À Tunis, INTERPOL mobilise l’IA pour identifier 126 combattants terroristes étrangers
Une opération internationale de lutte contre le terrorisme coordonnée par INTERPOL et organisée à Tunis du 1er au 5 juin 2026 a permis d’identifier, à ce jour, 126 combattants terroristes étrangers (Foreign Terrorist Fighters – FTF) grâce notamment à l’utilisation d’outils d’intelligence artificielle, a annoncé l’organisation internationale de police criminelle dans un communiqué publié vendredi 18 septembre.
Baptisée “Shams II”, l’opération a réuni 28 agents et experts spécialisés issus de 11 pays, dont la Tunisie. Elle visait à perturber les réseaux terroristes opérant dans l’espace numérique et à exploiter les technologies d’analyse avancée pour faciliter l’identification des personnes soupçonnées d’être liées à ces réseaux.
Plus de 108.000 images faciales extraites
Au cours des cinq jours d’intervention à Tunis, les enquêteurs ont extrait 108.076 images faciales à partir de contenus visuels diffusés par des groupes jihadistes.
Des agents programmés par intelligence artificielle ainsi que des scripts avancés générés par IA ont été utilisés pour automatiser une partie des opérations de collecte et d’analyse. Ces outils ont notamment permis d’éliminer les images en double et d’en vérifier la qualité.
Le traitement a permis de réduire le corpus à 6.362 images faciales uniques et de qualité suffisante, qui ont ensuite été soumises au système de reconnaissance faciale d’INTERPOL.
INTERPOL précise toutefois que les résultats produits avec l’aide de l’IA ont fait l’objet d’un examen et d’une vérification par des agents et analystes spécialisés, conformément à ses règles relatives au traitement des données.
126 combattants terroristes étrangers identifiés
À ce jour, 126 Foreign Terrorist Fighters ont été identifiés à partir des images traitées dans le cadre de l’opération Shams II.
Selon INTERPOL, ces correspondances permettent d’enrichir les renseignements existants sur les personnes identifiées, notamment en matière de localisations potentielles et de réseaux sociaux. Les données recueillies sont actuellement intégrées aux bases de données de l’organisation afin de renforcer les efforts internationaux visant à détecter, suivre et perturber les mouvements de combattants terroristes.
L’opération a également permis de dégager des pistes d’enquête déjà exploitées dans le cadre de procédures judiciaires dans certains pays participants. INTERPOL précise qu’un dossier concerne notamment deux combattants terroristes étrangers actuellement détenus.
Le travail d’analyse se poursuit, plusieurs milliers d’images n’ayant pas encore été traitées. De nouvelles correspondances pourraient ainsi être établies.
La Tunisie parmi les 11 pays participants
La Tunisie figure parmi les 11 pays ayant participé à l’opération, aux côtés de la Côte d’Ivoire, du Ghana, de l’Irak, du Kenya, de la Malaisie, du Nigeria, des Philippines, du Qatar, du Tadjikistan et de l’Ouzbékistan.
La tenue de l’opération à Tunis constitue ainsi le principal élément tunisien du dispositif. INTERPOL précise que les 28 agents et experts spécialisés se sont réunis dans la capitale tunisienne pour mener les différentes activités d’analyse et d’enquête.
Il convient toutefois de préciser que le communiqué d’INTERPOL ne détaille pas la part spécifique des services tunisiens dans les 126 identifications. Il établit en revanche clairement la participation de la Tunisie à l’opération et la tenue de celle-ci à Tunis.
Les cryptomonnaies et la radicalisation en ligne également ciblées
L’opération Shams II ne s’est pas limitée à l’identification faciale. Les participants ont également utilisé des outils spécialisés dans le traçage des cryptomonnaies afin de détecter des flux susceptibles d’être liés au financement du terrorisme.
Ces investigations ont conduit à trois demandes urgentes adressées à un prestataire de services sur actifs virtuels, afin d’obtenir des données relatives à des clients et de contribuer à perturber d’éventuels circuits de financement illicite.
Par ailleurs, les pays participants ont rencontré des représentants de l’industrie du jeu vidéo afin d’échanger sur la radicalisation des jeunes dans les environnements en ligne et d’identifier de nouvelles possibilités de coopération et de partage d’informations.
L’opération Shams II a été menée dans le cadre du projet CT TECH+, financé par les instruments de politique étrangère de l’Union européenne et soutenu par le Bureau des Nations unies de lutte contre le terrorisme (UNOCT).
R.I



