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Crédits sur l’honneur : les banques tunisiennes commencent à recevoir les demandes

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  • 1 octobre 2026
  • 3 min de lecture
Crédits sur l’honneur : les banques tunisiennes commencent à recevoir les demandes

La nouvelle mécanisme de financement basé sur l’octroi de « crédits sur l’honneur » à taux zéro (0%) entre officiellement en application en Tunisie ce jeudi 1er octobre 2026. Les banques concernées ont commencé à recevoir les demandes via des plateformes numériques dédiées, après l’achèvement du cadre législatif et réglementaire encadrant ce dispositif.

Cette nouvelle formule vise à faciliter l’accès au financement bancaire pour les particuliers, les petits porteurs de projets, ainsi que les petites et moyennes entreprises et les sociétés communautaires. Les crédits sont accordés sans intérêts et sans garanties réelles, selon les conditions prévues par la réglementation.

Les plafonds de financement varient selon les bénéficiaires : ils peuvent atteindre 5.000 dinars pour les particuliers, 10.000 dinars pour les petits projets et 25.000 dinars pour les petites et moyennes entreprises ainsi que les sociétés communautaires. La durée de remboursement peut aller jusqu’à deux ans, avec une période de grâce pouvant atteindre six mois.

Les demandes sont déposées exclusivement en ligne, auprès de la plateforme mise en place par chaque banque. Le traitement repose sur le principe de l’ordre d’arrivée des demandes, tandis que les établissements bancaires doivent répondre dans un délai maximal de dix jours ouvrables, avec une justification en cas de refus.

Selon l’expert en droit bancaire Mohamed Nakhli, ce mécanisme pourrait contribuer à renforcer l’inclusion financière d’une partie de la population, notamment les personnes qui utilisent principalement les paiements en espèces. Il souligne toutefois que la possession d’un compte bancaire est nécessaire pour bénéficier de ces crédits, ce qui pourrait encourager l’ouverture de nouveaux comptes.

Une autre analyse est toutefois plus prudente. L’expert-comptable et spécialiste du secteur bancaire Sofiane Ouerimi estime que le dispositif ne suffira pas, à lui seul, à augmenter sensiblement le taux d’inclusion financière. Il met notamment en avant les critères de solvabilité appliqués par les banques ainsi que le nombre limité de crédits susceptibles d’être accordés.

Selon ses estimations, 8% des bénéfices bancaires réalisés en 2025, soit environ 120 millions de dinars, sont concernés par cette ligne de financement. La moitié de cette enveloppe, soit environ 60 millions de dinars, serait destinée aux particuliers et aux sociétés communautaires. Il estime que le nombre de bénéficiaires pourrait ne pas dépasser 12.000 clients.

Le dispositif s’inscrit dans un processus législatif engagé depuis août 2024 avec la loi n°41 de 2024 relative aux financements sans intérêts. Il a ensuite été complété par le texte réglementaire du 23 juillet 2026 et par la circulaire de la Banque centrale de Tunisie n°8-2026 du 1er septembre 2026, qui fixe les modalités d’octroi et de mise en œuvre de ces financements.

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Auteur

La Presse

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