Editorial

Grands chantiers publics : briser la spirale des blocages

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  • 10 octobre 2026
  • 3 min de lecture
Grands chantiers publics : briser la spirale des blocages

Retards à répétition, procédures qui s’éternisent et projets attendus depuis des années : la réalisation des grands chantiers publics reste un défi pour la Tunisie. Créée en octobre 2024, la Commission des grands projets est chargée d’en suivre l’avancement et de lever les obstacles qui freinent leur exécution. Lors de sa dernière réunion, tenue jeudi 8 octobre, l’accélération des travaux a, de nouveau, été présentée comme une priorité de l’État.

Indubitablement, les grands projets constituent un levier de développement et un facteur d’attractivité pour les investisseurs. Mais leur portée économique dépend aussi de la capacité à les mener à terme dans des délais raisonnables. En Tunisie, de nombreux chantiers ont accumulé les retards au fil des années, notamment dans un contexte marqué, depuis la révolution de 2011, par l’instabilité politique, des défaillances de gestion et de corruption. Des retards qui pèsent sur la qualité des services publics et repoussent les retombées économiques attendues.

C’est dans ce contexte qu’a été créée la Commission des grands projets, par décret du 24 octobre 2024, conformément aux orientations du Président de la République, Kaïs Saïed. Présidée par la Cheffe du gouvernement, elle est chargée de suivre l’état d’avancement des chantiers à l’aide d’un tableau de bord et d’intervenir pour lever les blocages qui entravent leur réalisation.

Réunie jeudi à La Kasbah sous la présidence de la Cheffe du gouvernement, la Commission s’est penchée sur plusieurs projets relevant de secteurs stratégiques, notamment l’énergie, la santé, les infrastructures, les transports et le sport. À cette occasion, Sarra Zaâfrani Zenzri a insisté sur la nécessité d’accélérer les travaux, conformément aux instructions du Chef de l’État. L’objectif affiché est de stimuler l’investissement, favoriser la création de richesses et d’emplois et réduire les disparités entre les régions.

Parmi les dossiers examinés, figurent plusieurs projets attendus depuis longtemps. La rénovation du stade olympique d’El Menzah, l’extension de la centrale de Borj El Amri, la protection de la colline de Sidi Bou Saïd, la réhabilitation de l’hôpital de Bir Ali Ben Khlifa, à Sfax, l’extension de l’aéroport Tunis-Carthage et la réalisation du port en eaux profondes d’Enfidha comptent parmi les chantiers évoqués. La Commission a également statué sur l’attribution des marchés relatifs aux travaux du stade d’El Menzah, confiés à une société chinoise de promotion immobilière, ainsi qu’à la protection de la colline de Sidi Bou Saïd.

Les décisions prises en réunion devront dorénavant se concrétiser sur le terrain. La Cheffe du gouvernement a, dans ce sens, appelé les responsables concernés, au niveau central et régional, à redoubler d’efforts et à assurer un suivi régulier de l’avancement des projets. 

Car l’enjeu ne se limite pas à relancer des chantiers en attente. La création d’une commission de suivi constitue, certes, un excellent outil de coordination et de pilotage, mais son efficacité se mesurera tout compte fait à l’aune des réalisations. Pour les Tunisiens, ce sont moins les annonces que l’achèvement effectif de ces projets qui permettra de juger des progrès accomplis.

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Auteur

Samir DRIDI

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