Editorial

Drogue : l’heure du bouclier

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  • 9 octobre 2026
  • 3 min de lecture
Drogue : l’heure du bouclier

N’eût été une volonté politique au plus haut niveau pour protéger  nos jeunes contre la drogue, la Tunisie aurait sombré sous les ravages de ce fléau. 

Autrefois, le visage du péril empruntait les traits presque surannés d’une consommation marginale de cannabis. Aujourd’hui, le spectre s’est métamorphosé en une pieuvre implacable. C’est une hydre toxique d’une noirceur absolue qui déferle sur notre terre : de la blancheur mortifère de la cocaïne aux ravages insidieux du Lyrica, ces substances dures n’ont d’autre vocation que d’asservir notre jeunesse et d’éteindre la flamme vive de notre nation.

Sous la pression de criminels, hommes et femmes enrôlés indistinctement dans les rangs de la déchéance, les volumes ont pris une ampleur démesurée. L’ambition des seigneurs de l’ombre est désormais limpide : transformer notre patrie en un carrefour de redistribution où les cartels imposeraient leur loi barbare, faisant la pluie et le beau temps sur nos vies. Mais c’était sans compter sur le sursaut républicain et une détermination étatique inébranlable, portée avec la plus haute fermeté.

Désormais, le barrage se dresse, inexpugnable. Il ne se passe plus une aube sans que le bouclier de la loi ne brise l’étau des trafiquants, arrachant des tonnes de poison des mains des marchands de mort et jetant les barons dans les mailles du filet.

L’illustration récente est éclatante : au point du jour, dans les terres de Kairouan, la brigade régionale de lutte contre la drogue de Sousse a tendu une embuscade d’une précision d’horloger. Bilan de cette riposte exemplaire : un réseau criminel s’étendant du Grand Tunis au Sahel pulvérisé, 8 000 comprimés de Lyrica interceptés à bord d’un camion, des liquidités saisies et trois suspects écroués, dont le chef de la bande. A cela s’ajoutent des quantités importantes de cocaïne.

À ces sentinelles de l’ombre qui veillent quand le pays dort, à ces artisans de la sécurité qui traquent le venin jusque dans ses plus sombres tanières, la patrie exprime sa gratitude indéfectible. Grâce à leur vigilance sans faille, l’étau se resserre inexorablement autour des dealers, rappelant aux passeurs de brouillard que sur notre sol, ce sont les lumières de la République qui dictent leur loi. Mais l’Etat ne peut agir seul. À présent, c’est aux familles qu’il incombe de dresser le second rempart : que chaque parent demeure le gardien vigilant du foyer, veillant sans relâche sur sa progéniture pour préserver notre avenir.

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Auteur

Salem Trabelsi

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