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Tensions au Moyen-Orient : La Omra face au doute

  • 11 octobre 2026
  • 4 min de lecture
Tensions au Moyen-Orient : La Omra face au doute

Nous avons soulevé dans une précédente édition l’engouement des candidats pour la visite des villes saintes dans le cadre de la « Omra ». Un choix qui s’est imposé par la force des choses: le hadj revient ces derniers temps trop cher, en dépit des efforts que déploient les responsables de l’organisation de ce cinquième pilier de l’islam pour réduire les frais, sans beaucoup de succès, car l’hébergement dans les Lieux Saints coûtent cher. Il est vrai que les hôtels classés, proches des sanctuaires, se font payer. Et les Tunisiens ont toujours affectionné la proximité pour éviter les longs déplacements, d’autant plus que les personnes âgées sont assez nombreuses.

La Presse — Mais ces derniers jours, le rythme s’est considérablement ralenti et les candidats à la « Omra » deviennent plus réticents.  La cause tient dans les événements que diffusent les agences de presse de tous les pays du monde. Les événements se sont considérablement envenimés entre l’Arabie Saoudite et le Yémen.

Les images montrant les aéroports visés et les dégâts subis impressionnent. Cela a immédiatement provoqué une réticence qui a bloqué le rythme des réservations. Le territoire saoudien, pour eux,  est tout simplement devenu dangereux et même si tout cela est à prouver, les autorités tunisiennes n’ont rien signalé à  ce propos, le Tunisien est par habitude méfiant.

Il argumente ses craintes et sa méfiance par un élément qui ne manque pas d’opportunisme: l’annulation du grand festival international du film qu’organise ce pays en grande pompe en décembre 2026 et auxquelles sont invitées de grandes vedettes du cinéma mondial qui viennent fouler le tapis pourpre de ce festival « Red Sea », internationalement reconnu. C’est assez pour marquer les esprits et inciter à  la prudence.

Bien sûr, en l’absence de réaction de la part des autorités tunisiennes, qui ont dernièrement tenu une réunion avec leurs homologues saoudiens pour améliorer le confort des visiteurs tunisiens en terre sainte et en n’enregistrant aucune allusion de la part du pays d’accueil, on ne saurait préjuger de quoi que ce soit. Rien donc n’a changé et théoriquement, on peut effectuer sa « Omra » sans problème.

Mais allez l’expliquer à des personnes, à des familles,  qui ont été impressionnées par les images et les reportages effectués par les agences internationales sur le vif.

Le problème majeur à notre sens, c’est que dans ce genre de situation, les agences de voyages ne pourraient légalement assumer la responsabilité en cas de sinistre.  Les seules à pouvoir le faire, ce sont les autorités tunisiennes qui ont le devoir de protéger leurs ressortissants. Et de ce côté-là, rien n’a filtré.

Cela n’empêche que les agences affolées d’une part par la  réticence d’une clientèle qui a manifesté son intention d’y aller, mais qui a manifestement changé d’avis et d’autre part par le risque de voir avorter leur saison de la « Omra », harcèlent ces candidats au voyage qui sont de plus en plus désemparés. Cet empressement est gênant et à la limite incommodant.

La solution dans tout cela semble découler d’un minimum de logique: attendre les recommandations des autorités tunisiennes qui agiront en fonction du développement de la situation sur le terrain et des assurances de leurs homologues saoudiens qui, dans tous les  cas de figure, éviteront d’exposer la vie de leurs hôtes au danger que ce conflit a imposé.

Auteur

Kamel GHATTAS

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