Sécurité hydraulique : optimiser la gestion des ressources hydriques
Le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Ezzeddine Ben Cheikh a souligné la nécessité d’intensifier la gouvernance des ressources en eau, d’optimiser leur gestion et d’accélérer les réformes face au changement climatique, à la sécheresse persistante et à la hausse de la demande.
Cette intervention a eu lieu ce vendredi lors de l’ouverture de l’atelier national dédié au « Rapport national du secteur de l’eau pour l’année 2025 », présidé en présence du secrétaire d’État chargé de l’Eau, Hammadi Hbib, ainsi que de nombreux experts, chercheurs et partenaires techniques et financiers.
Enjeux et défis structurels
Qualifiant l’eau de levier stratégique pour la sécurité alimentaire et le développement socio-économique, le ministre a détaillé les principaux obstacles auxquels le secteur fait face. Il a notamment pointé du doigt la surexploitation des nappes phréatiques, la pollution des ressources, la faible valorisation de l’eau dans le secteur agricole, la sous-utilisation des eaux usées traitées ainsi que l’impact de la hausse des coûts énergétiques.
Pour y faire face, le ministère préconise d’accélérer les réformes législatives et institutionnelles, de diversifier les sources d’approvisionnement, de soutenir l’agriculture pluviale et de développer l’usage des ressources non conventionnelles. Plusieurs projets stratégiques sont déjà engagés, notamment l’étude prospective sur l’eau à l’horizon 2050, le transfert des excédents d’eau du Nord vers le Centre, et l’élaboration du plan directeur national pour la réutilisation des eaux traitées.
Vers une réutilisation accrue des eaux usées
Le « Rapport national du secteur de l’eau pour l’année 2025 », élaboré par le Bureau de la planification et des équilibres hydrauliques, constitue désormais le document de référence pour diagnostiquer la situation du secteur et orienter la prise de décision.
De son côté, le secrétaire d’État Hammadi Hbib a insisté sur l’urgence de doubler les efforts pour valoriser les eaux usées traitées, fixant un objectif de réutilisation de 70 % à l’horizon 2050 afin de rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande. Il a également salué les progrès enregistrés, soulignant que le taux d’équipement en systèmes d’économie d’eau d’irrigation a atteint 97,4 % et que la part des énergies renouvelables dans les installations hydrauliques s’élève désormais à 12 %. Il a toutefois appelé à intensifier les travaux de mobilisation des eaux de surface et d’aménagement des périmètres irrigués afin de consolider la sécurité hydrique du pays d’ici 2035.



