Sport

Le CA gagne grâce aux fulgurances individuelles : Le paradoxe clubiste

Avatar photo
  • 1 septembre 2026
  • 4 min de lecture
Le CA gagne grâce aux fulgurances individuelles : Le paradoxe clubiste

Le bilan comptable est idéal, mais le contenu technique très poussif de ces deux fins de match montre que le collectif clubiste est encore en plein rodage.

La Presse —Une victoire qui tarde à se dessiner et un sentiment de soulagement qui prédomine sur la satisfaction collective au coup de sifflet final, la sortie clubiste face à l’ESHS est quasiment, dans ses grandes lignes, un copier-coller de l’entrée en lice face à l’ESM, avec à nouveau le but de la délivrance qui intervient vers la 88’ de jeu. Succès précieux mais poussif, jusque-là, le Club Africain, version Kanzari, illustre parfaitement cette phrase, même si l’équipe peut bénéficier de certaines circonstances atténuantes en rapport avec les derniers flux sortants et entrants durant l’été. En rodage pour sa rentrée à Radès, le CA a cependant signé une victoire aussi improbable qu’émaillée d’obstacles face à un adversaire coriace, audacieux par moments et téméraire la plupart du temps. Sur ces deux premiers matchs de L1, le CA a donc balbutié son football les trois quarts du temps, avec un jeu décousu, hésitant, le tout sur fond d’incohérences épisodiques sous la pression adverse. Le champion sortant se cherche encore donc. Et si cela était encore acceptable hier, il va falloir à présent y remédier en développant son jeu de manière fluide lors de la double confrontation face aux Maliens de Djoliba, en C1, puis ensuite basculer à nouveau sur la L1 avec un court déplacement au Bardo pour y croiser le Stade Tunisien. Trois dates clés du calendrier clubiste qui ne manqueront donc pas de nous en apprendre davantage sur le réel niveau de l’équipe à Kanzari.

Scénario trompeur           

Revenons maintenant à la vérité du terrain et aux deux récentes productions clubistes. La manière s’est donc avérée particulièrement laborieuse à Métlaoui et à Radès avec un manque de panache durant les trois quarts des deux matchs, si ce n’est plus. Causes de ce réveil tardif mais payant cependant, pour ne pas trop accabler le staff technique et l’équipe tout court ? On peut parler de coaching d’urgence vers la fin, un scénario fréquent en football avec un entraîneur qui n’a plus rien à perdre. En lançant les Bouguerra, Chikhaoui et Khadhraoui, Kanzari a effectué des ajustements radicaux via l’entrée de profils de type impactant. Le saut de lignes, le pressing tout-terrain et l’attaque à outrance, ce fut risqué, mais payant à terme grâce à Zaddem et Zaâlouni en amont. Enfin, au final, le point positif pour ce CA-là, c’est en fin de compte le caractère. Le CA prend les points, et comptablement, c’est une excellente opération. En termes d’intensité sur les dix dernières minutes, de présence dans la surface, de prise de risque et d’agressivité sur le porteur, le CA y a cru vers la fin, même si au final, ce scénario est un cache-misère. En clair, on ne peut pas s’endormir pendant 80 minutes, subir le rythme de l’adversaire, manquer d’impact au milieu et attendre d’être au bord du précipice pour commencer à jouer ! Samedi dernier, c’est passé parce que l’adversaire a reculé et a paniqué vers la fin. Sauf que contre un cador, le match peut être plié à la mi-temps et le CA aura du mal à revenir. Bientôt, samedi prochain, c’est la Ligue des Champions qui est au menu. Et là, pour le haut niveau, il est question d’exigence, de la première à la dernière seconde de jeu… c’est bon Kanzari ? !

Avatar photo
Auteur

Khaled KHOUINI

You cannot copy content of this page