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Cash : 30,2 milliards de dinars circulent désormais en Tunisie

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  • 7 septembre 2026
  • 4 min de lecture
Cash : 30,2 milliards de dinars circulent désormais en Tunisie

La valeur des billets et pièces en circulation en Tunisie a atteint 30,2 milliards de dinars au 3 septembre 2026, contre 25,9 milliards de dinars à la même période de 2025, enregistrant ainsi une progression de 16 %. Pour le professeur de droit bancaire Mohamed Nakhili, cette évolution illustre la persistance du recours aux espèces dans l’économie tunisienne, malgré le développement des moyens de paiement numériques.

Intervenant lundi 7 septembre 2026 sur Express FM, Mohamed Nakhili a précisé que la valeur du cash en circulation avait récemment dépassé le seuil des 30 milliards de dinars, avec une augmentation de plus de 200 millions de dinars en l’espace de quelques jours.

Selon lui, cette progression s’explique notamment par les changements législatifs concernant la détention et l’utilisation des espèces, ainsi que par les effets de la nouvelle réglementation relative aux chèques.

Le recul des chèques favorise le recours au cash

Mohamed Nakhili estime que la baisse du recours aux chèques, traditionnellement utilisés comme moyen de garantie ou pour effectuer des paiements différés, a conduit une partie des opérateurs à se tourner davantage vers les espèces.

Les données évoquées par l’expert montrent que le nombre de chèques a diminué de 10,7 % au cours du premier semestre 2026, tandis que leur valeur a reculé de 12,5 % sur un an.

Parallèlement, le paiement par téléphone mobile connaît une progression significative. Il a enregistré une hausse de 81 % en 2025. Cette croissance reste toutefois insuffisante, selon Mohamed Nakhili, pour faire du paiement mobile une véritable alternative au cash.

Les banques restent solides, mais les crédits progressent peu

Sur le front bancaire, Mohamed Nakhili considère que les indicateurs de solidité financière des banques tunisiennes demeurent globalement positifs. Cette situation ne se traduit cependant pas par une progression équivalente du financement de l’économie réelle.

Les crédits n’ont ainsi progressé que de 1,1 % sur un an, tandis que le taux des créances douteuses et des actifs non performants atteint 15,5 %.

Cette situation conduit les banques à adopter une attitude plus prudente en matière d’octroi de crédits et à réclamer davantage de garanties aux demandeurs de financement.

Pour Mohamed Nakhili, la progression du cash ne peut être combattue uniquement à travers l’instauration de nouvelles restrictions.

Il préconise plutôt une réforme législative et fiscale globale visant à favoriser l’intégration de l’économie informelle dans le circuit économique officiel.

Dans ce cadre, il propose notamment de mettre en place des incitations fiscales, particulièrement dans les régions frontalières, afin d’encourager les acteurs de l’économie informelle à intégrer le secteur formel. Il appelle également à réformer l’administration fiscale et à renforcer l’équité fiscale.

Le paiement mobile appelé à jouer un rôle central

Le développement des moyens de paiement numériques constitue également, selon lui, un levier essentiel pour réduire progressivement la dépendance aux espèces.

Mohamed Nakhili insiste notamment sur la nécessité de rendre les services de paiement mobile moins coûteux, plus accessibles et plus simples à utiliser, notamment pour les citoyens, les agriculteurs, les artisans et les petites entreprises.

Il souligne toutefois que la hausse du cash ne signifie pas pour autant un retrait de l’économie formelle du système bancaire. La progression des virements de montants importants entre entreprises témoigne, selon lui, du maintien d’un recours important aux banques dans le secteur formel.

Le recours aux espèces reste, en revanche, particulièrement concentré chez les particuliers et dans le secteur informel.

À terme, Mohamed Nakhili estime que l’évolution des transactions financières en Tunisie dépendra de la capacité de l’État et du secteur bancaire à engager plusieurs réformes simultanément : adaptation du cadre législatif, renforcement de l’inclusion financière, baisse du coût des services bancaires et accélération de la transition vers les paiements numériques.

L’objectif serait de réduire progressivement la place du cash tout en favorisant la réintégration d’une part plus importante des liquidités dans le circuit économique formel.

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Auteur

Meriem KHDIMALLAH

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