des majorations de prix ?

La Presse — Les prix des hydrocarbures actuellement pratiqués à la pompe en Tunisie n’ont pas bougé depuis le 24 octobre 2022, alors réajustés en raison d’une hausse vertigineuse des cours internationaux portés par la guerre en Ukraine. Le prix du baril Brent était alors aux alentours de 90 dollars avec des perspectives orientées à la hausse, soit pratiquement au même niveau qu’aujourd’hui : 94 dollars le baril à la clôture, vendredi 21 août 2026, avec des perspectives incertaines à court et moyen termes.

Entretemps, des fluctuations en dents de scie ont été enregistrées, notamment après le déclenchement de la guerre israélo-américaine contre l’Iran en juin 2025 et en février 2026, les cours ayant frôlé des seuils inquiétants allant au-delà des 120 dollars le baril, par moments. Certes, la Tunisie n’est pas directement concernée, ni par la guerre en Ukraine ni par celle en Iran.

Toutefois, en tant que pays importateur d’hydrocarbures, elle continue d’essuyer les revers financiers des fluctuations des prix qui en découlent, tout en gardant stables ses prix à la pompe, voilà maintenant près de 4 ans, contrairement à beaucoup d’autres pays où toute fluctuation est directement répercutée à la pompe…

En conséquence, c’est la balance des paiements qui absorbe tous les chocs extérieurs de sorte que le consommateur ne ressent  rien de ce qui se passe au-delà des frontières, sachant que la Tunisie n’est pas uniquement importatrice d’hydrocarbures. Elle en exporte certains dérivés, mais sa balance énergétique est structurellement déficitaire.

Au cours des 7 premiers mois de l’année en cours, le déficit énergétique s’est élevé à 7.946 millions de dinars (1 dollar = 2,9 dinars TN), soit plus de la moitié de l’ensemble du déficit commercial qui s’est élevé à 14.957 MD jusqu’en juillet dernier, selon les données mensuelles couvrant 7 mois, communiqués par l’INS.

Sur toute l’année 2025, le déficit de la balance énergétique était de 11.143,9 MD contre 10.869,5 MD en 2024, selon toujours les données officielles de l’INS. A observer la tendance et l’évolution de ces chiffres, force est de constater que la Tunisie n’a pas encore franchi des lignes insoutenables de quoi justifier un réajustement immédiat des prix à la consommation.

Toutefois, si l’on se réfère aux prévisions du budget et de la loi de finances de 2026 qui ont été tracées sur un cours moyen du baril hypothétique à 63 dollars, l’on constaterait que les autorités de tutelle n’ont que deux options pour ajuster les équilibres financiers et qui consisteraient soit de prévoir une loi de finances complémentaire pour inscrire la nouvelle réalité des prix, soit de procéder à une augmentation des prix à la pompe, une manœuvre qui ne serait pas sans conséquences sur d’autres prix à la consommation, puisque les coûts de l’énergie et des transports entrent en considération dans la composition de tous les autres produits et services…

Sur le terrain, la dernière humeur des transporteurs, jeudi 20 août, a provoqué une panique générale au niveau des stations-services à travers le pays, quoique le blocage de l’approvisionnement n’a duré que quelques heures, de quoi nourrir les craintes de nouvelles augmentations des prix, surtout suite à la majoration des prix de l’eau minérale, le 19 août. En tout cas, après un premier round de négociations voué à l’échec et des menaces de préavis de grève formulées par les transporteurs, les regards restent rivés sur le gouvernement, comment il va trancher ce dossier aussi épineux soit-il.

Auteur

Lassâad BEN AHMED

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