Détroit d’Ormuz : Trafic maritime en chute de 85 % après six mois de guerre
Six mois après l’éclatement de la guerre au Moyen-Orient, le détroit d’Ormuz demeure quasi paralysé, avec une baisse d’environ 85 % du passage des navires transportant des marchandises essentielles, et près de six mille marins toujours bloqués dans le golfe arabique, dans l’une des plus graves crises maritimes mondiales depuis des décennies.
La Presse — Une analyse menée par l’Agence France Presse, dont les résultats ont été publiés hier, a montré que le trafic maritime est tombé à seulement dix traversées par jour, contre 95 en février dernier, après que l’Iran a déclaré le détroit d’Ormuz zone dangereuse contenant des mines marines.
Malgré une reprise temporaire après un mémorandum d’entente américano-iranien en juin dernier, qui avait porté la moyenne à 36 traversées quotidiennes, le rythme est retombé à 15 traversées durant la reprise des combats entre le 8 juillet et le 22 août.
L’AFP a indiqué dans son analyse que les navires empruntaient auparavant le couloir international central du détroit d’Ormuz avant le déclenchement de la guerre fin février, mais que la situation a radicalement changé, avec désormais des itinéraires séparés, dont un couloir nord longeant la côte iranienne, le seul utilisé par Téhéran. Il existe également un couloir sud entre la côte omanaise et des zones susceptibles d’être minées.
Durant la période de calme relatif entre le 17 juin et le 7 juillet derniers, neuf navires par jour ont emprunté le couloir iranien, huit le couloir omanais, tandis que d’autres ont traversé par des itinéraires non identifiés.
Selon la société spécialisée dans le suivi maritime Kpler, près des deux tiers des traversées sont devenues non identifiables depuis l’effondrement du cessez-le-feu, en raison de l’arrêt des dispositifs de suivi, du brouillage ou de l’absence d’images satellites.
De son côté, le Commandement central américain, Centcom, a annoncé lundi avoir dérouté 71 navires commerciaux et immobilisé trois autres, tandis que plus de 40 navires transportant de l’aide humanitaire ont été autorisés à passer.
Dans une publication sur la plateforme X, le Centcom a indiqué que « les forces du Commandement central américain ont dérouté 71 navires commerciaux, immobilisé trois autres et abordé deux navires près du détroit d’Ormuz », dans le cadre des efforts des États-Unis visant à imposer un blocus maritime à l’Iran.
Six mille marins bloqués
Parallèlement, l’Organisation maritime internationale a indiqué qu’environ six mille marins et près de cinq cents navires restent bloqués dans le golfe arabique depuis le début de la guerre, et que des discussions sont en cours pour sécuriser un corridor maritime sûr, dont l’issue dépend toutefois d’une réduction des tensions.
L’organisation avait lancé une initiative visant à évacuer plus de onze mille marins en juin dernier, avant qu’elle ne soit interrompue à la suite d’une attaque contre un navire.
Au cours des six derniers mois, au moins vingt marins et travailleurs ont été tués dans des incidents ou des attaques dans la région.
Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a annoncé lundi la mise en place d’un mécanisme opérationnel visant à réduire les risques, à soutenir un passage organisé et prévisible dans le détroit d’Ormuz, et à contribuer à rétablir la confiance nécessaire à la diplomatie et à la désescalade.
Guterres a précisé que le mécanisme, élaboré par l’équipe de travail chargée des besoins humanitaires liés au détroit d’Ormuz en coopération avec d’autres parties, se concentrera dans sa première phase sur les engrais et les matières premières associées, avec la possibilité d’étendre son champ à d’autres produits.
(Synthèse de médias)



