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Création d’emplois : trois leviers pour libérer le potentiel économique tunisien, selon Ary Naïm

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  • 11 octobre 2026
  • 3 min de lecture
Création d’emplois : trois leviers pour libérer le potentiel économique tunisien, selon Ary Naïm

La création d’emplois de qualité passe par un renforcement de l’investissement privé, l’amélioration des infrastructures et un environnement des affaires plus favorable aux entreprises, estime Ary Naïm, directeur de division de la Société financière internationale (IFC) pour l’Afrique du Nord et la Corne de l’Afrique. Pour la Tunisie, confrontée à la nécessité d’accélérer sa croissance, la mobilisation des capitaux privés constitue un levier essentiel pour répondre aux aspirations de la jeunesse.

Dans un entretien accordé à La Presse de Tunisie, le responsable rappelle que la création d’emplois figure au cœur des priorités du Groupe de la Banque mondiale. À l’échelle des pays émergents, 1,2 milliard de jeunes en âge de travailler devraient entrer sur le marché du travail au cours des dix prochaines années. Parmi eux, environ 400 millions devraient trouver un emploi, tandis que 400 millions poursuivraient leurs études ou resteraient au sein de leur famille. En l’absence d’une accélération de la création d’emplois, les 400 millions restants risqueraient de demeurer en marge du marché du travail.

Le défi est également considérable en Afrique, où 20 à 25 millions de nouveaux emplois doivent être créés chaque année, selon les chiffres avancés par Ary Naïm.
Pour relever ce défi, le Groupe de la Banque mondiale privilégie trois leviers : le développement des infrastructures physiques et numériques, l’amélioration de l’environnement des affaires et la mobilisation du capital privé à grande échelle.

Cette dernière dimension est d’autant plus importante que les financements publics ne peuvent, à eux seuls, couvrir l’ensemble des besoins liés à l’emploi, à la sécurité alimentaire, à l’accès à l’énergie ou encore à la santé.
Dans ce contexte, les partenariats public-privé représentent un instrument stratégique. Ils permettent non seulement de compléter les financements publics, mais aussi de mobiliser des compétences techniques, des savoir-faire et des capacités d’innovation.

La Tunisie prévoit d’ailleurs de consacrer environ 10 % des investissements inscrits dans son Plan national de développement, estimés à 35 milliards de dollars sur cinq ans, à des projets réalisés sous forme de PPP.
Pour Ary Naïm, ces partenariats peuvent également envoyer un signal positif aux investisseurs internationaux, en démontrant la capacité du pays à structurer des projets dans des secteurs tels que l’énergie, les ports et les infrastructures.

L’enjeu consiste désormais à faire émerger des projets réalisables, à simplifier les procédures et à améliorer les conditions d’investissement.
Le responsable souligne également l’importance du capital humain tunisien, qu’il considère comme l’un des principaux avantages compétitifs du pays. La qualité de la main-d’œuvre, sa capacité à se former et la disponibilité de compétences qualifiées constituent, selon lui, des facteurs déterminants pour attirer des investissements à forte valeur ajoutée.

Finalement et non moins important, l’inclusion économique demeure un objectif important. Ary Naïm relève que le taux de participation des femmes au marché du travail est estimé à environ 27 %, contre 65 % pour les hommes. Réduire cet écart représente, à ses yeux, non seulement un enjeu d’équité, mais également une opportunité de croissance pour l’économie tunisienne.

Meriem Khdimallah

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Meriem KHDIMALLAH

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