Société

Chroniques de la Byrsa

  • 27 septembre 2026
  • 3 min de lecture
Chroniques de la Byrsa

Abattage des arbres
Y aurait-il «anguille sous branche» ?

Sale temps pour la végétation, cette année. Inondations avec glissements de terrain, puis sécheresse, puis canicule et incendies de forêt ; en parallèle, arrachage d’arbres et élagages dévastateurs. Rien n’aura été épargné à notre déjà maigre patrimoine forestier ou d’ornementation végétale dans nos villes.

Au début, on a pensé à des accidents «naturels» comme il s’en produit partout. Déjà que, lorsqu’ils sont «accidentels», de tels événements sont rarement naturels. Un glissement de terrain peut-être évité ou, à tout le moins, amoindri par des dispositifs préventifs de consolidation que les pédologues connaissent fort bien.

Ne parlons pas des incendies dont les causes, dans les «meilleurs» des cas, relèvent d’une coupable négligence mais, bien souvent, procèdent d’une intention criminelle motivée par le lucre. Là aussi, une action préventive sous forme d’aménagements divers pour faciliter la mobilité des secours en cas de sinistre et pour détecter les présences suspectes est nécessaire.

A la prochaine célébration de la fête de l’Arbre, on attend une vaste campagne de sensibilisation aux questions environnementales

Reste l’abattage des arbres, en ville comme dans les parcs. Le dernier en date révélé par les réseaux sociaux est celui qui s’est déroulé dans la commune de Sidi Bou Saïd. La jeune plantation d’eucalyptus de la ceinture verte de la célèbre colline sur son flanc ouest a fait l’objet d’une coupe en règle.

Les sujets abattus sont abandonnés sur place avant d’être récupérés et évacués par de mystérieux visiteurs. Dans les périmètres urbains, ce sont les autorités communales qui procèdent elles-mêmes au même saccage sous des prétextes divers. Et pas seulement en banlieue nord de la capitale puisqu’on signale les mêmes pratiques du nord au sud du pays. La question qui se pose dès lors est : où va tout ce bois –car c’est bien de cela qu’il s’agit- ? On aimerait bien le savoir.

En attendant une réponse à cette interrogation, on veut bien présumer la pureté des intentions même devant les actes déplacés. Mais on attend des preuves concrètes de cette pureté. L’occasion nous en est fournie à la veille de la prochaine célébration de la fête de l’Arbre.

On attend des institutions concernées qu’elles lancent, chacune à sa manière et avec ses moyens propres, une vaste campagne de sensibilisation aux questions environnementales, notamment en milieux de jeunesse, et qu’elles transforment un rituel suranné en véritable événement festif auquel participent jeunes et vieux dans chaque quartier. L’occasion de verdir les places, les trottoirs, mais aussi les balcons et les devantures.

Même si les débuts d’une telle ambition ne pourraient qu’être modestes, maladroits même, ils n’en seraient pas moins méritoires parce que ce serait un gage, une promesse à destination des générations montantes qu’un avenir meilleur est possible.

Auteur

Tahar Ayachi

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