L’euro a reculé mercredi face au dollar, pénalisé par le regain d’inquiétudes concernant les finances publiques françaises et la remontée des rendements obligataires en France. De son côté, le dollar a conservé ses gains après la publication du compte rendu de la dernière réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed).
La monnaie unique a cédé 0,53 % à 1,1198 dollar, se rapprochant ainsi de son plus bas niveau en 17 mois, atteint lundi.
Sur le marché obligataire, les rendements français et italiens ont progressé, dans un contexte marqué par le retour des préoccupations concernant la situation budgétaire de la France. Les rendements des pays les plus endettés ont ainsi enregistré des hausses plus importantes que ceux des marchés considérés comme des valeurs refuges, à l’image de l’Allemagne.
Le rendement de l’obligation française à dix ans a augmenté de 11,9 points de base, pour atteindre 4,8696 %, se dirigeant vers sa plus forte progression quotidienne en deux semaines. À l’inverse, le rendement de l’obligation allemande à dix ans est resté quasiment stable, à 3,4805 %.
Le dollar soutenu par la Fed et l’énergie
L’indice du dollar, qui mesure l’évolution de la monnaie américaine face à un panier de principales devises, a progressé de 0,32 % à 102,24. Ses gains se sont toutefois brièvement réduits avant de reprendre après la publication du compte rendu de la réunion de la Fed.
Le dollar a également bénéficié du maintien des prix de l’énergie à des niveaux élevés. Les cours du pétrole ont cependant abandonné leurs gains précédents au cours d’une séance marquée par la volatilité, après que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a approuvé l’accélération des prélèvements sur les stocks de pétrole et donné la priorité au diesel afin de tenter de contenir les prix des carburants, qui ont atteint des niveaux records.
Pour Juan Perez, directeur principal du trading chez Monex USA à Washington, les marchés portent actuellement une attention particulière à l’Europe, dans un contexte où les dépenses publiques élevées et les recettes insuffisantes pèsent davantage sur les perspectives économiques. Il estime que la nécessité d’augmenter parallèlement les dépenses consacrées à l’énergie assombrit davantage les perspectives.
“L’attention est focalisée sur l’Europe, et cette attention est très négative”, a-t-il déclaré.
La livre et le yen évoluent à leur tour
La livre sterling a également reculé mercredi, cédant 0,42 % à 1,3216 dollar. Elle a néanmoins atteint face à l’euro son niveau le plus élevé depuis juin 2025.
Le dollar a, de son côté, légèrement reculé face au yen, de 0,09 % à 157,95 yens.
Dans une interview accordée à l’agence de presse Kyodo, Ayano Sato, nouvelle membre du comité de politique monétaire de la Banque du Japon, a indiqué être favorable à une hausse progressive des taux d’intérêt.
S.R



