Dans une tentative de rassurer les citoyens sur la sécurité sanitaire de l’eau du robinet, la Société Nationale d’Exploitation et de Distribution des Eaux (SONEDE) a récemment mis en ligne une capsule vidéo tournée au sein du complexe de Ghdir El Golla. L’intention de départ était louable puisqu’il est question de rappeler au grand public que l’eau produite, qu’elle provienne de barrages, de nappes souterraines ou du dessalement, suit un protocole de traitement rigoureux jusqu’à l’étape finale de désinfection. Seulement voilà, si l’intention était bonne, le résultat à l’écran frôle la catastrophe.
Du cadrage aux choix visuels, le constat est sans appel. La forme a complètement étouffé le fond. On se retrouve face à un éclairage blafard qui ternit les lieux au lieu d’en valoriser l’infrastructure, une image terne digne d’un caméscope des années 90, et un texte récité d’une voix monotone sans la moindre fibre pédagogique. Plutôt que d’inspirer la maîtrise technique et la transparence, cette capsule renvoie une image de vétusté et d’amateurisme déconcertante pour un établissement d’État de cette envergure. Un travail fait à la hâte rien de plus.
Une question s’impose alors naturellement : comment une telle prestation a-t-elle pu être validée et publiée ? Au moment où notre pays regorge de jeunes talents brillants dans le domaine du numérique, de la réalisation, du design, on continue d’assister à la diffusion de contenus d’un autre temps. S’agit-il d’une lourdeur bureaucratique qui asphyxie toute forme de créativité ? D’un budget dilapidé au profit de prestataires peu scrupuleux ? Ou tout simplement du reflet d’un secteur public perçu comme une foire d’empoigne où le nivellement par le bas devient la règle ?
À l’ère du tout-image, la communication d’une institution publique ne peut plus être traitée comme une simple formalité administrative. Rassurer le citoyen, c’est aussi respecter son intelligence et lui proposer des contenus à la hauteur des enjeux nationaux.
En attendant que la SONEDE prenne la mesure de ce rendez-vous manqué, la vidéo continue d’alimenter les railleries sur les réseaux sociaux. Il est urgent de temporiser cet amateurisme et de revoir les méthodes car la communication publique est un métier, pas une improvisation.



