Poursuivre sur la bonne trajectoire
LES dernières statistiques de la Banque centrale de Tunisie (BCT) tout comme celles du ministère de tutelle, confirment que le tourisme tunisien a, encore une fois, réussi à bien résister, avec l’arrivée de plus de 5,8 millions de visiteurs durant les 7 premiers mois de 2026, soit une légère hausse de 2,6% par rapport à la même période de 2025.
De leur côté, les recettes ont maintenu un comportement positif avec plus de 5,52 milliards de dinars au 31 août 2026, et une moyenne de progression de 4,5%, rapporte la BCT.
Certes, ces indicateurs sont bons à prendre, surtout si l’on tient compte de la complexité de la conjoncture internationale, mais ils sont, en même temps, décevants quelque part.
On dirait que notre secteur n’arrive toujours pas à se maintenir sur une courbe cohérente, faute, certainement, d’une planification sérieuse, ce qui justifie une offre toujours peu diversifiée et donc à faible valeur ajoutée, malgré quelques efforts par-ci par-là.
D’ailleurs, l’écart significatif avec nos concurrents directs, le Maroc et l’Egypte, en premier lieu, conforte un tel diagnostic.
Notre tourisme est, donc, incapable, du moins pour le moment, et comme on l’a déjà soutenu, de s’offrir un produit personnalisé et de s’accorder un référentiel bien particulier, faute d’authenticité et d’attractivité. Un constat totalement paradoxal, car le tourisme tunisien recèle un potentiel exceptionnel qui lui permettrait de faire du pays une destination d’excellence. Il lui suffit, seulement, d’identifier les outils de valorisation indispensables.
Par ailleurs, c’est navrant de le dire : ce secteur stratégique n’a pas réussi, comme on l’avait espéré, à tirer profit de la complexité du contexte géopolitique régional et, surtout, du conflit au Moyen-Orient, pour en faire, ainsi, une belle opportunité d’attirer les touristes vers notre pays. Pourtant, le terrain était bien favorable, notamment après le classement de la Tunisie par les différentes instances régionales et internationales parmi les pays les plus sûrs et les plus sécurisés.
Et ce sont, malheureusement, les mêmes raisons qui se retrouvent à l’origine. Justement, en plus de la question de l’attractivité de l’offre nationale, notre diplomatie économique n’a pas pu trouver les méthodes adéquates pour reconquérir une clientèle toute prête. Un beau gâchis, surtout qu’on parle d’un potentiel d’environ 100 millions de touristes (voir La Presse du 23 mars 2026). Un tel échec doit servir de leçon pour l’avenir. Notre diplomatie économique doit se remettre en cause et trouver les moyens nécessaires pour bien accompagner les choix nationaux.
N’oublions pas que le Chef de l’Etat ne cesse de rappeler, à chaque fois, que nos représentants à l’étranger doivent constituer « un levier puissant de promotion et d’internationalisation ». Ils sont tenus, justement, par le devoir « de servir les intérêts stratégiques de la Nation avant toute autre considération ». Il est question, de toute évidence, de savoir maintenir la bonne trajectoire.



