Société

Les tunisiens face à la hausse exponentielle des prix : Même la surproduction n’assouvit plus la faim !

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  • 6 octobre 2026
  • 5 min de lecture
Les tunisiens face à la hausse exponentielle des prix : Même la surproduction n’assouvit  plus la faim !

Il suffit de faire un petit tour dans nos marchés pour se rendre compte que la fixation des prix des fruits, des légumes et bien d’autres produits agroalimentaires n’obéit plus à la logique de l’offre et de la demande, et encore moins aux périodes d’abondance ou de pénurie. Tout se réfère à des pratiques commerciales si arbitraires et spéculatives effectuées à la discrétion du vendeur, échappant à tout contrôle.

La Presse — Toutefois, qu’il s’agisse d’abondance ou de pénurie, le pauvre consommateur ne se voit guère sortir de l’ornière. Il s’engouffre dans un cercle vicieux, cherchant à récupérer un pouvoir d’achat toujours perdu et de plus en plus érodé. Faut-il, alors, prier pour la pluie ou pour la baisse des prix ? Cela dit, la surproduction n’implique pas forcément une forte consommation, souvent, générée par l’effet régulateur des prix de vente, dans le but d’alléger, un tant soit peu, le fardeau d’une clientèle épuisée et lasse des crises de produits alimentaires en cascade.

Le jeu du chat et de la souris !

Et même si l’Etat parvient, parfois, à agir sur la situation, à arrondir les angles pour apaiser les tensions, on ne voit rien changer sur le marché. Le même produit se vend au même prix ! C’est qu’il y a toujours des récalcitrants qui font la loi et qui ne font triompher que leur volonté démesurée de tirer profit du consommateur. D’autres commerçants, aussi malhonnêtes, agissent comme si de rien n’était.

Face aux opérations de contrôle économique, ils semblent n’avoir pas froid aux yeux, laissant croire qu’ils ont raison. Et puis, nombreux sont les contrevenants auxquels l’on inflige des sanctions à la suite des infractions essentiellement liées à la vente à des prix illégaux, au non-affichage des prix, le monopole et la manipulation de produits subventionnés. Et pourtant, on ne renonce jamais à ce manège quotidien.

Le jeu du chat et de la souris !

Sous nos cieux, tout déroge à la règle, et même l’application de la loi fait souvent exception. Cela dit, en passant, qu’il pleuve ou qu’il ne pleuve pas, on n’y gagne rien. Alors, pourquoi invoque-t-on une manne céleste pour avoir une bonne saison, tant qu’on ne profite guère de ses fruits et dividendes ? En économie, l’équité justifie la répartition des richesses du développement et de la prospérité.

Ceci étant, l’abondance des produits entraîne généralement la baisse des prix. Ce qui n’est pas souvent le cas. Car même si nos terres et champs donnent à profusion, on se retrouve toujours face à des transactions spéculatives et du monopole. C’est que les mercantistes agissent, à leur guise, sur l’offre pour accroître la demande, provoquant ainsi une nouvelle « crise de provision » montée de toutes pièces.

Il y a quelques années où de grandes quantités d’oranges, de pommes, de lait et bien d’autres denrées agroalimentaires ont été déversées dans la rue pour qu’elles ne soient pas vendues à des prix bradés. 

Hégémonie capitaliste du marché

Dans ce pays, où des lobbies s’emparent du marché, la surproduction n’assouvit plus la faim et ne donne rien à manger. Réseaux intermédiaires aussi mafieux imposent leur loi. En effet, le consommateur en fait les frais ! Le marché connaît, par conséquent, des perturbations au niveau du système d’approvisionnement.

Et rebelote ! Tout ça pour maintenir des prix systématiquement élevés. Qui pourrait arrêter cette hégémonie capitaliste du marché ? L’Etat social, censé détenir la force légitime, devrait, alors, jouer le rôle qui lui incombe, afin d’assurer la protection du pouvoir d’achat et le bien-être des consommateurs défavorisés et à revenu limité.

Le mal, tout le mal est que l’on ne sait pas, tout bonnement, gérer l’abondance des biens et doser savamment notre autosuffisance. Ce qui se passe, chaque année ou presque, semble incohérent et prête parfois à rire: invoquer la pluie et rejeter les fruits ! Incroyable, mais vrai. Ce paradoxe explique bien le cas tunisien.

En d’autres termes, les crises alimentaires, qui avaient secoué le pays ces dernières années et qui continuent de le faire, n’ont jamais été une fatalité. Le ver est dans le fruit. La météo seule ne règle plus les problèmes de rendement ni l’inflation. Une hirondelle ne fait pas le printemps, dit-on.

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Auteur

Kamel FERCHICHI

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