Rentrée scolaire et universitaire 2026-2027 : Priorité aux rapports humains !
Selon les derniers pointages en date du 11 septembre, 2.100.000 élèves se sont inscrits à distance grâce à la plateforme du ministère de l’Éducation, soit 100 % des effectifs attendus.
Cette effervescence habituelle en de telles périodes n’a pas manqué de nous rappeler qu’il s’agit d’un événement de très grande importance en rapport avec la dynamique économique qu’il entraîne dans son sillage.
On ne va pas s’attarder sur ses retombées commerciales et son impact sur les familles. Tout le monde a, sûrement, sa petite idée sur les dépenses à pareille occasion.
En revanche, il est utile de souligner les autres aspects de l’arrivée massive de tels effectifs sur la scène.
La Presse — Notons qu’en plus de ces 2.1 millions d’élèves on compte plus de 270.000 étudiants appartenant au secteur public auxquels il faudra ajouter, au moins,170 à 180.000 autres élèves et étudiants évoluant dans le secteur privé.
Infrastructure et personnels administratifs
Pour accueillir tout ce monde, le ministère de l’Éducation à mis à disposition plus de 6.000 établissements dont 23 nouvelles créations.
Environ 160.000 enseignants encadreront les élèves en plus des autres personnels d’encadrement et d’accompagnement.
Le ministère de l’Éducation a affirmé, à plusieurs reprises, qu’il avait dirigé d’importants équipements (environ 100.000 tables, des sièges, des tableaux ainsi que divers meubles, ordinateurs et autres accessoires informatiques) vers les établissements qui en ont besoin..
Dans l’enseignement supérieur, les étudiants qui n’ont pas encore regagné le campus, le seront au complet au plus tard le 14 septembre. 209 établissements d’enseignement public sont prêts à les accueillir ainsi que près de 25.000 enseignants. Ce sont les universités de Sfax et de Tunis El Manar qui comptent le plus grand nombre d’enseignants avec plus de 3.600 chacune. Quant aux autres ressources humaines, on en compte environ 10.000.
A vrai dire, les Tunisiens n’ignorent pas ces données. Ils appréhendent, toutefois, les difficultés qu’ils ne cessent de surmonter. Notamment lorsqu’il s’agit des rapports avec l’administration.
Aussi bien dans le premier degré que le second degré de l’enseignement de base ou l’enseignement secondaire ainsi que l’enseignement supérieur, c’est le même grief qui se répète.
Le personnel administratif qui se trouve dans ces établissements n’est, quasiment, jamais à l’écoute des parents ou des élèves ou des étudiants. Il y a des bureaux partout mais il n’y a aucun interlocuteur. C’est à croire que personne n’est habilité à apporter une réponse à la demande de ceux qui la sollicitent.
En un mot, le personnel qui évolue dans les espaces scolaire ou universitaire n’est d’aucune utilité pour les élèves ou les étudiants. Lorsque quelqu’un a besoin d’une information il n’y a aucun vis-à-vis à qui s’adresser. Spécialement si l’élève ou l’étudiant est nouveau.
D’où la nécessité de repenser ce cadre ambiant pour en faire un cadre attractif et bienveillant.
Au niveau de l’enseignement supérieur, la situation est plus complexe. Les contraintes auxquelles sont confrontés la plupart des étudiants pèsent lourdement sur le parcours universitaire. Parfois, l’issue est déplorable en raison des nombreux blocages (bourse, hébergement, transport, etc. ). Dans des cas pareils, l’abandon des études constitue un dernier recours.
Un nouveau rôle pour l’école ?
En parallèle, il serait plus intéressant de revoir les rapports entre les apprenants, d’un côté, et les différents personnels d’encadrement et les enseignants de l’autre. Ces rapports ont, nécessairement, besoin d’évoluer vers une plus grande flexibilité. Ils ne sont pas condamnés à rester conflictuels. Ce qui est, majoritairement, le cas.
Aussi est-il important de recycler et de former un personnel adéquat pour maintenir des relations humaines au sein de la communauté éducative. Car, à bien y voir, il n’y a pas de communauté bien en phase mais une multitude d’individus évoluant dans l’anonymat le plus absolu.
À titre d’exemple, le règlement intérieur délivré aux apprenants n’est pas qu’un simple document à signer. C’est un contrat à respecter aussi bien par l’élève que les parents ou les autres personnels des établissements d’enseignement.
Il est temps de le rappeler.
D”autre part, il est, toujours, judicieux aussi de rappeler aux souvenirs des uns et des autres les vertus de la discipline.
En effet, il ne s’agit là que de signaler des évidences qui, malheureusement, ont été oubliées.
Ce n’est pas à nous de demander à l’école de restaurer ces valeurs. Ce n’est pas son rôle. L’école ne peut pas remplacer la famille ou les différentes composantes de la société. Elle fait partie d’un ensemble qui se tient. On ne peut pas la charger d’éduquer, d’informer, de former, etc.
C’est justement l’un des objectifs à préciser dans le futur cadre d’une réforme du système éducatif. Le ballon, aujourd’hui, est donc dans le camp du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement (Csee).
Ce dernier, comme chacun sait, a été activé le 14 août dernier avec la désignation officielle des membres qui le composent suite au décret paru dans le Jort.



