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Rachida Brakni publie « La Part absente » : Un roman sur les silences de l’identité et de l’Histoire

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  • 27 septembre 2026
  • 4 min de lecture
Rachida Brakni publie « La Part absente » : Un roman sur les silences de l’identité et de l’Histoire

Après « Kaddour », récit personnel paru en 2024, la comédienne Rachida Brakni poursuit son exploration de la mémoire et des identités blessées avec « La Part absente », son premier roman, paru le 19 août 2026 aux éditions Stock. Au cœur du récit, une femme qui, pour échapper au poids des préjugés, a effacé une lettre de son prénom et, avec elle, une part de son histoire.

La Presse — Il suffit parfois d’une lettre pour déplacer une vie. Un « M » transformé en « N », et Karima devient Karina. Six lettres désormais, au lieu de six autrement. Une modification presque imperceptible en apparence, mais qui, dans « La Part absente », le premier roman de Rachida Brakni devient le point de départ d’une histoire traversée par l’identité, le regard de l’autre, la mémoire familiale et les blessures de la guerre d’Algérie.

La comédienne, que l’on connaît pour son parcours au cinéma, au théâtre et à la télévision, poursuit ainsi son travail d’écriture entamé avec « Kaddour », paru chez Stock en 2024. Avec ce nouveau livre, elle passe du récit personnel au roman pour mettre en scène une femme qui s’est construite en s’éloignant de son propre nom.

Karina Leroy semble avoir tout ce qu’il faut pour incarner une réussite tranquille. Mariée à Vincent, mère d’une adolescente et à la tête de sa propre galerie d’art, elle mène une existence confortable au cœur de la capitale. Mais derrière cette vie construite avec soin demeure un secret : Karina s’appelait autrefois Karima.

En remplaçant le « M » par un « N », elle a voulu se soustraire aux préjugés attachés à ses origines maghrébines.

Un geste qui lui a offert une forme de liberté, mais dont la honte et le poids ne l’ont jamais véritablement quittée. « Voilà près de vingt-cinq ans que j’ai troqué la lettre M pour la transformer en N », écrit Rachida Brakni dans le roman.

La mécanique de cette identité reconstruite commence à se fissurer lorsqu’un événement fait surgir ce que Karina avait tenté de tenir à distance. Dans une exposition consacrée à des femmes du Maghreb, une photographie fait basculer son présent : parmi les visages anonymes, elle reconnaît celui de sa mère.Une image devient alors le lieu d’une confrontation avec une histoire enfouie.

À partir de cette découverte, le récit se déploie entre présent et passé. Karina cherche à retrouver sa mère et sa sœur tandis que remontent les fragments d’une enfance et d’une histoire familiale marquées par la violence. La guerre d’Algérie s’inscrit ainsi au cœur du roman, non comme un simple arrière-plan historique, mais comme une mémoire qui continue de traverser les générations.

Avec « La Part absente », Rachida Brakni semble ainsi interroger ce que l’on abandonne lorsqu’on tente de se débarrasser du regard que les autres portent sur soi. Que devient une identité lorsque, pour être acceptée, elle doit se rendre moins visible ? Que reste-t-il d’une histoire familiale lorsqu’on choisit d’en taire une partie ? Et peut-on réellement s’inventer une autre vie sans que le passé finisse par réclamer sa place ?

Le choix d’une femme à la tête d’une galerie d’art ajoute à cette réflexion une dimension particulière : celle du regard, de la représentation et de la mémoire des images. La photographie de la mère devient le révélateur d’une histoire que Karina avait cherché à effacer. L’art, ici, ne semble donc pas seulement constituer le décor d’une existence privilégiée ; il devient aussi le moyen par lequel une mémoire refait surface.

Après « Kaddour », livre personnel salué par la presse, Rachida Brakni poursuit donc son exploration des liens entre l’intime et l’Histoire.

Avec « La Part absente », elle place au centre du récit cette part de soi que l’on peut tenter de cacher, de renommer ou de faire disparaître, mais qui demeure peut-être la plus difficile à abandonner.

Le roman est paru aux éditions Stock le 19 août 2026. Un nouveau chapitre dans le parcours d’une artiste qui, de la scène à la littérature, continue d’interroger les traces laissées par les histoires individuelles et collectives.

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Auteur

Asma DRISSI

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