Culture

« Human being-Being human » de fatma charfi : Une œuvre qui place l’humain au centre

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  • 4 septembre 2026
  • 5 min de lecture
« Human being-Being human » de fatma charfi : Une œuvre qui place l’humain au centre

Deux lieux pour un même parcours, pensé comme une traversée de l’œuvre singulière de Fatma Charfi, depuis ses installations pionnières du début des années 1990 jusqu’aux travaux réalisés peu avant sa disparition.

La Presse — Du 12 septembre au 25 octobre 2026, la Galerie Aïcha Gorgi et Blue Wind Project réunissent leurs espaces à Sidi Bou Saïd autour d’une exposition consacrée à Fatma Charfi. Commissariée par Beya Othmani, cette exposition propose une traversée de près de trois décennies de création, entre installations, performances et réflexion sur la condition humaine.

Il y a, dans l’œuvre de Fatma Charfi, une attention constante portée à l’humain. À son existence, à ses fragilités, aux conditions qui façonnent sa vie, mais aussi à sa capacité à entrer en relation, à participer et à agir collectivement. C’est cette dimension profondément humaine que Human being-Being human entend aujourd’hui remettre en lumière.

À l’initiative d’une collaboration entre la Galerie Aïcha Gorgi et Blue Wind Project, l’exposition se déploie exceptionnellement dans les deux espaces partenaires de Sidi Bou Saïd. Deux lieux pour un même parcours, pensé comme une traversée de l’œuvre singulière de Fatma Charfi, depuis ses installations pionnières du début des années 1990 jusqu’aux travaux réalisés peu avant sa disparition.

L’exposition rassemble des œuvres issues de près de trois décennies de pratique artistique. Elle permet de mesurer la cohérence d’une démarche qui a régulièrement fait de l’installation bien davantage qu’un simple médium : une manière de penser l’art, de construire des situations et d’impliquer le regardeur.

Chez Fatma Charfi, l’œuvre ne se donne pas toujours comme un objet à contempler à distance. Elle sollicite l’espace, le corps, le regard et parfois la participation. Installation, performance, photographie, vidéo: les formes se croisent et se répondent au service d’une réflexion qui reste profondément attachée à l’expérience humaine.

Le titre Human being-Being human, emprunté à l’une des œuvres de l’artiste, porte en lui cette ambivalence. L’expression renvoie à la fois à l’être humain comme individu et à l’action d’« être humain », comme une manière d’être au monde, d’entrer en relation avec les autres et d’assumer une responsabilité collective.

Cette double dimension traverse l’ensemble du travail de Fatma Charfi : observer les êtres humains et les réalités qui déterminent leurs existences, mais aussi provoquer la participation, le soin, l’attention à l’autre et l’action commune.

Cette approche structure l’exposition en deux mouvements.

À la Galerie Aïcha Gorgi, le premier volet réunit des installations nées de l’observation du monde. L’artiste y interroge les comportements humains, les rapports de pouvoir, les fragilités et les contradictions qui traversent nos sociétés. L’installation devient alors un espace de questionnement, mais aussi une manière de déplacer notre regard.

Le second volet, présenté à Blue Wind Project, s’intéresse davantage à la dimension performative de son travail. Il rassemble notamment Cry of a Child (2002-2009), une œuvre qui ouvre la voie à son projet de performance au long cours Laboratoire de paix (2002-2014). Avec ces œuvres, le spectateur n’est plus seulement face à une création : il est placé dans une relation. Le corps, la présence et l’action deviennent des éléments constitutifs de l’œuvre. La pratique artistique de Charfi s’élargit ainsi vers une expérience collective où l’art peut devenir un espace de rencontre, de dialogue et de prise de conscience.

C’est sans doute là que réside l’une des forces de cette exposition : dans la possibilité de relire aujourd’hui une œuvre dont les préoccupations n’ont rien perdu de leur actualité.

Que signifie être humain ? Comment regarder l’autre ? Comment vivre ensemble ? Et quelle place l’art peut-il encore occuper dans cette relation aux autres et au monde ?

Ces interrogations, présentes en filigrane dans le travail de Fatma Charfi, prennent ici une nouvelle résonance. Human being-Being human ne cherche pas seulement à présenter une succession d’œuvres. L’exposition propose une lecture d’un parcours artistique où l’installation et la performance deviennent les moyens d’une réflexion sur l’individu, la collectivité et les liens qui les unissent.

En réunissant ces œuvres dans deux espaces, la Galerie Aïcha Gorgi et Blue Wind Project offrent ainsi l’occasion de redécouvrir une artiste dont la pratique demeure étonnamment actuelle. Une œuvre qui observe, interpelle et implique, et qui rappelle, avec une certaine urgence, que l’art peut aussi être une manière d’être avec les autres.

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Auteur

Asma DRISSI

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