Douane tunisienne : le circuit rouge recule fortement en 2026
La Douane tunisienne accélère sa transformation numérique avec une ambition claire : faciliter le passage des marchandises tout en renforçant la lutte contre la fraude et la contrebande. Depuis mai 2026, l’intelligence artificielle est ainsi intégrée à l’analyse des données et des déclarations douanières, avec pour objectif d’améliorer le ciblage des cargaisons et de réduire les délais de dédouanement.
C’est ce qu’a indiqué mardi 6 octobre 2026 le colonel Kais Ben Zayed, chef de l’unité de l’opérateur économique agréé à la Douane tunisienne, lors de son intervention sur Express Fm. Il a précisé que la Douane avait traité plus de 1,5 million de déclarations en 2025, contre plus de 994.000 déclarations au 31 août 2026.
L’intégration de l’IA intervient dans un dispositif de gestion des risques qui s’appuie déjà sur plusieurs systèmes informatiques pour orienter les déclarations et sélectionner les cargaisons devant faire l’objet d’un contrôle. L’objectif est désormais d’affiner cette analyse afin de concentrer les contrôles sur les opérations présentant réellement des risques.
Moins de déclarations dans le circuit rouge
Cette évolution se traduit déjà dans la répartition des déclarations. La part orientée vers les circuits simplifiés a atteint 72 % en 2026, contre 70 % en 2025. Une progression qui peut sembler limitée en pourcentage, mais qui représente, selon Kais Ben Zayed, des dizaines de milliers de déclarations supplémentaires.
À l’inverse, le recours au circuit rouge, qui implique un niveau de contrôle plus important, est passé de 4,7 % en 2025 à 2,6 % en 2026.
Pour la Douane, l’objectif est de poursuivre ce mouvement en orientant davantage de déclarations vers les circuits vert et orange, tout en développant le contrôle a posteriori. Cette approche doit permettre une mainlevée plus rapide des marchandises et réduire leur durée de séjour dans les ports et aux frontières, ainsi que les coûts de stockage et les frais de retard supportés par les entreprises.
Les entreprises industrielles et totalement exportatrices figurent parmi les principales bénéficiaires de ces facilités.
Vers une douane sans papier
Autre chantier engagé : la disparition progressive des documents papier. La Douane travaille à supprimer le dépôt des copies physiques des déclarations et à généraliser leur transmission via les systèmes informatiques.
Le colonel Kais Ben Zayed estime qu’une douane sans papier pourrait devenir réalité dans un délai d’un an à un an et demi, parallèlement au déploiement d’un système informatique couvrant l’ensemble des procédures.
Le projet est développé progressivement et les premières phases de test ont déjà démarré. Sa réussite suppose toutefois de connecter les différents acteurs de la chaîne logistique, notamment via Tunisie TradeNet, ainsi que les administrations, structures publiques et opérateurs concernés.
221 opérateurs économiques agréés
La Douane compte actuellement 221 entreprises tunisiennes bénéficiant du statut d’opérateur économique agréé. Durant les huit premiers mois de 2026, ces entreprises ont effectué près de 120.000 déclarations, dont plus de 94 % ont été orientées vers le circuit vert.
Pour Kais Ben Zayed, ces chiffres traduisent à la fois le respect des conditions exigées et le niveau de confiance accordé à ces opérateurs.
La Douane entend également développer les services à distance et permettre aux entreprises d’obtenir, avant une opération d’importation, des décisions anticipées et contraignantes, notamment sur le classement tarifaire des marchandises.
Derrière cette modernisation, le défi reste le même : accélérer le commerce sans affaiblir le contrôle. L’administration mise désormais sur le numérique et l’intelligence artificielle pour réduire les délais, limiter les déplacements et mieux concentrer ses efforts sur les opérations à risque.
R.I



