La Tunisie pourrait prendre une nouvelle dimension dans la stratégie africaine du groupe italien Pieralisi. Déjà solidement implanté dans le pays, notamment dans les technologies liées à la séparation et à la transformation de l’huile d’olive, le groupe souhaite renforcer sa présence industrielle et explorer de nouvelles applications dans les secteurs agroalimentaire et industriel.
L’ambition a été exposée à Tunis par l’administrateur délégué de Pieralisi, Aldino Zeppeli, lors de rencontres avec l’ambassadeur d’Italie en Tunisie, Alessandro Prunas, et le directeur de l’Agence italienne pour le commerce extérieur (ICE) en Tunisie, Bernard Prevete, rapporte Agenzia Nova.
Au-delà du développement de ses activités existantes, Pieralisi envisage ainsi de faire de sa structure tunisienne un point d’appui pour accompagner son expansion dans d’autres pays africains. L’idée est de créer davantage de capacités localement, tout en rapprochant les compétences industrielles italiennes, les entreprises tunisiennes et les besoins technologiques des marchés régionaux.
Avec 138 ans d’histoire industrielle, Pieralisi possède une expertise historique dans les technologies de séparation et de transformation de l’huile d’olive. En Tunisie, cette expérience s’est accompagnée d’une connaissance approfondie de l’écosystème productif local.
La nouvelle orientation présentée par Aldino Zeppeli repose notamment sur la consolidation des activités du groupe, la valorisation des compétences tunisiennes, le développement du capital humain et le transfert progressif de technologies et de savoir-faire.
Au-delà de l’huile d’olive
Cette évolution ne se limite pas au secteur oléicole. Les discussions ont également porté sur les possibilités de développer en Tunisie les compétences de la Separation Systems Division (SSD) de Pieralisi, dont les technologies peuvent être utilisées dans différents secteurs agroalimentaires et industriels.
Parmi les applications envisagées figure notamment le traitement des eaux usées et des boues issues des activités industrielles et agroalimentaires.
Pour le groupe italien, l’expérience acquise dans le secteur de l’huile d’olive peut ainsi servir de point de départ à une diversification vers une clientèle industrielle plus large.
C’est dans cette perspective qu’est envisagée la création progressive en Tunisie d’un « Pieralisi Africa Excellence & Innovation Center », conçu comme une structure à vocation régionale.
Il convient toutefois de souligner que ce centre n’est pas encore opérationnel. Le projet est toujours en phase d’élaboration et figure parmi les perspectives de développement examinées lors des rencontres institutionnelles, précise la même source.
L’idée serait de construire autour de cette future structure des activités d’innovation, de formation, de services industriels et de transfert de compétences, mais aussi de développer et d’adapter des solutions technologiques aux besoins de différents marchés africains. La Tunisie pourrait ainsi devenir un espace permettant de tester des solutions destinées à des environnements industriels différents.
La formation au cœur de la stratégie
La formation constitue également un volet important de cette stratégie. Pour Pieralisi, le renforcement des compétences tunisiennes permettrait de soutenir l’expansion du groupe tout en créant des capacités techniques locales et en favorisant une plus grande autonomie dans la gestion des services et des technologies.
Selon le groupe, le projet de centre d’excellence s’inscrit dans la dynamique de coopération économique entre l’Italie et l’Afrique portée par le Plan Mattei, notamment dans les domaines de l’investissement, de la formation professionnelle, du développement des compétences et du transfert technologique.
Les échanges avec l’ICE ont par ailleurs porté sur les moyens de renforcer les liens entre Pieralisi, les entreprises tunisiennes et le tissu industriel italien. L’objectif est d’identifier les partenaires économiques et institutionnels susceptibles d’accompagner les différentes étapes de développement des projets et de faire émerger de nouvelles opportunités de coopération et d’investissement.
Bernard Prevete a, selon le groupe italien, confirmé la disponibilité de l’ICE à faciliter les contacts avec les opérateurs locaux et à mettre Pieralisi en relation avec les acteurs pertinents de l’écosystème économique tunisien.
De son côté, l’ambassadeur Alessandro Prunas a insisté sur l’importance de renforcer les connexions entre entreprises, institutions, investisseurs, centres de compétences et acteurs de l’innovation. L’implication de l’écosystème italien actif dans le commerce extérieur, l’industrie, la recherche, la formation et le financement pourrait être envisagée en fonction de la nature et du degré de maturité des différents projets.
Les partenariats public-privé (PPP) figurent également parmi les mécanismes potentiellement mobilisables.



