Société

Hadj : Terre sainte, tarifs en hausse

  • 2 octobre 2026
  • 5 min de lecture
Hadj : Terre sainte, tarifs en hausse

Le cinquième pilier de l’islam, le hadj, est devenu peu abordable, du point de vue pécuniaire. En dépit de tous les efforts pour en réduire le coût, les contraintes exogènes compliquent la situation.

La Presse — Les prix dans le pays d’accueil, surtout au niveau de l’hébergement  augmentent en raison des rénovations que l’on introduit pour moderniser et permettre aux hôtes de profiter d’un meilleur confort. Cela se paie et se répercute automatiquement sur le coût de l’hébergement en période de hadj. Ce qui n’est pas le cas lors des périodes de la Omra où une bonne majorité de ces locaux sont bradés à un prix très abordable.

Pas à la portée

Bien sûr, le  Hadj, rappelons-le, n’est considéré « obligatoire » que pour ceux qui en ont les moyens.

Mais, en dépit des efforts de rogner sur toutes les dépenses pour réduire le coût, pour les candidats au Hadj, parvenir à économiser entre vingt cinq et trente mille dinars,  n’est pas à la portée de tout le monde.

D’où ce repli vers la Omra qui ne remplace pas le Hadj, mais permet à ceux qui l’effectuent de réaliser même en partie un de leurs souhaits les plus chers : aller au moins une fois en terre sainte.

Et c’est actuellement la pleine saison. Comment s’annonce-t-elle et a-t-on surtout veillé à mettre sous éteignoir, ces requins,  ceux que nous avions dénoncés l’année dernière presque à cette époque, ces agences pourtant classées qui jonglent avec les nerfs de leur malheureuse clientèle ?

Oui, si l’on croit ce que l’on nous a confié.

Il y a assurément plus de sérieux à tous les niveaux. En commençant par les annonces sponsorisées que le Web véhicule.  Il n’y a plus d’annonces provenant de personnes qui se présentent en tant qu’agences, réussissent à former des groupes et embarquent tout ce monde dans une véritable course des combattants une fois sur place.  Ni moyens de transport ni hébergement au standard prévu ou promis, de véritables crises  de nerfs  desquelles le  candidat à la Omra s’en sort meurtri et désabusé.

Il faudrait reconnaître que les candidats sont devenus plus circonspects. Leurs familles s’attachent à vérifier les activités des agences et exigent un certain nombre de garanties avant de s’engager.

Les autorités responsables ont fait un bon travail d’encadrement qui a automatiquement abouti à une meilleure organisation.

«Je suis rentré hier et je n’ai pas à  me plaindre. Tout a été bien organisé. Le personnel d’encadrement a été à la hauteur  et tout s’est bien passé », a avoué un citoyen qui vient d’accomplir la Omra.

L’œil sur tout

D’ailleurs, avant même le départ, un candidat à  la Omra a été clair: «la responsable du groupe d’une agence de Sousse, appelons-la Dhouha, une semaine avant le départ, a téléphoné tous les jours pour s’assurer si j’ai acheté mon timbre de transport, si j’ai pris la précaution d’effectuer le change, si j’ai évité les rations alimentaires liquides pour ne pas avoir de problèmes au niveau des bagages, s’est inquiétée du poids, a insisté sur l’heure de se présenter à l’aérodrome,  etc.

Des attentions qui favorisent la mise en confiance. Sur place, nous l’avons vue en première ligne partout pour la descente des bagages, l’embarquement dans des bus neufs spacieux et climatisés,  à l’entrée de l’aéroport de départ et de retour,  l’achat de l’eau, etc. Elle est restée jusqu’à la sortie de l’aérodrome au retour. Cela a été professionnel comme comportement et dénote que l’organisation faite  en amont a été efficace.

Je pense que les agences, cette année, ont compris que la Omra est devenue un moyen de remplacer le pèlerinage qui a atteint des coûts insoutenables pour une personne de condition moyenne. C’est important et à prendre en considération ».

Attention à l’exagération

Cette nouvelle place conquise par la Omra ne devrait en aucun cas en faire un gisement d’entourloupettes. Les prix, actuellement logiques, en fonction de la catégorie  choisie sont abordables. Il y a immanquablement quelques exagérations, surtout que l’on constate que les prix entre deux agences sont différents pour les mêmes lieux d’hébergement choisis.

De toutes les manières, tout ce qui est contrôlable pourrait être mis à niveau, mais la Omra a bel et bien conquis les cœurs de ceux qui ne pourront jamais s’aligner sur la ligne du choix pour le hadj.

Auteur

Kamel GHATTAS

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