Tunisie : un rapport américain recense les fragilités de l’économie
Faible croissance, chômage élevé, inflation persistante et dette publique en hausse : l’« Investment Climate Statement for Tunisia 2026 » du Département d’État américain, publié en septembre 2026, recense les fragilités de l’économie tunisienne.
Le chômage a reculé de 16 % en 2024 à 15,2 % au quatrième trimestre 2025. Le secteur informel pèse jusqu’à 50 % du PIB. Les transferts budgétaires pour les subventions ont atteint 11,6 milliards de dinars en 2025, soit 6,3 % du PIB. Les créances douteuses représentaient 14,4 % des prêts bancaires en 2024.
Le rapport signale aussi des pénuries ponctuelles de denrées et de médicaments, liées aux difficultés de financement extérieur, et un financement du déficit par la Banque centrale à des niveaux sans précédent.
Les 114 entreprises et établissements publics sont fortement endettés et bénéficient d’avantages financiers hors marché. Certains détiennent des monopoles dans le rail, l’eau, l’électricité et la logistique portuaire, et contrôlent l’importation des céréales, du riz, du sucre, de l’huile et du gaz. La dernière privatisation réussie date de 2022.
Les banques fournissent plus de 90 % du financement du secteur privé. Le pays compte 29 banques, dont 22 résidentes, qui détenaient 174,3 milliards de dinars d’actifs en 2024. Le crédit bancaire au secteur privé atteint 65 % du PIB. Les créances douteuses se concentrent dans le tourisme (35,6 %), la construction (27,1 %) et l’agriculture (21,5 %). Les PME et les particuliers peinent à obtenir du crédit en raison des exigences de garanties. La Bourse de Tunis recense 75 sociétés, sa capitalisation a progressé de 31 % à 11,5 milliards de dollars, et la part étrangère est passée de 19,6 % à 18,9 %. Elle assure environ 5 % du financement des entreprises.
Le dinar s’est apprécié de 9,8 % face au dollar et déprécié de 1,6 % face à l’euro en 2025. Il ne peut être échangé qu’en Tunisie. Le rapatriement des capitaux, soumis à vérification de la Banque centrale, figure parmi les principales plaintes des investisseurs étrangers.
La Banque centrale dispose de 90 jours pour répondre à une demande de transfert, puis l’Instance de l’investissement de 30 jours. Un projet de réforme du régime de change, approuvé en conseil des ministres en 2024, n’a pas été transmis au Parlement, et un code distinct est examiné depuis octobre 2025.
Sur le marché du travail, la population active est estimée à 4,3 millions de personnes. Le Parlement a supprimé en mai 2025 la plupart des formes de sous-traitance et fait du contrat à durée indéterminée la règle. Le 30 avril 2026, le gouvernement a décidé de hausses de 90 à 120 dinars par mois dans le public et de 5 % dans le privé, rétroactives à janvier, avec d’autres hausses en 2027 et 2028. Les cadres étrangers sont limités à 30 % des postes de direction pendant trois ans, puis à 10 %, avec un maximum de quatre. L’UGTT revendique environ un tiers des salariés.



