Tunisie : l’intérieur, l’ouest et le sud ne captent que 4,6 % des investissements étrangers
Les régions de l’intérieur, de l’ouest et du sud n’attirent que 4,6 % des investissements directs étrangers en Tunisie, malgré des incitations fiscales spéciales, selon l’« Investment Climate Statement for Tunisia 2026 » du Département d’État américain, publié en septembre 2026.
Les capitaux se concentrent à Tunis et dans sa banlieue (44 %), sur la côte nord (28,6 %) et sur la côte est (22,8 %). Le rapport attribue cette concentration à l’insuffisance des infrastructures dans les régions de l’intérieur. Il précise que les politiques de promotion de l’investissement n’ont pas toujours produit les flux attendus. Ces flux ont augmenté de 30,3 % en 2025.
Plus de 4 000 entreprises étrangères sont installées dans le pays, et près de 54 % des capitaux proviennent d’Europe. Les composants électriques et électroniques captent 29 % des investissements, devant les services (18,8 %), l’énergie (16,3 %), la mécanique (10,7 %), le textile (6,1 %), la plasturgie (5,8 %) et l’agroalimentaire (2,4 %).
Parmi les mesures destinées aux régions de l’intérieur, l’État prend en charge les cotisations sociales patronales pour l’embauche de nouveaux diplômés pendant les sept premières années d’un investissement, jusqu’à dix ans dans ces régions. La Caisse des dépôts et consignations, dotée de 13,5 milliards de dinars d’actifs fin 2024, investit exclusivement en Tunisie, avec pour objectif de stimuler l’investissement dans l’intérieur du pays et de soutenir les petites et moyennes entreprises.
Quatre institutions encadrent l’investissement. Le Conseil supérieur de l’investissement traite les projets de plus de 50 millions de dinars et de 500 emplois, l’Instance tunisienne de l’investissement ceux de 15 à 50 millions, et l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation ceux de moins de 15 millions. Le Fonds tunisien de l’investissement finance les incitations. L’Agence de promotion de l’investissement extérieur reste le principal promoteur de l’investissement étranger.
Le régime « offshore » exige au moins 66 % de capital étranger et 70 % de production exportée, avec une participation étrangère inférieure admise pour le textile, l’aéronautique et les pièces automobiles. Le régime « onshore » plafonne la participation étrangère à 49 % dans la plupart des projets non industriels, mais l’industrie peut être détenue à 100 % sous réserve d’agrément. Depuis 2022, les sociétés agricoles peuvent être entièrement étrangères. Les étrangers peuvent louer tout type de terrain mais n’acheter que des terrains non agricoles.
La loi de 2016 soumet à autorisation la banque, l’assurance, la finance, la santé, l’éducation, les transports, les télécommunications, les ressources naturelles, les matériaux de construction et les industries dangereuses ou polluantes. En 2022, 27 activités, soit environ 10 % de la liste, ont été libérées de cette obligation.
Les nouvelles entreprises tunisiennes ayant déclaré un investissement en 2024 ou 2025 peuvent obtenir, sous conditions de démarrage d’activité, de comptabilité et d’éligibilité sectorielle, quatre ans d’exonération d’impôt sur les sociétés, puis le taux général de 20 % s’applique. Les zones franches de Bizerte et de Zarzis exigent 100 % d’exportation la première année, puis autorisent des ventes locales dans la limite de 30 % du volume de production de l’année précédente.
La Tunisie compte 39 traités bilatéraux d’investissement en vigueur. L’accord-cadre avec les États-Unis de 2002 reste actif, et le dernier conseil bilatéral date de 2021. Le pays n’impose pas de localisation stricte des données, mais le transfert de données personnelles exige une autorisation préalable et l’usage du chiffrement une notification ou une approbation.



