Economie

Tourisme mondial : Un ralentissement sous l’effet des tensions et des coûts

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  • 30 septembre 2026
  • 4 min de lecture
Tourisme mondial : Un ralentissement sous l’effet des tensions et des coûts

Le tourisme international continue de progresser, mais à un rythme nettement plus modéré. Au premier semestre 2026, les arrivées mondiales n’ont augmenté que de 0,4 %, sous l’effet notamment des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, de la hausse des prix du pétrole et des pressions inflationnistes. Une évolution qui pourrait ramener la croissance annuelle à seulement 1 à 2 %.

La Presse — Le tourisme international reste orienté à la hausse, mais la dynamique observée depuis la sortie de la crise sanitaire s’est sensiblement essoufflée.

Selon le dernier Baromètre du tourisme mondial d’ONU Tourisme, quelque 690 millions de touristes internationaux ont voyagé durant les six premiers mois de 2026, soit environ trois millions de plus qu’au premier semestre de l’année précédente. En rythme annuel, la progression se limite ainsi à 0,4 %.

Cette évolution masque toutefois des mouvements différents selon les périodes. Les arrivées internationales ont progressé de 2 % au premier trimestre avant de reculer de 1 % au deuxième trimestre. Le mois d’avril a, notamment, enregistré une baisse de 3 %, en partie en raison du décalage du calendrier des vacances de Pâques, mais aussi des conséquences des tensions au Moyen-Orient.

Le ralentissement s’est poursuivi en juin, avec un recul mondial de 3 %.

L’Europe occidentale a notamment enregistré une baisse de 6 %, dans un contexte marqué également par une forte vague de chaleur dans certaines destinations.

En Asie du Sud-Est, les arrivées ont diminué de 5 %, pénalisées par le ralentissement de la demande sur certains marchés asiatiques, les tensions géopolitiques, les perturbations du trafic aérien et l’augmentation du coût des voyages.

L’Afrique résiste mieux

Dans ce contexte international moins favorable, l’Afrique figure parmi les régions ayant enregistré les meilleures performances au premier semestre. Les arrivées touristiques y ont progressé de 4 %, devant l’Europe, qui affiche une hausse de 3 %, et les Amériques, avec une progression de 2 %.

La situation est beaucoup plus contrastée en Asie-Pacifique. Les arrivées y ont augmenté de 1 % sur les six premiers mois de l’année, mais restent encore inférieures de 11 % au niveau enregistré en 2019. La connectivité aérienne, le prix des billets et l’incertitude continuent notamment de peser sur la demande intra-régionale.

Au sein de cette vaste région, l’Asie du Nord-Est affiche une progression de 3 %. À l’inverse, l’Asie du Sud recule de 5 % et l’Asie du Sud-Est de 1 %. Le Moyen-Orient constitue, pour sa part, la principale zone de recul, avec une diminution de 22 % des arrivées au premier semestre.

Le facteur géopolitique

Les tensions au Moyen-Orient constituent l’un des principaux éléments expliquant le changement de rythme du tourisme international.

Depuis le début du mois de mars, leurs effets se sont propagés au-delà des pays directement concernés, notamment à travers les perturbations du transport aérien et les répercussions sur les prix de l’énergie.

La situation s’est, toutefois, progressivement améliorée en mai et juin, après l’annonce d’un cessez-le-feu.

Plusieurs liaisons aériennes ont ainsi pu reprendre, tandis que la confiance des voyageurs s’est partiellement redressée, même de manière inégale selon les marchés.

Pour « ONU Tourisme », cette situation illustre la vulnérabilité d’un secteur fortement dépendant de la mobilité internationale. La progression du tourisme se poursuit donc, mais dans un environnement où les crises géopolitiques peuvent rapidement affecter les flux de voyageurs, les dessertes aériennes et les coûts de déplacement.

À l’impact des tensions s’ajoute celui du renchérissement des coûts. Les cours élevés du pétrole se répercutent notamment sur le transport aérien, tandis que l’inflation continue de réduire les marges de manœuvre des ménages.

Cette évolution pourrait modifier les comportements des voyageurs. Face à des prix élevés et à une plus grande incertitude, certains privilégient des destinations plus proches ou choisissent de voyager moins. Le rapport d’« ONU Tourisme » souligne ainsi l’importance croissante du facteur prix dans les décisions de voyage.

Les perspectives pour l’ensemble de l’année ont, d’ailleurs, été revues à la baisse. Alors qu’« ONU Tourisme » anticipait en janvier une progression comprise entre 3 et 4 % des arrivées internationales en 2026, l’organisation table désormais sur une croissance comprise entre 1 et 2 %.

Cette nouvelle prévision reste toutefois conditionnée à l’évolution de la situation géopolitique au Moyen-Orient, mais également à celle des prix du pétrole et de l’inflation. Après plusieurs années de rattrapage exceptionnel, le tourisme mondial entre ainsi dans une phase où la croissance paraît plus modérée et davantage exposée aux chocs extérieurs.

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Auteur

Saoussen BOULEKBACHE

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