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Indice mondial d’attractivité 2026 : la Tunisie gagne 12 places

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  • 11 septembre 2026
  • 7 min de lecture
Indice mondial d’attractivité 2026 : la Tunisie gagne 12 places

La Tunisie occupe la 105e place mondiale sur 146 pays dans l’édition 2026 du Global Attractiveness Index (GAI), avec un score de 22,8 points. Le pays progresse toutefois nettement par rapport à l’édition précédente, où il était classé 117e avec 17,1 points.

À l’échelle maghrébine, la Tunisie reste cependant distancée par le Maroc et l’Algérie, tous deux classés 85e avec un score de 28,6 points. La Mauritanie se situe, quant à elle, à la 131e place avec 15,4 points.

Élaboré par The European House – Ambrosetti/TEHA Group, le GAI vise à mesurer la capacité des pays à attirer et retenir les ressources, les investissements, les entreprises et les talents, tout en évaluant leur capacité à maintenir cette attractivité dans la durée. La méthodologie repose sur un ensemble d’indicateurs statistiques couvrant notamment l’ouverture, l’innovation, l’efficacité, les ressources disponibles, la résilience, la vulnérabilité et les perspectives futures. L’indice fait l’objet d’un audit statistique annuel du Joint Research Centre de la Commission européenne.

Les États-Unis toujours au sommet, la Chine se rapproche

Les États-Unis conservent leur première place mondiale avec un score de 100 points, devant la Chine, deuxième avec 93,1 points. La Chine confirme ainsi sa progression : son score passe de 89,8 à 93,1 points, tout en conservant sa deuxième position. Singapour complète le podium avec 85,1 points, devant l’Allemagne (82,7 points) et le Royaume-Uni (79,1 points).

Le classement confirme ainsi le poids des grandes puissances économiques et des économies fortement ouvertes et intégrées aux échanges internationaux.

Le GAI ne se limite pas à mesurer les investissements étrangers reçus par un pays. Il cherche à établir une photographie plus large de son environnement économique et de sa capacité à rester compétitif.

La première grande dimension, celle du positionnement ou de l’attractivité, repose sur quatre piliers : l’ouverture, l’innovation, l’efficacité et les dotations.

L’ouverture prend notamment en compte les flux d’investissements directs étrangers, les échanges commerciaux, le tourisme, les étudiants étrangers, les migrations et la diversification des importations.

L’innovation intègre, entre autres, l’emploi dans les secteurs de haute technologie, les exportations de produits high-tech, le niveau technologique, les publications scientifiques et l’utilisation d’internet.

L’efficacité tient compte notamment du chômage, de la connectivité maritime, de la productivité, de l’efficacité gouvernementale, de l’État de droit et de la fiscalité des entreprises.

Enfin, les dotations prennent en considération le poids économique du pays, le revenu national par habitant, l’investissement, l’équilibre énergétique, le nombre de diplômés et les performances éducatives.

À cette première dimension s’ajoutent des indicateurs de durabilité, notamment la résilience, la vulnérabilité et la transition écologique, ainsi qu’une dimension consacrée à l’orientation future.

Cette architecture méthodologique permet au GAI de dépasser une simple photographie des flux d’investissements et d’évaluer également la capacité d’un pays à conserver son attractivité dans le temps.

Tunisie : une forte progression, mais un rang mondial encore faible

La donnée la plus intéressante pour la Tunisie réside dans l’évolution entre les deux éditions. Le pays passe de la 117e place en 2025 à la 105e en 2026, soit un gain de 12 places. Son score progresse parallèlement de 17,1 à 22,8 points, soit une hausse de 5,7 points.

Cette amélioration mérite d’être soulignée, même si elle ne permet pas encore à la Tunisie de sortir de la partie basse du classement mondial.

Le tableau 2026 lui attribue par ailleurs des positions très différentes selon les dimensions analysées : Dynamisme : 103e, Durabilité : 87e, Orientation future : 104e, Classement global : 105e.

Cette ventilation montre que la position globale du pays masque des performances différentes selon les facteurs étudiés. La Tunisie fait notamment mieux sur la dimension de durabilité, où elle se classe 87e, que sur son orientation future ou son dynamisme.

