Tunis, Capitale arabe du tourisme pour 2027 : Qu’en est-il des derniers préparatifs ?
«Tunis, Capitale arabe du tourisme pour 2027». Cette annonce fut alors le point d’orgue de la 28e session du Conseil ministériel arabe du tourisme, tenue en décembre 2025, à Bagdad, ayant ainsi marqué un rendez-vous décisif pour lequel le ministère de tutelle devrait être prêt. Et il lui a fallu, depuis, engager des préparatifs à bien des égards, et mettre les bouchées doubles pour venir à bout des imperfections et lacunes liées à la gestion du secteur.
La Presse — Certes, ce privilège attribué à la Tunisie aurait à faire rayonner son image et hisser son statut à des paliers supérieurs. Mais, une telle consécration arabe n’est guère une légion d’honneur aussi symbolique qui fait la fierté des décideurs et professionnels du secteur. Et encore moins un chèque en blanc accordé sans garantie des faits et d’actions.
Il s’agit, bel et bien, d’une responsabilité partagée portée sur le dos de l’Etat et toutes les parties concernées. Voire un engagement tant professionnel que moral que l’on doit honorer, volontiers. L’enjeu en vaut la chandelle. Et maintenant que les dés sont jetés, le ministère du Tourisme n’a pas le choix de faire marche arrière, d’autant plus qu’il n’a pas aussi droit à l’erreur, quitte à verser dans l’arbitraire.
Le compte à rebours !
D’ailleurs, faut-il le rappeler, son chef de département, Sofiane Tekaya, avait prononcé, à Bagdad, une allocution au cours de laquelle il avait tout dit : «Le tourisme est désormais à la croisée des enjeux économiques, sociaux et culturels, et sa gestion exige innovation, flexibilité et durabilité».
Des semaines après, le ministère du Tourisme avait pris les choses en main, pleinement focalisé sur un travail immersif et des réunions successives, aux fins d’élaborer un plan de communication et du markéting promotionnel. Cela étant, tout l’intérêt a été, alors, porté sur l’organisation d’un concours national pour la conception du logo et de l’identité graphique de l’événement attendu.
Le compte à rebours semble avoir commencé. Ce rendez-vous aura lieu en moins de trois mois. Et pourtant, rien ou presque n’a été jusqu’ici réalisé, en termes de grand ménage touristique et de préparatifs de nos hôteliers. Aucun coup de pioche n’a été signalé dans nos stations balnéaires dont l’infrastructure urbanistique et l’état écologique en disent long sur les prestations touristiques fournies aux clients.
De même, on n’a jamais entendu parler des projets ou manifestations qui entrent dans ce cadre évènementiel. D’ailleurs, on ne sait rien des préparatifs qui auraient dû être engagés à cet effet. Tunis, capitale arabe du tourisme, qu’en est-il au juste ?
Le tourisme, un tout indissociable
Faire de Tunis une capitale du tourisme arabe 2027 mérite autant d’estime et de distinction, mais cela ne suffit pas. L’attribution d’un tel statut devrait justifier la portée stratégique et structurelle du secteur, mais aussi ses dimensions d’ordre infrastructurel, architectural, écologique, culturel et bien d’autres volets essentiels.
Car le tourisme n’est pas uniquement un chiffre d’affaires qui s’ajoute aux recettes de l’économie ou un flux de passagers et nombre de nuitées passées. Il n’est pas, non plus, un hôtel qui affiche complet, ni un sourire jaune ou encore un simple service rendu le jour et la nuit.
Bien au-delà, le tourisme est un tout indissociable. C’est l’art de fidéliser ses clients et la manière de leur présenter une offre variée et de qualité. Le client est roi, n’est-ce pas ? Le tourisme, c’est aussi raconter autrement son histoire, réinventer ses traditions, faire parler son patrimoine, tout en mettant en valeur l’identité visuelle de son pays. Bref, savoir vendre une destination de choix. La qualité se paie.
Longtemps cantonné dans le balnéaire, le tourisme tunisien fut réduit à un marché de masse à grande consommation. Aujourd’hui, plages et soleil ne font plus carton plein, d’autant plus que la pollution, sous toutes ses formes, pèse sur notre paysage urbain. Faute de formation continue et de contrôle permanent et rigoureux, les professionnels du secteur n’ont rien à donner à leurs jeunes apprentis. Sauf que ces derniers ont encore l’occasion de tirer les leçons et comprendre que le tourisme ne doit pas être réduit à sa juste expression.



