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Kiosque international

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  • 5 octobre 2026
  • 7 min de lecture
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GAFI : Le mobile money, nouveau terrain des réseaux informels de transfert 

La Presse — Le développement du mobile money, des crypto-actifs et des nouveaux moyens de paiement transforme progressivement les circuits de transfert de fonds en Afrique. Cette évolution offre de nouvelles possibilités d’inclusion financière, mais elle ouvre également de nouveaux espaces de vulnérabilité. Dans un rapport publié début septembre, le Groupe d’action financière (Gafi) alerte sur la transformation des réseaux bancaires clandestins et du système « hawala », dont certains opérateurs intègrent désormais les outils numériques à leurs activités. Le « hawala » repose traditionnellement sur un réseau d’intermédiaires permettant de transférer une valeur d’un pays à un autre sans que les fonds ne transitent nécessairement par le système bancaire classique. Le mécanisme peut répondre à des besoins légitimes de transfert de fonds, mais il présente également des vulnérabilités exploitées par des acteurs criminels. Le Gafi souligne que plus de 80 % des juridictions ayant répondu à son enquête identifient les services bancaires clandestins et les prestataires similaires parmi les principaux canaux ou techniques utilisés par les blanchisseurs professionnels. La principale évolution tient à la numérisation de ces réseaux. Près de 70 % des répondants ont identifié l’intégration de nouvelles technologies et l’émergence d’une forme de « hawala numérique ». Les opérateurs peuvent notamment utiliser des applications de messagerie chiffrée pour coordonner leurs opérations, tandis que les clients initient des transferts via des comptes bancaires, des portefeuilles mobiles ou des plateformes « éfintechés ». Les actifs virtuels, notamment les stable-coins, peuvent ensuite servir au règlement des soldes entre intermédiaires.

Cette mutation concerne particulièrement les économies africaines, où le mobile money occupe une place importante dans les paiements et les transferts, alors que les réseaux informels demeurent présents dans plusieurs régions du continent. Le Gafi souligne, toutefois, que les outils numériques ne constituent pas en eux-mêmes un risque : leur détournement par des réseaux criminels constitue le principal enjeu. Pour les autorités, le défi consiste donc à adapter les dispositifs de lutte contre le blanchiment à des circuits financiers devenus plus rapides, transfrontaliers et hybrides. Le Gafi recommande notamment de renforcer les capacités de détection et d’enquête, la coopération entre acteurs publics et privés ainsi que la coopération internationale, tout en veillant à maintenir des services financiers réglementés accessibles et adaptés aux besoins des populations.

Égalité des genres : Le capital féminin, encore sous-exploité en Afrique

L’Afrique subsaharienne progresse dans la réduction des écarts entre les femmes et les hommes, mais les performances restent très inégales selon les économies. Le Global Gender Gap Report 2026 du World Economic Forum met notamment en évidence les avancées en matière de participation économique et politique, tout en soulignant les difficultés persistantes d’accès aux emplois les mieux rémunérés et aux postes de décision.

L’Afrique subsaharienne a comblé 68,8 % de son écart global entre les sexes, selon le Global Gender Gap Report 2026 du World Economic Forum (WEF). La région se classe ainsi au sixième rang des huit grandes régions couvertes par l’indice. Depuis 2006, son score a progressé de six points de pourcentage.

Derrière cette moyenne se cachent toutefois de fortes disparités. La Namibie, avec 84,5 %, se classe au quatrième rang mondial, devant notamment le Burundi (77,1 %), le Rwanda (76,9 %), l’Afrique du Sud (76,6 %) et le Liberia (75,1 %). À l’inverse, le Tchad affiche un score de 57,8 %.

Sur le terrain économique, la région a enregistré une amélioration de huit points depuis 2006. Les progrès concernent notamment la participation au marché du travail, les revenus estimés et la présence des femmes parmi les législateurs, cadres dirigeants et hauts responsables.

Mais l’accès à l’emploi ne suffit pas à garantir une véritable mobilité économique. Le rapport souligne la concentration persistante des femmes dans des activités moins rémunératrices et leur sous-représentation dans les fonctions de responsabilité. À l’échelle mondiale, leur part passe de 46 % dans les postes d’entrée à seulement 23 % dans les fonctions de direction générale.

