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PISA : un miroir éducatif mondial dont la Tunisie s’est privée

  • 9 septembre 2026
  • 4 min de lecture
PISA : un miroir éducatif mondial dont la Tunisie s’est privée

Les résultats du dernier cycle PISA ont ravivé en France un débat passionné sur l’état de l’école et la qualité des apprentissages. L’enquête, pilotée par l’OCDE, est devenue un instrument incontournable pour mesurer la performance des systèmes scolaires à l’échelle internationale.

Qu’est-ce que le PISA ?

Le Program for International Student Assessment (PISA) évalue tous les trois ans les compétences des élèves de 15 ans en lecture, mathématiques et sciences. Son objectif est clair : mesurer la capacité des jeunes à mobiliser leurs savoirs dans des situations concrètes, au-delà des programmes scolaires.

En 2025, plus de 90 pays et économies ont pris part à l’enquête, allant des membres de l’OCDE (France, Allemagne, Japon, États-Unis) aux pays partenaires (Brésil, Chine, Maroc, Égypte, Jordanie, Qatar). Cette diversité fait de PISA un véritable baromètre mondial de l’éducation.

Les retombées positives

Participer au PISA, c’est disposer d’un outil de comparaison unique. Les résultats permettent aux pays de situer leur système éducatif face aux standards internationaux, d’identifier les failles et de cibler les réformes. Plusieurs États, comme le Brésil ou certains membres de l’Union européenne, s’appuient directement sur ces données pour ajuster leurs politiques scolaires. L’enquête met aussi en lumière les inégalités sociales et territoriales, offrant aux gouvernements des pistes pour renforcer l’équité. Enfin, elle favorise un échange de pratiques entre nations, donnant aux moins performants la possibilité de s’inspirer des modèles les plus efficaces.

La Tunisie, absente depuis 2015

La Tunisie a participé pour la dernière fois en 2015, avec des résultats en deçà de la moyenne internationale. Depuis, elle s’est retirée, invoquant des contraintes financières et logistiques, ainsi que des difficultés d’adaptation aux nouvelles méthodes numériques de l’enquête.

En se retirant du PISA, la Tunisie s’est privée d’un diagnostic régulier sur le niveau de ses élèves. Elle ne peut plus comparer ses performances à celles de ses voisins, comme le Maroc ou la Jordanie, qui continuent de participer. Cette absence prive aussi le pays d’un instrument de transparence et de crédibilité auprès des partenaires internationaux. Plus encore, elle limite la capacité des décideurs tunisiens à orienter leurs réformes éducatives sur la base de données fiables et actualisées. Dans un contexte où l’éducation est un enjeu majeur de développement, cette défection apparaît comme une perte stratégique.

Tunisie : l’urgence d’un retour au PISA

La Tunisie ne peut plus se permettre de rester en marge des grandes évaluations internationales. Pendant que ses voisins mesurent leurs progrès et ajustent leurs réformes, elle navigue à vue, sans données comparatives, sans repères internationaux. Le retrait, justifié à l’époque par des contraintes financières et logistiques, s’est transformé en une perte stratégique. Car PISA n’est pas une simple enquête : c’est un miroir mondial qui révèle les forces et les faiblesses des systèmes scolaires, et qui permet aux nations d’apprendre les unes des autres.

Aujourd’hui, alors que l’éducation est au cœur des défis économiques et sociaux, le silence tunisien devient préoccupant. Les décideurs doivent comprendre que l’absence de la Tunisie du PISA n’est pas neutre : elle affaiblit la capacité du pays à convaincre ses partenaires, à mobiliser ses enseignants et à préparer ses élèves aux exigences du monde contemporain.

Il est temps d’agir. Rejoindre à nouveau le PISA, c’est accepter de se confronter aux réalités, d’assumer les résultats, et surtout de donner à l’école tunisienne les moyens de progresser. L’urgence est là : sans données, il n’y a pas de réforme crédible.

Refuser le PISA, c’est refuser de voir la vérité en face ; y revenir, c’est donner à l’école tunisienne une chance de se réinventer.

M.B.

Auteur

M. B

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