Toute sensibilisation au don d’organes est bienvenue
Pour un événement, c’en est vraiment un. Il s’agit de la tenue, dans une dizaine de jours, d’une manifestation sportive appelée «Foulées vertes» qui en est déjà à sa 6e édition, organisée à La Marsa sous la supervision du ministère de la Santé avec la collaboration du ministère de la Jeunesse et des Sports.
Avec une prévision d’une participation importante de l’ordre de plus de deux mille coureurs en provenance des diverses régions de Tunisie, cette joute sportive coïncide avec la célébration par notre pays de la Journée mondiale et nationale du don d’organes, célébrée le 17 octobre de chaque année.
Cette manifestation vient donc à point nommé pour mieux sensibiliser le commun des citoyens à l’importance du don d’organes qui permet de pratiquer des greffes de nature à sauver des vies humaines.
En effet, le don d’organes en Tunisie est un enjeu majeur de santé publique, tout en étant sécurisé par des structures médicales rigoureuses, mais il demeure confronté à d’importants obstacles liés à des considérations d’ordre culturel et familial, alors qu’il est géré par le Centre national pour la promotion de la transplantation d’organes (Cnpto) fondé en 1998, dans un contexte basé sur la gratuité totale et le strict anonymat des interventions.
Le système est régi par deux formules dont la première consiste au don fait par une personne de son vivant et qui reste strictement limité à l’entourage familial élargi, sans oublier que ledit donneur doit être majeur, jouir de ses facultés mentales et exprimer son consentement libre.
La seconde formule est celle du don après le décès dans le sens où la personne en question fait inscrire clairement sur sa carte d’identité nationale (CIN) la mention officielle «Donneur», sachant que l’on compte, actuellement, près de dix-sept mille Tunisiens ayant opté officiellement pour cette démarche.
Toutefois et en dépit de toutes ces facilités et ces encouragements, de nombreux cas entravent cette perspective, dont notamment le cercle familial puisque, selon les dernières statistiques, environ 70 pour cent des familles de personnes en état de mort encéphalique refusent les prélèvements d’organes sur leurs proches.
Ainsi, dans un pays comme le nôtre où les instances religieuses musulmanes autorisent et encouragent le don comme un acte de charité suprême et où les expertises médicales sont légion en la matière, on compte encore un nombre limité de greffes d’organes, à savoir 31 transplantations seulement en 2026 entre reins, cœur et foie.
C’est dire que toutes les actions de sensibilisation en faveur de ces dons ne peuvent qu’être les bienvenues, l’objectif final étant des plus nobles puisqu’il s’agit, ni plus ni moins, de sauver des vies d’êtres humains.



