La rentrée à travers nos régions – Tunis – école primaire Ksar Saïd III : Une rentrée ordinaire, des espoirs plein les cartables
Un brouhaha festif et joyeux, des enfants joueurs et rieurs, des parents présents pleins d’encouragements et de patience, des éducateurs responsables et vertueux, voilà ce qu’on voit et ce qu’on attend tout au long de l’année scolaire 2026-2027 qui promet d’être celle du renouveau et de la relance vers les standards nationaux du mérite, de la réussite et du savoir. Il n’est jamais trop tard…
La Presse — Au 1er jour de la rentrée scolaire, en pleine matinée du mardi 15 septembre 2026, le décor est déjà planté. Devant l’école primaire Ksar Saïd III, les premiers élèves franchissent le portail. Les cartables sont ressortis, les parents accompagnent leur progéniture, les regards cherchent une connaissance. Rien de spectaculaire. Juste une rentrée scolaire comme la Tunisie en connaît des milliers. Et c’est peut-être dans cette normalité que réside l’essentiel. À quelques mètres du portail, un père de famille attend patiemment. Il est venu récupérer son neveu, inscrit en deuxième année primaire. Pour les plus jeunes, cette première matinée est volontairement courte : deux heures seulement, de 8h à 10h. Une manière de reprendre progressivement le rythme après plusieurs semaines de vacances. À partir de 10 heures, le mouvement change. Les élèves des classes de troisième, quatrième, cinquième et sixième années prennent à leur tour le chemin de l’école. Jusqu’à midi, les entrées et les sorties s’enchaînent, dans un ballet parfaitement familier aux habitants du quartier. «Tout s’est déroulé normalement, même s’ils n’ont pas eu cours ce matin», a résumé Maher, père de famille d’enfants en bas âge. Pas de perturbation particulière, pas de scène inhabituelle. Une rentrée dans des circonstances ordinaires, avec le respect des règles de bienséance et cette discipline minimale indispensable lorsque des dizaines d’enfants se retrouvent au même endroit.
À l’intérieur comme à l’extérieur, chacun semble avoir retrouvé ses habitudes ou ses réflexes, à l’instar de ce vendeur ambulant de popcorns qui n’a pas hésité à en offrir à tout ce beau monde, comme pour témoigner de la ferveur ambiante.
Le ballet des cartables
À l’entrée de l’établissement, le portier joue un rôle discret mais essentiel. Il contrôle le flux des élèves, organise les entrées et les sorties et veille à ce que le mouvement reste fluide. Les parents déposent leurs enfants, certains s’attardent quelques instants, d’autres repartent aussitôt. Puis, peu à peu, les portes s’ouvrent de nouveau. Les enfants sortent par petits groupes. Certains retrouvent leurs parents. D’autres aperçoivent un camarade et les retrouvailles sont immédiates. Quelques minutes suffisent pour que les jeux reprennent, comme si la longue parenthèse estivale n’avait été qu’une interruption.
À peine sortis de l’école, certains enfants se mettent à courir et à jouer ensemble. Les cartables deviennent presque secondaires. Le premier jour de classe ressemble encore un peu à un jour de vacances. D’autres prennent simplement le chemin de la maison, à pied, accompagnés de leurs parents. Ici, les distances sont courtes. Les habitations voisines permettent à de nombreuses familles de regagner leur domicile sans recourir à un moyen de transport.
Une normalité qui rassure
Dans le brouhaha de la sortie, il n’y a finalement rien de spectaculaire. Pas de grande cérémonie, pas de mise en scène. Seulement des enfants qui reprennent leur place dans le quotidien, des parents qui les accompagnent et une école qui retrouve son rythme. Mais cette banalité a quelque chose de rassurant. Car derrière chaque cartable se trouve un projet. Pour les plus petits, celui d’apprendre à lire, à écrire et à compter. Pour les plus grands, celui de progresser, de réussir et de franchir une nouvelle étape. Pour les parents, l’espoir de voir leurs enfants avancer dans de bonnes conditions.
À Ksar Saïd III, cette rentrée du 15 septembre aura donc ressemblé à ce que devrait être une rentrée : simple, organisée et paisible.
Une scène ordinaire, certes. Mais dans les sourires des enfants, dans les retrouvailles entre camarades et dans l’attente silencieuse des parents, une conviction demeure : chaque rentrée est une nouvelle page qui s’ouvre. Et cette année encore, elle s’ouvre sous le signe de l’espoir.
Pour la rentrée scolaire 2026-2027, la Tunisie accueille près de 2,341 millions d’élèves, soit environ 22.000 de plus que l’année précédente. Le cycle primaire, enseignement préparatoire compris, compte 1,195 million d’élèves, tandis que les collèges et lycées, avec l’enseignement préparatoire technique, en accueillent 1,146 million. Le corps enseignant atteint 161 300 enseignants, contre 158.400 en 2025-2026, dont 79.025 dans le primaire et 82.318 dans les collèges et lycées. Le réseau éducatif compte désormais 6.178 établissements, contre 6.160 l’an dernier, et environ 92 190 classes, un volume qui reste globalement stable.