La comparaison avec les voisins maghrébins met en évidence un écart encore important. Le Maroc se classe 84e mondial, avec 28,7 points, soit un gain de quatre places par rapport à 2025, où il occupait la 88e position. L’Algérie arrive à la 85e place, avec 28,6 points, contre la 89e place en 2025.

La Tunisie, avec ses 22,8 points, se situe donc 20 places derrière le Maroc et 20 places derrière l’Algérie. La Mauritanie, autre pays du Maghreb, occupe la 131e position avec 15,4 points, malgré une progression importante puisqu’elle était 139e en 2025.

La Tunisie conserve donc un retard significatif sur ses deux principaux concurrents régionaux, même si son amélioration entre 2025 et 2026 est, en termes de places gagnées, plus importante que celle du Maroc et de l’Algérie.

Une Tunisie mieux positionnée que plusieurs économies africaines

Le classement permet également de relativiser la 105e place tunisienne lorsqu’elle est replacée dans le contexte africain.

La Tunisie se situe notamment derrière Maurice (83e), le Maroc (84e), l’Algérie (85e) et l’Égypte (88e). Mais elle devance également plusieurs économies africaines importantes : Ghana (106e), Nigeria (110e), Côte d’Ivoire (115e), Kenya (116e), Sénégal (90e) ou Afrique du Sud (94e).

Le classement montre donc une Afrique très hétérogène en matière d’attractivité, avec des trajectoires parfois très différentes.

À titre d’exemple, le Botswana progresse fortement, passant de la 114e à la 95e place. Le Sénégal gagne également sept places, de la 97e à la 90e. À l’inverse, l’Afrique du Sud recule de la 91e à la 94e place.

Dans le monde arabe, l’écart est beaucoup plus marqué. Les Émirats arabes unis occupent la 7e place mondiale avec 72,3 points, devant le Qatar, 26e avec 53,7 points, et l’Arabie saoudite, 27e avec 53,1 points. Le Koweït se classe 29e, Bahreïn 34e et Oman 54e. La Tunisie, 105e, se trouve donc très loin des principaux pôles arabes d’attractivité.

Mais là encore, les résultats doivent être replacés dans leur contexte : les économies du Golfe disposent de ressources financières et énergétiques, de niveaux de revenus et de capacités d’investissement qui ne sont pas comparables à ceux de la Tunisie.

La comparaison est néanmoins révélatrice de l’intensité de la concurrence pour attirer les investissements internationaux, les compétences et les activités à forte valeur ajoutée.

Les cinq pays les moins attractifs

À l’autre extrémité du classement, Haïti occupe la dernière position avec seulement 1 point. Le pays est précédé par le Yémen (145e ; 3,8 points), le Burundi (144e ; 8,2 points), le Malawi (143e ; 8,9 points) et le Liberia (142e ; 9 points).

Le bas du classement est donc fortement marqué par des économies confrontées à des problèmes de stabilité, de développement humain, de vulnérabilité économique ou encore d’infrastructures.

Ceci pour dire que la 105e place de la Tunisie ne signifie toutefois pas que le pays est dépourvu d’atouts économiques. Sa position géographique au cœur de la Méditerranée, sa proximité avec l’Europe, son tissu industriel, son capital humain et son expérience dans plusieurs secteurs exportateurs constituent des avantages structurels. Le véritable enjeu est désormais de transformer ces atouts en avantages compétitifs durables.

C’est précisément là que les critères du GAI prennent toute leur importance. L’attractivité ne dépend pas seulement de la disponibilité d’une main-d’œuvre ou de la proximité d’un grand marché. Elle dépend également de la capacité à offrir un environnement suffisamment ouvert, innovant, efficace et prévisible pour retenir les entreprises existantes et en attirer de nouvelles.

Dans le cas tunisien, le défi consiste notamment à améliorer la capacité d’attraction des investissements à forte valeur ajoutée, à renforcer l’innovation et les secteurs technologiques, à améliorer l’efficacité institutionnelle et à mieux valoriser le capital humain.

Et le gain de 12 places en une seule année constitue indéniablement un signal positif pour la Tunisie. Mais cette progression ne doit pas masquer l’autre enseignement du classement : la Tunisie reste encore loin des principaux pôles mondiaux et derrière le Maroc et l’Algérie.

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Auteur

Meriem KHDIMALLAH

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