L’éducation constitue également un enjeu majeur. L’Afrique subsaharienne reste la région affichant le score le plus faible dans ce domaine, malgré des progrès. Cette situation pèse sur l’accès des femmes aux compétences scientifiques, technologiques et numériques, alors que ces secteurs prennent une place croissante dans les économies africaines. La transformation économique du continent dépend ainsi aussi de sa capacité à mieux valoriser son capital humain féminin.

Commerce mondial : Le G20 face aux tensions douanières américaines

Les ministres du Commerce des principales économies mondiales se sont réunis mercredi et jeudi à Milwaukee, aux Etats-Unis, dans un contexte marqué par la politique protectionniste de Washington. Droits de douane, concurrence chinoise et accusations liées au travail forcé devraient dominer les discussions, alors que les perspectives d’avancées concrètes restent limitées.

Les ministres du Commerce du G20 ont entamé mercredi à Milwaukee, dans le Wisconsin, deux jours de discussions consacrés aux échanges internationaux. Organisée sous l’égide des Etats-Unis, la réunion intervient dans un contexte de fortes tensions commerciales, marqué notamment par le relèvement des droits de douane américains.

Ainsi, l’Amérique a engagé une offensive protectionniste visant plusieurs catégories de produits importés. Si la Cour suprême américaine a annulé en février les surtaxes généralisées imposées aux partenaires commerciaux des Etats-Unis, les droits de douane sectoriels visant notamment l’automobile, l’acier et le bois restent en vigueur.

Washington a également instauré de nouvelles taxes de 10 % ou 12,5 % visant une soixantaine de partenaires commerciaux, accusés de ne pas lutter suffisamment contre le travail forcé. La Chine, l’Inde et l’Union européenne figurent parmi les économies concernées.

Les discussions devraient également porter sur les « surcapacités industrielles », un sujet qui renvoie principalement à la concurrence chinoise, mais qui concerne aussi plusieurs partenaires américains, dont l’Union européenne, le Japon et la Corée du Sud. Les analystes cités par l’AFP ne s’attendent pas à une avancée majeure à Milwaukee. Les tensions provoquées par les mesures tarifaires américaines compliquent la recherche d’un compromis, tandis que Washington privilégie largement les négociations bilatérales. La rencontre devrait ainsi servir davantage à exposer les divergences qu’à dégager un accord sur les grandes orientations du commerce mondial.

Guerre commerciale : Le Canada sous la pression de Washington

Les relations commerciales entre Washington et Ottawa restent sous tension. Le président américain a de nouveau critiqué le Canada, estimant que celui-ci avait traité les Etats-Unis de manière « très injuste », tout en affirmant qu’une entente pourrait être conclue. De nouvelles restrictions américaines doivent entrer en vigueur sur certains produits canadiens, notamment des boissons alcoolisées, des produits à base de mélasse, certains modèles de motos et de véhicules à trois roues ainsi qu’une sélection de produits laitiers. Leur impact économique direct devrait toutefois rester limité, ces marchandises représentant des volumes d’exportation relativement faibles.

La mesure intervient quelques semaines après l’échec, le 21 août, des négociations commerciales entre les deux pays. Ottawa a, de son côté, instauré le 8 septembre des contre-mesures visant 28 milliards de dollars d’exportations américaines. Les droits de douane canadiens s’établissent à 15 %, 25 % ou 50 %, selon les catégories de produits.

Le gouvernement canadien affirme vouloir concentrer ses efforts sur le soutien aux travailleurs, aux agriculteurs, aux familles et aux entreprises, tout en accélérant la diversification des partenariats commerciaux.

Les tensions pèsent également sur le secteur sidérurgique. À Hamilton, en Ontario, l’entreprise Stelco a annoncé le licenciement de 350 salariés. Depuis 2025, les pertes d’emplois annoncées chez certaines entreprises comme « Algoma Steel » et « Arcelor Mittal » dépassent 1.150 postes. Au-delà des mesures tarifaires, le conflit commercial pose ainsi la question de la capacité des économies nord-américaines à préserver leurs chaînes de production et leur compétitivité dans un environnement commercial de plus en plus fragmenté.

S.B.

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Auteur

Saoussen BOULEKBACHE

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