Journée Mondiale de l’Ozone 2026 : Quelques bonnes nouvelles pour l’environnement
La couche d’ozone est aujourd’hui en voie de reconstitution, un résultat qui vient comme une bonne nouvelle dans le monde morose de l’environnement.
La Presse — À l’occasion de la Journée mondiale de l’ozone 2026, l’Agence nationale de protection de l’environnement (Anpe) a organisé une conférence en présence notamment de Habib Abid, ministre de l’Environnement et Lassaad Ben Hassine, Représentant de l’Onudi en Tunisie.
Au-delà des chiffres présentés et d’ailleurs très importants, les progrès sont à considérer dans la réduction de ce qui est communément appelé le « trou » dans la couche d’ozone. Si l’on prend uniquement le cas de la climatisation (sujet sur lequel l’unité ozone travaille énormément depuis déjà plusieurs années), en effet, en quarante ans, le fluide qui circule dans nos climatiseurs a été remplacé trois fois, sous l’effet d’un traité conçu pour réparer la couche d’ozone.
Aujourd’hui, une quatrième mue s’engage, et elle ne porte plus seulement sur le gaz, mais sur la machine entière. Un climatiseur ne produit pas de froid : il déplace la chaleur d’une pièce vers l’extérieur, grâce à un fluide qui s’évapore et se condense en boucle et ce principe n’a pas changé depuis l’invention du climatiseur en 1902 . Ce qui change, c’est ce que contient la boucle, mais surtout ce que coûte son fonctionnement.
Evidemment, avec la hausse des températures et le réchauffement climatique, la demande mondiale en refroidissement a considérablement augmenté et cela créer de manière presque mécanique, un effet boule de neige (ou boule de chaleur pour être dans le thème). Par l’électricité qu’il consomme, et par le gaz qu’il peut relâcher en cas de fuite ou de mise au rebut mal gérée, la facture environnementale grimpe et c’est justement cette double empreinte que la réglementation internationale cherche aujourd’hui à réduire.
Adopté en 1987 et ratifié par l’ensemble des pays, le Protocole de Montréal a organisé l’élimination progressive de ces substances. La couche d’ozone est aujourd’hui en voie de reconstitution, un résultat qui vient comme une bonne nouvelle dans le monde morose de l’environnement. En 2016, l’Amendement de Kigali, dont on marque cette année le dixième anniversaire, a étendu cette mécanique aux HFC (gaz réfrigérant), faisant du traité un instrument climatique à part entière.
La Tunisie a clairement adhéré et de manière assez remarquable, notons le, et les CFC y ont été éliminés pratiquement dans l’ensemble des secteurs, épargnant à la Tunisie, au monde et à l’ozone, près de 5 millions de tonnes de CO₂ équivalent. La consommation de HCFC a reculé de 70 % à fin 2025, avec une élimination complète visée pour 2030. Depuis janvier 2024, un dispositif national réduit progressivement les HFC, avec un objectif de −23,8 % d’ici à 2030.
Sept entreprises tunisiennes ont converti leurs lignes de production au R-32, un fluide au potentiel de réchauffement nettement plus faible que celui qu’il remplace. Achevé en août 2026 pour environ 1,016 million de dollars avec l’appui de l’ONUDI, le projet devrait éviter près de 150 000 tonnes de CO₂ équivalent. Deux centres de récupération et de recyclage des fluides, à Tunis et à Sfax, doivent par ailleurs limiter les rejets en fin de vie.
« Notre priorité est de faire de la transition vers un refroidissement plus durable une réalité pour l’ensemble du secteur, ce qui implique d’accompagner les industriels dans l’évolution de leurs technologies », a expliqué Youssef Hammami, coordinateur de l’Unité nationale d’ozone à l’Anpe.



