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L’extra-aéronautique : Une plus-value financière régulière

  • 26 août 2026
  • 5 min de lecture
L’extra-aéronautique : Une plus-value financière régulière

Le Président de la République affirme, régulièrement, le besoin du transporteur aérien national de se réformer et de se redresser pour qu’il puisse « voler de ses propres ailes » et redevenir, ainsi, « une fierté nationale », tout en rejetant, catégoriquement, toute possibilité de privatisation.

La décision d’engager tout un plan de sauvetage conforte un tel souci stratégique. Il s’agit de tout un programme ambitieux qui s’attaque aux différents maux chroniques de la compagnie : de la modernisation de l’infrastructure, à l’amélioration de l’opérationnalité de l’entreprise, en passant par la garantie d’un système de maintenance technique performant. On parle aussi d’une offre extra-aéronautique à forte valeur ajoutée, même si sa mise en œuvre s’annonce complexe.

La Presse — La restructuration du transporteur national reste une priorité stratégique pour pouvoir prétendre à un meilleur niveau de productivité

Certes, la compagnie a réussi à s’assurer certaines avancées encourageantes, notamment au niveau de la qualité de ses vols ou encore à celui de la ponctualité, la réduction de la fréquence des pannes techniques, l’amélioration de l’opérationnalité et donc une meilleure stabilisation des revenus.

Mais les enjeux restent trop importants, surtout avec un déficit assez conséquent à côté d’un endettement de l’ordre de 710 millions de dinars, selon les dernières statistiques.

Une situation, donc, délicate, qui suppose la diversification des pistes de rentabilité et de compétitivité.

A ce stade, l’instauration d’une véritable activité extra-aéronautique pourrait constituer une alternative sérieuse pour la création de nouvelles richesses.

Et lorsqu’on parle d’extra-aéronautique, on parle, bien évidemment, d’un complément de services et d’activités bien ciblés. On retrouve ainsi les restaurants accueillants, le transport avec ses différentes formes, les espaces commerciaux, les aires de jeux, une digitalisation performante et tous les accessoires capables d’améliorer l’attractivité.

On retrouve également les services d’encadrement et d’accompagnement, selon les marges horaires disponibles.

Toutes les expériences ont confirmé, justement, que ce créneau pourrait représenter un levier financier majeur de rééquilibrage économique, de diversification de l’offre disponible, d’amélioration de l’expérience client à travers une meilleure adaptation des services aux profils des clients  et de l’instauration d’une nouvelle identité.

Mieux servir l’attractivité

L’aéronautique a surtout cette capacité de créer une véritable dynamique financière à travers notamment une meilleure implication du secteur privé.

D’ailleurs, toutes les études d’impact confirment que ce créneau est incontournable quelle que soit la situation de la compagnie. L’extra-aéronautique assure des revenus stables, contraint les décideurs à engager régulièrement des travaux de modernisation et de rénovation des équipements et des espaces, ce qui influe positivement sur la qualité des services et améliore le niveau d’attractivité, et renforce la résilience de l’entreprise, notamment en cas de crise du trafic aérien, et la protège contre toutes éventuelles pertes financières.

Et toutes les statistiques disponibles soutiennent l’importance de la plus-value extra-aéronautique. En effet, au niveau des grandes compagnies, les recettes de cette composante dépassent les 50% des recettes globales. Autant d’arguments qui poussent notre secteur aéronautique à accélérer cette transition stratégique.

Certes, depuis quelque temps, l’Office de l’aviation civile et des aéroports, Oaca, parle de tout un programme assez consistant pour le développement de l’activité extra-aéronautique aux alentours de Tunis-Carthage. Il est question, selon les premières prévisions, de la construction de nouvelles zones commerciales, de plusieurs espaces d’affaires et de détentes modernisés et de l’optimisation des terrains environnant l’aéroport pour le lancement d’activités annexes.

Malheureusement,  on est, toujours, au point mort et les premiers contours de ce programme tardent à se dessiner. Un constat que les observateurs qualifient de perte de temps et d’argent à la fois inutile et lourd de conséquences.

Du côté de nos décideurs de l’aviation civile, ce stand-by se justifie par des choix stratégiques. Pour le moment, les efforts sont orientés vers le projet d’extension et de modernisation, qu’on estime prioritaire. Surtout que le coût budgétaire est très élevé avec plus de 3 milliards de dinars d’investissement. On pense, en parallèle, que ce projet d’extension est très complexe et nécessite, du coup, un travail progressif et minutieux pour que l’œuvre finale soit à la hauteur des objectifs visés. D’ailleurs, selon les projections, la période de réalisation pourrait aller jusqu’à 2031 !

Auteur

Anis SOUADI

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