A la une Economie Société

Pénurie d’eau en Tunisie : et si chaque projet de construction devait prévoir un majel ou une fesqiya ?

  • 1 septembre 2026
  • 3 min de lecture
Pénurie d’eau en Tunisie : et si chaque projet de construction devait prévoir un majel ou une fesqiya ?

Face à la raréfaction des ressources en eau et aux effets persistants de la sécheresse, la Tunisie doit renforcer son recours au dessalement de l’eau de mer au cours des prochaines années. C’est ce qu’a estimé, ce mardi 1er septembre 2026, Saad Seddik, ingénieur général en génie rural et hydraulique et ancien ministre de l’Agriculture.

Intervenant sur la question de la gestion des ressources hydriques, Seddik a considéré le dessalement comme l’une des principales solutions permettant de faire face au déficit hydrique, appelant à consolider cette orientation dans les années à venir.

L’ancien ministre a également insisté sur la nécessité de rationaliser la consommation d’eau, aussi bien dans les usages domestiques que dans l’irrigation agricole. Il a notamment préconisé une révision de la carte agricole, avec une réduction des superficies consacrées aux cultures fortement consommatrices d’eau, telles que la pastèque et la tomate, particulièrement durant les périodes de sécheresse.

Miser sur les petites stations de dessalement

Pour répondre aux besoins les plus urgents, Saad Seddik a proposé de privilégier la réalisation de petites stations de dessalement, notamment dans les régions côtières. Leur principal avantage résiderait, selon lui, dans leur rapidité de réalisation et leur rendement.

Dans les régions intérieures, il a également appelé à poursuivre le forage de puits afin de sécuriser l’approvisionnement en eau et de répondre à l’évolution des besoins.

Parallèlement au dessalement, l’ancien ministre a plaidé pour le développement des infrastructures destinées à la collecte des eaux de pluie, notamment les majels et les fesqiyas.

Il a proposé que les permis de construire soient, à l’avenir, conditionnés à la réalisation de ces ouvrages, afin de favoriser la récupération des eaux pluviales et de limiter leur déperdition.

Sensibiliser dès l’école à l’économie de l’eau

Saad Seddik a également appelé à faire de la préservation de l’eau un élément permanent de l’éducation et de la sensibilisation.

Il préconise ainsi d’intégrer dans les programmes scolaires des contenus consacrés à la valeur de l’eau, à la nécessité de préserver cette ressource et à la rationalisation de sa consommation, afin d’ancrer dès le plus jeune âge des comportements responsables.

Concernant l’eau du robinet, l’ancien ministre a indiqué qu’elle fait l’objet d’analyses et de contrôles au niveau du réseau de distribution, tandis que des efforts sont déployés pour maintenir son taux de salinité à des niveaux acceptables.

Il a toutefois expliqué que l’augmentation de la salinité observée dans certaines régions est principalement liée à la surexploitation des nappes phréatiques.

À travers ces différentes pistes, Saad Seddik plaide ainsi pour une approche combinant dessalement, stockage des eaux pluviales, rationalisation de la consommation, adaptation de la production agricole et sensibilisation, afin de mieux faire face aux contraintes croissantes pesant sur les ressources hydriques du pays.

M.B

Auteur

M. B

You cannot copy content of this page