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Hydrogène : 9 litres d’eau nécessaires pour produire un kilogramme

  • 6 octobre 2026
  • 3 min de lecture
Hydrogène : 9 litres d’eau nécessaires pour produire un kilogramme

Le développement de la filière hydrogène en Tunisie ouvre des perspectives en matière d’investissement, d’énergies renouvelables et d’exportation vers l’Europe, mais il soulève également une question incontournable : la disponibilité de l’eau. Pour l’expert en efficacité énergétique Adnane Haddad, cette dimension doit être intégrée dès la conception des futurs projets, dans un pays confronté à une forte pression sur ses ressources hydriques.

Intervenant sur les ondes de Diwan FM, l’expert a estimé que le projet visant à relier les sources de production d’hydrogène d’Afrique du Nord aux marchés européens nécessite une étude approfondie des ressources disponibles en Tunisie, notamment des ressources en eau.

Selon lui, la production d’un kilogramme d’hydrogène nécessite environ 9 litres d’eau. Une donnée qui constitue, dans le contexte tunisien, un défi supplémentaire compte tenu de la rareté de la ressource hydrique.

Adnane Haddad a notamment écarté le recours aux eaux souterraines pour la production d’hydrogène en Tunisie, tout en évoquant le dessalement de l’eau de mer comme une piste envisageable.

Concilier hydrogène, renouvelables et sécurité hydrique

Pour l’expert, la question de l’eau ne peut donc pas être dissociée du développement de la filière hydrogène. Les futurs projets doivent, selon lui, intégrer cette contrainte afin de trouver un équilibre entre le développement des énergies renouvelables, la volonté de renforcer les exportations d’hydrogène et la nécessité de préserver les ressources hydriques du pays.

Le projet présente toutefois plusieurs opportunités pour la Tunisie. Adnane Haddad cite notamment le développement des infrastructures, la création de nouvelles activités industrielles, l’implantation de projets d’énergies renouvelables dans le Sud tunisien ainsi que la création d’emplois.

Un corridor de 3.300 kilomètres vers l’Europe

Cette dynamique s’inscrit notamment dans le cadre du SouthH2 Corridor, projet destiné à établir une liaison entre l’Afrique du Nord et plusieurs marchés européens.

La Tunisie a signé avec l’Algérie, l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne la « Déclaration ministérielle d’Alger » relative à ce projet. Celle-ci prévoit notamment la mise en place d’un secrétariat chargé d’apporter un soutien technique au projet, avec l’accompagnement de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI).

Le SouthH2 Corridor doit permettre le transport de l’hydrogène par gazoducs sur environ 3.300 kilomètres, reliant l’Afrique du Nord à l’Italie, puis à l’Autriche et à l’Allemagne.

Pour la Tunisie, l’enjeu consiste ainsi à tirer parti de ce potentiel industriel et énergétique tout en veillant à ce que le développement de la filière hydrogène reste compatible avec les contraintes liées à la disponibilité de l’eau.

M.B

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M. B

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