Aucune donnée actualisée sur le site du ministère de l’Éducation depuis plus d’un an, et un dialogue réduit à des rencontres sans réel pouvoir décisionnel : c’est le constat dressé par Mohamed Sami, président du Syndicat national des établissements d’enseignement privé, ce mardi sur Jawhara FM.
Le secteur pèse pourtant lourd. Sur les deux millions 341 000 élèves que compte la Tunisie, 10 % sont scolarisés dans le privé, au sein d’environ 1252 établissements, primaires, collèges et lycées confondus, selon les statistiques de 2023 citées par le syndicaliste.
Mohamed Sami dénonce en priorité l’absence de mise à jour des données ministérielles et le manque de coordination directe entre le ministère et les structures syndicales du secteur. Les échanges, selon lui, se limitent à des rencontres ponctuelles avec les délégués régionaux de l’Éducation, de simples exécutants sans pouvoir de décision.
Autre point soulevé : l’écart vertigineux des tarifs scolaires selon les régions et les établissements. Dans certaines zones de l’intérieur du pays, la scolarité démarre à 50 dinars par mois. À l’opposé, les écoles étrangères installées en Tunisie facturent des frais que Mohamed Sami qualifie de vertigineux, pouvant avoisiner 60 000 dinars par an.
Sur ces établissements étrangers, précisément, le contrôle de l’État s’arrête à la conformité des locaux aux règlements en vigueur. Leurs programmes et méthodes pédagogiques, eux, échappent totalement à la supervision du ministère : ils suivent les cursus des pays dont ces écoles dépendent.



